LE QUATRIÈME POP HOT SHOW
17 et 18 MAI 1970 - AU CHATEAU DE TRAZEGNIES
ROCK D'ENFER AVEC WILD ANGELS ET EDGAR BROUGHTON BAND
CARRIAGE COMPANY, BURNING PLAGUE ET BIG FRISWA SONT DE LA PARTIE
Pendant que Paul et moi travaillions au booking des artistes destinés à passer au Pop Hot Show de Moustier-sur-Sambre, nous avions reçu un appel d'un certain Monsieur Tofi qui habitait au Chateau de Trazegnies. Ce quinquagénaire particulièrement dynamique s'était mis en tête d'organiser à son tour un festival. Décidément, la région de Charleroi semblait se réveiller.
Monsieur Tofi nous demanda de pouvoir présenter son festival, qui devait durer deux jours, sous le label d'un nouveau Pop Hot Show. De la sorte il pouvait compter sur l'appui de Télé-Moustique, de Piero Kenroll et de ses troupes. Précaution indispensable pour ameuter les jeunes de Bruxelles et de sa région. Nous avons accepté de jouer le jeu à la condition qu'il engage des groupes belges en plus des artistes anglais. Aussitôt dit, aussitôt fait.
L'organisateur voulait engager les YES, une valeur sûre du moment. Tout de suite, nous nous sommes adressés à l'agence du groupe qui nous a donné son accord de principe... sans nous dire que Peter Banks allait ou avait déjà quitté le groupe. Quelques jours plus tard, nous étions mis au courant de la rupture. Déception. (*)
(*) Plus tard, nous aurons plus de chance et parviendrons à faire venir YES à Huy le 5 septembre 1970, lors du cinquième et dernier Pop Hot Show.
Nous avions également vanté les mérites de JUDAS JUMP (*). Ceux-ci ont dit oui, puis ont tourné jaquette. Ce plateau tournait au cauchemar. Ce n'est jamais bon signe lorsque les groupes annoncés sont remplacés par d'autres. Ca cause un tort considérable à la promo. Les spectateurs ont l'impression qu'on se fiche de leurs têtes. Et les agences pâtissent d'une réputation qu'elles ne méritent pas. A cette époque Messieurs les Anglais avaient tout à dire. Ils pouvaient renoncer à un contrat quelques semaines avant un gala. De plus, ils exigeaient que la moitié de leur cachet leur soit versée à Londres, avant leur venue.
(*) Nous les avions fait venir le 1° mai à Gand au Sport Paleis Pateas.
Nous devions trouver une autre solution et vite. Il nous fallait deux têtes d'affiche. Pour le premier soir, le choix s'est porté sur WILD ANGELS. L'agence de YES, honteuse du mauvais coup qu'il nous avait fait, nous accorda un prix d'ami pour pouvoir les engager.

WILD ANGELS
Pour le second soir, après un coup de fil avec BLACKHILL ENTRERPRISES, nous convînmes de signer avec THE EDGAR BROUGHTON BAND. Quant aux JUDAS JUMP, ils furent remplacé par quatre jolies suédoises au nom romantique de RAINY DAY WOMAN.
Parmi les belges, on verra se produire ces deux jours-là : FOUR OF THE CLUBS, LIVE, BURNING PLAGUE, CARRIAGE COMPANY et un certain FRISWA qui, seul sur scène, nous donna un avant-goût de ce qui allait devenir le JENGHIZ KHAN.
Le nouveau plateau avait de la gueule. Mais malgré toute sa bonne volonté, alliée aux efforts de la presse, l'organisateur n'a pas pu réunir le nombre de spectateurs requis. Ceci dit l'ambiance a pourtant été du tonnerre. Les WILD ANGELS ont vraiment cassé la baraque. Et le EDGAR BROUGHTON BAND, égal à lui-même, a fait flipper les filles carolos par leur musique et leur jeu de scène très hard.

THE EDGAR BROUGHTON BAND
Compte-rendu de Piero (Coeur de rock
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" Mais, hélas, il faut déchanter avec le Pop Hot Show 4 les 17 et 18 mai à Trazegnies, près de Charleroi. Les dates sont-elle trop proches du précédent ? Est-ce parce que Yes qui devait être en tête d'affiche s'est désisté suite au départ de son guitariste Peter Banks ? Toujours est-il qu'il n'y a pas assez de monde et que l'organisateur ne rentre pas dans ses frais. Pourtant on y vit un grand moment le premier jour : la prestation des Wild Angels ! Ces Anglais qui ont choisi de perpétuer le rock des pionniers sont en avance de dix ans sur le « revival » rockabilly du début des années quatre-vingt. Ils ne jouent que les plus grands « classiques » du genre : « Summertime Blues », « Long Tall Sally », « Jailhouse Rock », « Be Bop A Lula » etc.
Chacun des cinq membres du groupe semble être le compendium de tous les clichés scéniques de sa fonction. Le chanteur monte sur le piano, le pianiste joue avec les pieds, le bassiste grimpe sur les épaules du chanteur, le batteur se met debout sur ses caisses, le guitariste se roule par terre. C'est irrésistible ! La réaction du public est en fonction : une émeute ! Des filles hurlent comme si elles étaient possédées, des gars prennent les barrières de protections d'assaut, la scène est envahie. Mal Gray , le chanteur, est porté en triomphe. Un grand moment de rock and roll".
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THE EDGAR BROUGHTON BAND
Le deuxième jour (un lundi de Pentecôte) est moins mouvementé mais permet de découvrir Vacation un groupe local qui a manifestement tout compris. Je profite d'un temps mort entre deux groupes pour pousser Friswa sur scène. Assis, comme un vieux bluesman, il y va d'un tempo irrésistible, fait taper des mains le public intrigué pour l'accompagner, se lançant dans quelques imitations amusantes avec sa guitare.
Ovation. Diaboliquement, alors qu'il quitte la scène ayant fait son petit effet, j'annonce : « Il y en a quatre comme lui dans Jenghiz Khan ! ». La rumeur est lancée : Jenghiz Khan . Ce doit être quelque chose ! Le programme s'achève avec l' Edgar Broughton Band, toujours décidé, comme avant Blind Faith à Hyde Park, à exorciser les démons du monde moderne : « Out Demons Out » ! . Trop tard !
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