1960-70 - LA DÉCENNIE QUI CHANGEA LES
MENTALITÉS
DU COLLÈGE DES FRÈRES A L'ATHÉNÉE...
DE LA PRISON A LA LIBERTÉ
(souvenirs de Jean Jième)

Bruxelles, ma belle, tu avais bien du charme au début des années 60
Le lundi 5 septembre 1960, à dix-sept ans, je pénètre pour la première fois sous le porche d'un athénée. Quel changement de décor, d'ambiance ! Quel souffle de fraîcheur et de liberté ! Il ne me faut pas plus d'une matinée pour comprendre que je vais me plaire dans ce nouveau contexte, avec mes nouveaux compagnons. Ce qui me fascine le plus c'est l'esprit d'indépendance qui règne partout, que ce soit dans la cour, les salles de classes, les corridors. Ici pas de contrôles permanents. On peut s'habiller comme on veut. Les cheveux coiffés en avant sur le front ne semblent inquiéter aucun professeur. Aux heures de pointe, préfet et proviseur regardent d'un œil goguenard les entrées et les sorties de leurs étudiants sans requérir un silence religieux.
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Dans l'enceinte de l'établissement, une rampe permet de parquer son vélo, sa moto ou son vélomoteur. Je fais partie de ces privilégiés qui se déplacent en deux roues. Et puis, le pied absolu : lorsqu'un prof fait défection, il n'est pas remplacé par un suppléant.
La classe ne se retrouve pas en salle d'études, elle est … licenciée. La première fois que la chose s'est produite, je n'en croyais ni mes yeux ni mes oreilles. J'hésitais à franchir le sas donnant accès à la rue. Je ne pouvais pas imaginer qu'une telle chance me soit offerte en pleine journée. Alors au lieu de rentrer à la maison, nous courrions dans les bistrots habituels situés sur la Place St Pierre ou sur l'avenue des Celtes.
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RADIO LUXEMBOURG ANGLAIS
Dès les premiers jours, je me suis fait copain avec Guy T. un grand blond, fils de pharmacien, qui avait le mérite de posséder un poste de radio suffisamment puissant que pour capter les ondes anglaises de Radio-Luxembourg. Après le souper, vers dix-neuf heures je me suis habitué à passer quelques heures chez lui. Et c'est là, dans sa chambre tapissée de pochettes et de posters de chanteurs, que je suis devenu accro aux dernières nouveautés anglaises et américaines.
Mon deux roues me prenait tous mes sous. Je ne pouvais pas me permettre d'acheter des disques chaque semaine. Alors grâce à Guy, je me suis mis à rattraper le temps perdu en écoutant Elvis dans des morceaux inoubliables tels que : A Fool Such As I / I Need Your Love Tonight / A Big Hunk O' Love / Stuck On You / It's Now Or Never / Are You Lonesome Tonight ? / I Gotta Know etc…
Nous écoutions avec délices tous les derniers hits encore inconnus chez nous ainsi que les gros tubes du moment qui passaient et repassaient sans cesse comme Lonely boy et It's time to cry de Paul Anka, I'm Sorry et Dynamite de Brenda Lee, Only The Lonely de Roy Orbison, Running Bear de Johnny Preston, et puis Fats Domino, Lonnie Donegan, The Everly Brothers et Cliff Richard.
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Dans ma chambre, entouré de mes 45 tours - 1961 |
FAN DE CLIFF RICHARD
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Harry Rodger Webb, alias Cliff Richard, est né le 14 octobre 1940 à in Lucknow (Indes britanniques). Obligé de quitter le continent, devenu indépendant, sa famille regagne l' Angleterre. A peine débarqué à Londres, le jeune Cliff est aussitôt plongé dans la musique et les rythmes rock. Fasciné par Bill Haley et Elvis, il veut devenir chanteur. Il démarre avec un petit orchestre composé de deux garçons et de trois filles. Chaque week-end, les Quintones animent des festivités scolaires ou des bals de province. Très vite, il lance sa propre formation, les Drifters, avec le guitariste, Ian Samwell. Mais pour ne pas être confondu avec un groupe américain homonyme, ils changent leur appellation en Shadows. |
Dès que j'ai entendu pour la première fois Living Doll chanté par Cliff, j'ai su que j'avais trouvé mon idole. Il était accompagné par les Shadows dont le son réverbéré des guitares électriques me grisait. Alors les deux ensemble ! Pour moi c'était du pur bonheur surtout avec des morceaux très rapides comme Dynamite, Move It, Apron Strings qui claquaient comme des coups de fouet. Et puis j'appréciais ses morceaux à ligne mélodique comme Travelling light, The shrine on the second floor, A voice in the wilderness , Here comes the summer. Pour moi il incarnait le jeune voyou romantique de la nouvelle décennie qui venait de démarrer. D'ailleurs dans son premier film Serious Charge, il interprétait un blouson noir accusé d'un crime qu'il n'avait pas commis. Je me suis mis à acheter tous ses E.P. et puis, un à un, ses premiers albums (Cliff sings, Me and my Shadows).
Les plus grands succès de Cliff, datant du début des années 60 et accompagnés par les Shadows furent : Move It (1958), son premier Number One, suivi quelques mois plus tard par Living Doll (1959). Puis vinrent Travellin Light (1959), Please Don't Tease (1960), The Young ones (1962), We say Yeah (1962), Summer Holiday (1963).
Premiers concerts de Cliff Richard en Belgique : 8 Mai 1964 à Liège - 2 shows au Forum - 9 mai au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles et le 10 mai après-midi à Gand et en soirée à Anvers, salle Reine Élisabeth. ( infos de Christian Nauwelaers)
Pour plus d'infos, voir le blog d'un passionné de Cliff Richard : http://cocoheinen.bloguez.com
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Plus je découvre les chansons venues d'outre Manche, plus j'ai envie d'en garder une trace. Il me faudrait un enregistreur de manière à pouvoir les réécouter à ma guise. Les fêtes de fin d'années approchent. J'écris une lettre au père Noël et, comme par magie, l'objet tant convoité m'est livré un matin à ma plus grande joie. Je vais enfin pouvoir enregistrer des disques de la radio ou recopier des vinyles sur mon Philips. Au cours des semaines qui vont suivre, je vais accumuler plus de cent vingt titres sur bandes. |
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JOHNNY HALLYDAY AU PALAIS DES SPORTS DE SCHAERBEEK – 18/10/1961
Il a dix-sept, il est blond, il porte une veste de cuir. Il chante du rock en français en grattant sa guitare. On a bien entrevu quelques photos de lui dans l'un ou l'autre magazine, mais le grand public ne le connaît pas encore. Pourtant, très vite, il va défrayer la chronique. On dit de lui que quand il se produit sur scène, il se roule par terre en poussant des cris frénétiques.
Le 30 décembre 59, il a participé à l'émission radio Paris-Cocktail. A la suite de son passage, la firme Vogue l'engage immédiatement. |
En mars 60, il sort son premier disque T'aimer follement sous le nom exotique de Johnny Hallyday. En juin, il récidive avec Souvenirs Souvenirs, qui devient très vite un tube. En septembre, il se produit à l'Alhambra en première partie de l'humoriste Raymond Devos. Les critiques sont assez cyniques, partagées entre moqueries et mépris. La presse préfère évoquer ses déhanchements, jeux de jambes et contorsions, plutôt que de présenter un jeune homme à la fois moderne et romantique qui chante l'amour, l'amitié et la décontraction. |
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Mais la jeunesse ne se montre guère dupe et résiste à cette campagne dénigrante. Et puis si, depuis le milieu des années 50, les teenagers américains se reconnaissent en James Dean, Brando et Elvis, les jeunes français se cherchent à leur tour un leader charismatique. Ce sera Johnny qui l'incarnera. Novembre 60 , Johnny sort un premier 33 tours intitulé Hello ! Johnny.
En février 61, à Paris, s'organise le premier Festival du rock, organisé par les disques Vogue. Johnny y fait un triomphe. Vers la mi-septembre, le chanteur entreprend un série de galas dans le but de rôder le spectacle qu'il donnera en vedette du 20 septembre au 9 octobre à l'Olympia. D'outre-Atlantique, arrive une nouvelle danse : le twist. Johnny en tire profit et sort chez Philips, en automne Viens danser le twist et Let's twist again.
Et voilà que, soudain, la venue de Johnny Hallyday est programmée le 18 octobre prochain à Bruxelles dans l'ancien vélodrome de Schaerbeek, rebaptisé Palais des Sports. La rumeur se transmet comme une traînée de poudre, grâce notamment aux médias belges qui, comme leurs confrères parisiens, commentent l'événement sur un ton plutôt alarmiste. Les agences de presse comme à leur habitude tentent de dramatiser.
Les fidèles lecteurs du Soir, de la Dernière Heure, de la Libre Belgique découvrent ainsi que les salles qui accueillent Johnny connaissent des déferlements de violence, que les jeunes cassent des fauteuils et s'en prennent aux flics qui tentent de les en empêcher. C'est plus qu'il n'en faut pour exciter les jeunes à courir voir le phénomène ou pour déclencher une poussée d'urticaire chez leurs parents. |
Le jour J arrive. Accompagné de la bande des copains que je me suis faite à l'athénée, je me rends tout excité dans l'immense hémicycle, pouvant contenir plusieurs milliers de spectateurs. On s'était donc tous imaginé qu'on allait assister au plus grand rassemblement de jeunes que Bruxelles ait jamais connu. Que ça allait être une fête extraordinaire !
D'ailleurs les abords du vélodrome se présentaient plutôt tel un camp retranché. Il y avait des flics partout. Ils nous regardaient bizarrement, comme si nous étions des délinquants en puissance. Sans doute, n'étaient-ils pas encore habitués à se retrouver en présence de plusieurs centaines de jeunes zazous, aux longs favoris ou aux tifs sur les oreilles.Nous, on faisait semblant de ne pas les voir mais on se sentait prêt à déclencher un gros chahut rien que pour les voir courir dans tous les sens.
Une fois à l'intérieur, on a compris que l'immense salle ne se remplirait jamais des milliers de spectateurs qu'elle accueillait généralement. Nous n'étions tout au plus que quatre ou cinq cent, soit à peine la vingtième partie du stade. Ensuite, à chaque traverse se tenaient en faction des flics, encore et encore. Une véritable provocation !
Nous n'avions même pas le choix des places. On nous parqua dans la même zone, à plusieurs dizaines de mètres du podium. On se serait cru au zoo ! Mais à quoi s'attendaient-ils ? A une émeute ?
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Le bourgmestre de Schaerbeek avait dû prendre les ragots de presse un peu trop au sérieux.
Et puis, dans un tonnerre d'applaudissement, de sifflements et de tambourinements de pieds et de chaises métalliques, il est arrivé, ce chanteur si subversif au point d'avoir mobilisé autour de lui autant de forces de l'ordre….
Dans le brouhaha où se mêlaient les premières notes des guitares électriques de ses musiciens, Johnny a tout de suite réalisé l'invraisemblance de la situation. Il nous a fait signe d'approcher. Alors, on s'est tous précipité en courant vers le devant de la scène. Je devrais dire du ring. Car Johnny ce jour-là est plus apparu comme un boxeur que comme un chanteur. Les flics ont bien essayé de nous repousser, mais ils ont vite laissé tomber. Après tout on avait tous payé soixante balles d'entrée on méritait de profiter de notre spectacle.
Pour un complexe d'une telle dimension, l'installation micros, baffles, amplification était incroyablement insuffisante. On aurait voulu saboter la carrière naissante de ce jeune chanteur, un peu naïf d'accepter de prester dans des conditions aussi médiocres, qu'on ne s'y serait pas pris autrement.
Mais on peut supposer qu'aucun des directeurs de salles de spectacles des dix-neuf communes n'avait osé prendre le risque d'organiser un concert avec ce jeune rebelle. |

Le 18 avril 1960, il passe pour la première fois à la télé sous l'oeil de sa marraine Line Renaud. |
Durant une heure, Johnny a chanté et hurlé en des gestes déchainés et provocateurs. Il s'est roulé par terre avec sa guitare accrochée à son corps. Les cris et les clameurs des spectateurs étaient si intenses qu'on n'a jamais vraiment perçu une seule de ses chansons. C'était vachement frustrant. Aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte que le public n'était pas uniquement venu pour écouter le chanteur mais aussi pour se défouler. Pour crier et hurler lui-même l'espérance en un monde plus libre et moins grisâtre : Salut les copains !
Quand on est ressorti du stade, les jeunes et les flics se sont mis à se provoquer. Il y avait de l'électricité dans l'air. Certains groupes plus audacieux se sont mis à secouer des voitures et à les faire tanguer. Lorsque j'ai vu que ça allait mal tourner, j'ai préféré quitter les lieux. Je n'étais pas venu pour me retrouver embarqué dans le panier à salade. Même si la rage y était d'en découdre. |
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En décembre 1961, sort pour les fêtes de Noël, Salut les Copains, le nouvel album de la star naissante ( le premier édité par Philips). La voix puissante du chanteur, sa dégaine de rocker rebelle et ses textes de chansons qui s'adressent exclusivement aux jeunes atteignent leur cible. Le LP se classe immédiatement dans le top des ventes.
Johnny va électriser la jeunesse avec Twistin USA, Tu peux la prendre, Il faut saisir sa chance, Let's twist again etc…
Moi, je fantasme surtout trois merveilleuses mélodies chantées avec cœur et conviction : Retiens la nuit - Paroles et musique : Charles Aznavour - Georges Garvarentz, Douce Violence- Paroles et musique : Clément Nicolas - Georges Garvarentz et Toi qui regrettes : Jil et Jan et Hallyday .
En janvier 62, le public parisien découvrira la nouvelle idole des jeunes dans un film à sketches intitulé Les Parisiennes. Il y charme l'adorable Catherine en lui chantant Retiens la nuit.
http://www.youtube.com/watch?v=xKGsU5t_Yt4 |
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LES GALERIES ST HUBERT A L'HEURE DU ROCK – LE BLUE NOTE – LES CROQUE-MORTS
Lundi midi, sortie de l'athénée. On nous a annoncé que notre titulaire de cours était souffrant. Il n'y aura donc pas cours l'après-midi. La classe est licenciée. J'en profite pour descendre dans le bas de la ville pour aller voir un film. Je choisis le Victory, un cinéma de la rue Neuve qui ne projette que des westerns. Vers quatre heures, comme il me reste deux bonnes heures à tuer avant de rentrer chez moi, je me risque du côté des Galeries St Hubert. On m'a dit que certains lundis du mois, un disquaire faisait venir un orchestre dans un club proche de sa boutique.
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Je parque mon vélo moteur en face du cinéma Agora. En pénétrant sous la célèbre coupole des Galeries de la Reine, je remarque une effervescence toute particulière. Des dizaines de jeunes se dirigent tous dans la même direction. Je les suis.
Au fur et à mesure que j'avance, j'entends des bruits de batterie et le son de guitares. Arrivé au coin du piétonnier, je distingue un attroupement devant une vitrine. Le Club s'appelle le Blue Note. A l'intérieur, une solide bande de jeunes, garçons comme filles, sont agglutinés, les uns contre les autres. Ils assistent à la prestation d'un groupe de rock and roll.
Au Blue Note (photo tirée de l'ouvrage de Piero Kenroll - Coeur de Rock - Editions Apache) |
J'essaie de me frayer un passage dans cette cohue. On me pousse dans le dos, je progresse lentement mais j'avance. Je découvre alors quatre jeunes gens habillés de noir de la tête aux pieds, serrés les uns contre les autres sur un podium minuscule. A leur cou, ils arborent un pendentif : un squelette. Ils accompagnent un chanteur échevelé, en sueur et qui se trémousse en criant de sa voix éraillée Jenny dans le miroir, whouééé, jenny dans le miroir .
Ce jour là, je réalise que je suis en face d'un des tous premiers orchestres de rock belge, hormis les Cousins, déjà connus avec Kili Watch. Ils s'appellent Les Croque-morts. Le chanteur s'appelle Jacky Timmermans. Autour de lui, Gégé Heymbeeck, Ralph Benatar, Harry Cooper et Garcia Moralès, le fils du chef d'orchestre Janot Moralès, un batteur avec lequel il faudra compter. (photo Les Croque-morts)
L'ambiance est électrique comme le son particulier de ces guitares que je découvre pour la première fois d'aussi près. La voix rauque du chanteur est filtrée à travers une chambre de réverbération qui lui envoie de l'écho. Les cordes électrifiées des Fender claquent comme des coups de fouet. Parfois, elles gémissent…. grâce à une technique de distorsion du son obtenue via une pédale wahwah. Par moment, j'ai l'impression de me retrouver en face des Shadows. Dans cette salle de quelques mètres carrés, pas d'exaction, pas de bagarre, pas besoin de flics. Le public regarde, écoute, s'imprègne d'un parfum de jeunesse et de liberté. C'est la surprise mêlée à l'émotion. Un vent frais souffle. Les jeunes sont désormais entre eux. Ils se partagent des passions communes. Ils apprécient un style musical dont leurs parents sont étrangers. |

Les Croque-Morts -1962 |
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On est en train de vivre en direct un vrai changement de société. Les cheveux des garçons commencent à pousser plus que permis. Les jupes en vichy des filles ne cachent plus leurs jambes et bientôt plus leurs genoux.
En m'extirpant de la cohue pour regagner mes pénates, je me suis senti un peu triste. Je revenais à la réalité, à ma petite vie d'adolescent anonyme. J'avais vécu un moment intense, exceptionnel que je comptais bien prolonger. J'ai senti l'urgence de participer de plus près à l'effervescence de ce monde nouveau en train de naître.
Cette rencontre inattendue avec Les Croque-morts va être déterminante et suscitera en moi l'envie de partager leur univers ? Pourtant, je ne suis pas musicien et je ne joue d'aucun instrument. Deux ans plus tard en 1963, je serai sur scène en tant que chanteur des Enfants Terribles. Mais ça je ne le sais pas encore. |

Au cours de ces soirées du lundi, le patron du Blue Note fera venir Jacky Delmone et les I Cogoni ( futurs Sunlights), issus de la région de Mouscron ainsi que nos nationaux Richard Wéry et les Croque-Notes. Il y aura aussi les Spiders, Kirk Vikings et ses Vikings et Clark Richard et ses Tropicals Stars.
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DICK RIVERS ET LES CHATS SAUVAGES DÉBARQUENT A L'ANCIENNE BELGIQUE - 11 NOVEMBRE 1961
LE MAGAZINE JUKE BOX
C'est à cette époque que je découvre le magazine Juke-Box qui, outre ses photos et articles, diffuse le texte intégral des chansons anglaises et françaises en vogue. C'est ainsi que je me suis mis à étudier la langue de Shakespeare et par la même occasion à étonner mon prof d'anglais par mes progrès rapides.
Je n'étais pas uniquement emballé par le rock anglais. J'appréciais également les paroles de certaines chansons françaises même si elles parfois naïves, un peu idiotes ou (mal) traduites de l'anglais. Comment, en effet, à dix-sept, dix-huit ans, ne pas se reconnaître dans les Johnny Hallyday, Richard Anthony, Dick Rivers, Eddy Mitchell qui nous délivraient enfin des crooners de l'époque qui plaisaient tant à nos parents ?
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Quelques titres mémorables : Twist à St Tropez (Chats Sauvages) – Eddie, sois bon (Les chaussettes noires) – J'entends siffler le train ( R.Anthony) – Sans oublier : Tous les garçons et les filles (F.Hardy) et Tous mes copains (Sylvie Vartan).
Bref, en novembre, j'apprends par les journaux que Dick Rivers et ses Chats Sauvages viennent se produire à l'Ancienne Belgique. Ils viennent de sortir un album chez Pathé-Marconi avec neuf titres : la plupart des traductions en français de chansons anglaises : Oh ! Baby Tu Me Rends Fou - Amour Et Rock - C'est Pas Sérieux - Sans Raison - Viens danser Le Twist - Yeh ! Yeh ! Yeh ! - Twist à Saint-Tropez - Oh ! Boy - Les Genoux qui craquent et même un grand classique de Ray Charles : What'd I say traduit en Est-ce que tu le sais ?
Mais peu importe l'« odieux » plagiat. En 1961, je n'y songe même pas. Je suis sous le charme de ce chanteur à la voix chaude et méridionale, né sur la côte Niçoise. |
Dick est jeune tout comme ses copains musiciens, les Chats Sauvages et ils ont l'air passionné par ce qu'ils font. Je les admire également, pour leur audace, leur culot d'essayer ainsi de révolutionner la vie pépère et sans relief de nos parents. Pour moi, ce sont des pionniers, des exemples à suivre. Ils incarnent le modernisme et ouvrent une brèche à la jeunesse toute entière. C'est du moins comme ça que je ressens les choses.
Mon âme d'adolescent préfère Dick à Johnny, un peu trop loubard pour moi. Je me sens plus proche du style copain-copain des Chats qui me font un peu penser aux Shadows, que j'admire mais que je n'ai pas encore eu l'occasion d'applaudir.
Le 11 novembre, vers dix-neuf heures trente, je fais la file devant l'Ancienne Belgique. Les jeunes déferlent de partout. Au bout de quelques minutes, j'arrive au guichet et règle mon droit d'entrée. Depuis des années, ce grand music-hall bruxellois a l'habitude de faire venir toutes les grandes vedettes de la chanson française : Bécaud, Distel, Brel et tant d'autres. Cette fois l'ambiance feutrée de rigueur traditionnelle est totalement absente. On crie, on s'interpelle, on siffle. Les préposées à l'accueil ne sont guère habituées à recevoir un tel public.
Elles paraissent pour le moins décontenancées. J'aperçois des flics, en casque blanc (voir Quick et Flupke) postés à quelques coins stratégiques de la salle. |
D'emblée, je ressens une joyeuse atmosphère de fête. Je me sens grisé par ce grand rassemblement de jeunes qui affluent et remplissent la salle en moins d'un quart d'heure.
En première partie des Chats, les deux Henrietty (trapézistes), Josselyne (sic) Andre, «chanteuse de rythme et de charme» (resic), Siki & Son «fantaisie musicale» (des clowns), Jeff Lawrence et enfin la Bertini troupe, acrobaties sur cycles et à la bascule. Autres temps, autres moeurs de music-hall !
Je les félicite pour leur courage. Une heure de remplissage pour faire patienter le public surchauffé. Enfin martèlements de pieds, hurlements et tonnerre d'applaudissement finirent enfin par amener Dick Rivers et ses Chats sur la scène du music-hall. Dick et ses musiciens très élégants dans leurs costumes bleu électrique galvanisent le public qui se met à twister au grand dam de la direction… et des flics qui veulent que les jeunes restent assis, vissés sur leur siège.
Je me rappelle de quelques cocasses courses poursuites entre fans et policiers. L'un d'entre eux parviendra même à monter sur la scène, pourchassé par l'agent Lambique qui se verra délesté de son casque parti s'envoler dans les balcons. Un moment désopilant qui reste gravé dans ma mémoire. Heureusement, ces quelques échauffourées sans gravité ne viendront pas ternir la magie de cette soirée marquée par le bonheur et l'insouciance de nos dix-huit ans.
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VINCE TAYLOR ATTENDU LE 28 NOVEMBRE AU CIRQUE ROYAL
 http://www.youtube.com/watch?v=FhCaodhWyzk
Novembre 1961. Un mois après le passage de Johnny au Palais des Sports de Schaerbeek, un autre phénomène du rock est annoncé à Bruxelles : Vince Taylor. Il est anglais, il chante du vrai rock original. Son jeu de scène est décrit comme mille fois plus provocateur que celui du jeune Hallyday. Une fois de plus, la presse commente l'événement en jetant de l'huile sur le feu, déchaînant le trouble dans les chaumières. Mais qui est ce type, drapé de cuir de la tête aux pieds, une chaîne de moto autour du cou et qui fiche le bordel partout où il passe.
Vince Taylor dont les premières photos apparaissent dans les magazines et les journaux apparaît déhanché, les bras à moitié levés vers le ciel, les jambes arquées. Une posture révélatrice, vulgaire, inquiétante !
La carrière de Vince Taylor, alias Maurice Brian Holden, né le 14 juillet 1939 fort bien racontée sur le site http://boomer-cafe.net/version2/index.php/Arts-du-spectacle-des-annees-50/Les-oublies-du-rock francais.html nous apprend qu'il débute sa carrière de rocker à Londres avec les Playboys. Il enregistre deux simples, dont Brand New Cadillac qui devient un hit. En juillet 1961, Vince Taylor et les Playboys débarquent à l'Olympia pour deux shows devant à peine deux cent spectateurs, parmi d'autres rockers anglais.
Eddie Barclay qui ratera bientôt le coche avec Johnny Hallyday, parti chez Philips, cherche son équivalent. Ce sera Vince Taylor. La maison Barclay va alors corser sa bio et tenter de créer une
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légende en le présentant comme une star du rock en Amérique et en Angleterre, qui va ridiculiser les amateurs français (comprendre Johny Hallyday).
Ce qui est vrai c'est qu'il dispose d'un groupe au professionnalisme sans faille, chose rare à l'époque sur la scène rock, et d'un extraordinaire talent de showman qui explose littéralement sur scène. Sa voix chaude et sensuelle, ne force jamais. Vince Taylor enregistre de nombreux disques dont Sweet Little Sixteen, Long Tall Sally, Shaking All Over.
Eddie Barclay a tout intérêt à ce que l'on parle de son nouveau poulain. Le 18 novembre 1961, lors de son passage au Palais des Sports à Paris, la presse rapporte que la prestation de Vince Taylor a provoqué des émeutes.
En fait on n'est pas loin de la mise en scène montée de toute pièce. Dans la réalité, le manager de Vince l'a fait poser devant des rangées de chaises cassées pendant la prestation des Chats Sauvages. Vince endosse ainsi à tort la responsabilité d'avoir été la cause de déprédations de la part de son public. C'est ainsi que se créent les légendes.
En Belgique, la presse écrite comme la radio relaye l'information selon laquelle les jeunes qui assistent à ses concerts cherchent la bagarre, font preuve de violence, n'hésitent pas à casser des fauteuils ou à en découdre avec les forces de l'ordre. Bref une nouvelle fois les édiles communaux sont face à un problème qu'ils ont du mal à maîtriser. Comment protéger la belle jeunesse de Belgique de ce "monstre de vulgarité" ?
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Tous ceux qui ont approché Vince le répètent : c'était un type doux, adorable, souvent ombrageux, toujours très respectueux de son public. Un grand professionnel. Les tournées européennes qui vont suivre alimentent sa réputation de mauvais garçon au point d'effrayer certaines municipalités qui refusent qu'il se produise dans leurs salles ainsi que les parents. Sur les ondes, Salut les copains feint de l'ignorer de crainte de faire fuir les annonceurs.
Barclay ne le soutiendra pas plus d'un an, et l'abandonnera à son sort pour cause de ventes insuffisantes.
A Bruxelles, le concert doit avoir lieu au Cirque Royal. Une date est avancée : le 28 novembre. Eddy Mitchell et les Chaussettes Noires assureront la première partie. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Sous la pression de ligues vertueuses ou d'un bourgmestre échaudé par les risques de dérive, le social-chrétien Léon Servais, en charge du Ministère de l'emploi et du travail finit par plier et bloque la venue du chanteur en invoquant une sombre affaire de permis de travail défaillant. Sous le gouvernement rigide de Théo Lefevre, on ne plaisante pas ! |
SERVAIS AU POTEAU !
Dans son ouvrage Cœur de Rock (Editions Apach), Piero Kenroll, raconte les péripéties qui ont accompagné la nouvelle de l'interdiction de laisser Vince Taylor se produire au Cirque Royal.
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Piero Kenroll : Horreur et putréfaction ! Pas de Vince Taylor ! Il s'est vu refuser son permis de travail ! Il paraît que tout ce qu'il pourra faire, c'est se produire pour une soirée privée au bar Martini au sommet du building Rogier. C'est vraiment dégoûtant ! S'ils croient que les teenagers vont se laisser faire... Alex, Donald et moi, nous sommes bien décidés : on ira chahuter devant les portes du Cirque Royal. Nous ne serons certainement pas les seuls à avoir cette idée.
En effet, le 28 au soir, nous sommes bien trois bonnes centaines à encombrer la rue. Un des organisateurs vient expliquer que c'est révoltant, que tout était réglé, mais que le permis de travail a été refusé par le ministre Servais vu que ce n'est pas un spectacle éducatif ou culturel. Des cris commencent à fuser : — Servais au poteau — Nous voulons Vince!
Il y a quelques flics, un peu en retrait, qui regardent la scène d'un air méprisant. Un photographe suggère que, pour montrer notre mécontentement, nous secouions un peu les grilles qui protègent l'entrée du Cirque. Quelques-uns s'enhardissent et commencent à y grimper. Mais un flic leur ordonne de descendre et ils s'exécutent rapidement. Pas bien méchants. Sans organisation, notre manifestation piétine au propre comme au figuré. Enfin, arrivent quelques gars qui crient un peu plus fort que les autres.
—Vous savez ce qu'on va faire? On va aller devant le Ministère du Travail. C'est une idée ! Seulement, on dirait que personne ne sait très bien où se situe ce foutu Ministère. Comme alternative, de plus en plus excités, les meneurs proposent une descente sauvage sur la ville. Alors, c'est le déchaînement. On dévale la rue des Colonies et on arrive à la Gare Centrale.
Là, quelques-uns s'en prennent aux barrières plantées le long des trottoirs et les arrachent, d'autres s'emparent de bacs à fleurs décorant un coin de rue et les jettent au milieu de la chaussée. La circulation est interrompue par tous ceux qui traversent la rue. Une malheureuse 2CV a la mauvaise idée de klaxonner. Elle se fait secouer comme un prunier par une dizaine de gars résolus. La course reprend rue Marché aux Herbes, deux types empoignent une poubelle pleine et la jettent sans raison apparente sur le capot d'une innocente Porsche en stationnement le long du trottoir. Ça commence à aller un peu trop loin. Donald, Alex et moi optons pour une prudente marche arrière, laissant les casseurs se diriger vers les boulevards. Nous nous regardons, embarrassés. — Ce n'est pas comme ça qu'on obtiendra plus de rock en Belgique, hein? Plus tard, nous apprendrons que la police est finalement intervenue et a embarqué une dizaine de «manifestants». |
VINCE TAYLOR VIENT CHANTER À L'ELDORADO – 26 JANVIER 1962
Je suis un assidu des salles obscures, surtout de l'Eldorado, place de Brouckère, qui est pour moi le plus beau cinéma de Bruxelles. Mais cette fois, je ne vais pas assister à la projection d'un film, je vais voir la prestation du rocker britannique Vince Taylor dont on raconte qu'il est un phénomène de scène. Je dois avouer que j'y vais plus par curiosité que par passion. Même si je m'attends secrètement à ressentir plein de fourmillements d'excitation dans le creux du ventre. Je me demande s'il y aura de la bagarre ?
Le spectacle a été programmé à une heure tardive, aux alentours de minuit. En effet, la direction du cinéma Eldorado n'a accepté de louer sa salle qu'à la condition de ne pas modifier l'horaire de ses séances habituelles. L'accès au public ne se fera donc qu'au terme de la dernière séance. Heureusement, on est vendredi. Demain, je pourrai roupiller à mon aise.
Dès mon arrivée sur la place de Brouckère, l'esplanade du grand complexe est déjà noire de monde. Tous les publics sont représentés. Je vois plein de types en blousons de cuir, agglutinés entre eux, une casquette sur la tête, les cheveux gras dans la nuque. Avec mes cheveux coiffés sur le front et mon pull bleu en mohair, je préfère me fondre dans la foule des autres anonymes. Age moyen : entre vingt et trente ans. L'ambiance est à la bonne franquette.
Ça criaille, ca s'agite mais dans un certain calme. Malgré une certaine impatience qu'on sent monter lentement.
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Mes regards se tournent vers l'immense statue en carton du rocker qui, les bras levés, nous domine de ses six mètres de haut. C'est très impressionnant.
Lorsque les spectateurs de la dernière séance commencent enfin à sortir, la tension monte d'un cran. On entend des ha, des applaudissements, des sifflets. La longue queue paraît interminable. Ceux qui sortent nous regardent avec un petit sourire narquois, certains avec une petite pointe d'effroi. Visiblement, on n'est pas de la même génération.
C'est à notre tour de pénétrer dans le temple mythique du septième art. Quelle différence d'ambiance des séances cinématographiques ! Pour moi, j'ai déjà l'impression de vivre un moment inoubliable, exceptionnel. D'ailleurs l'Eldorado ne renouvellera pas l'expérience. Plus habile qu'à l'Ancienne Belgique ou au Palais des Sports de Schaerbeek la direction a fait appel aux forces de l'ordre mais de manière résolument discrète. Par contre elle a engagé plusieurs équipes de fiers à bras qui, rien qu'à leur allure, décourageraient les plus braves à défendre trop bruyamment cause du rock.
En avant programme, il y avait l'ensemble de Roland Thyssen, le jongleur Yi yen Ti, la chanteuse américaine Donna Hightower, les Morgan’s, l’amuseur Stephane Steeman, les Kili Jacks. Puis Vince, le terrible est arrivé. Enfin !
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C'MON EVERYBODY
Témoignage de Piero Kenroll

http://www.youtube.com/watch?v=hPxmPdDQtQA&feature=related
Vince Taylor en plein délire ( endroit non connu) Mais enfin, voici Vince ! Vince Taylor, le seul, le vrai, l'unique. Tout habillé de cuir noir, une énorme chaîne avec un gros médaillon autour du cou. Il a les cheveux longs et brillantinés, soigneusement peignés en arrière. Il a l'air méchant, il a l'air ennuyé, il a l'air ironique, il a l'air d'un dieu. Il chante avec une certaine nonchalance, la même dont sont empreints ses mouvements d'une sauvagerie contrôlée. Il brandit son pied de micro comme une arme, comme une lance.
Lorsqu'il s'arrête de chanter, il saute tel un tigre en direction de son guitariste et tous deux s'écroulent au sol pendant que le rythme devient de plus en plus hypnotique. Vince se relève, avance en titubant un peu vers l'avant de la scène. Il chante C'mon Everybody. Les bras levés, il semble nous faire signe de venir à lui, d'entrer avec lui dans la musique. Les spectateurs tapent dans les mains, mais dans les premiers rangs, aux places les plus chères, on reste relativement calme alors que cela se déchaîne aux balcons. J'en ai marre d'être passif.
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La musique me fait de l'effet, j'ai envie de hurler, de sauter sur mon fauteuil. Mais autour de moi, la majorité des spectateurs sont des vieux qui sont manifestement là par curiosité et sur invitation.
Je me lève tout de même, seul et en criant : -Debout, bande de croulants ! Un des judokas se précipite sur moi, m'allonge un coup en pleine poitrine et pendant deux minutes, je reste le souffle coupé au fond de mon fauteuil. Le spectacle se terminera sans autre incident.
Au final, tout le monde est content : la direction de l'Eldorado parce que tout s'est déroulé sans incident, Vince pour son excellente prestation et l'excellent accueil de son public, ce public bruxellois qui a conscience d'avoir assisté à un moment exceptionnel, qui d'ailleurs ne se reproduira plus jamais. Vince Taylor sort d'autant plus gagnant de l'affaire qu'il a pu prouver à son auditoire qu'il n'avait rien à voir avec la réputation de blouson noir vulgaire qu'on a tenté de lui coller. Au contraire, il est apparu comme un grand professionnel de la scène, respectueux de son public et tout entier à son art.
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Vince Taylor aux côtés de l'actrice Mylène Demongeot
La Nuit Electrique - Cirque Royal - 18 décembre 1961. |
LA NUIT ÉLECTRIQUE - 18 DÉCEMBRE 1961
Il prouvera qu'il est un artiste aussi fréquentable que les autres, lors de la Nuit des Etoiles, un grand show organisé par Jo Van Cottom, le patron de Ciné-Revue.
Lors de cette soirée, il rencontrera la divine Brigitte Bardot dont on sait bien qu'elle ne s'est jamais laissée photographier aux côtés de gens qu'elle n'appréciait pas. Mylène Demongeot etc...
http://www.mascoo.com/1540097-PHOTO-BRIGITTE-BARDOT-VINCE-TAYLOR-1015CM.html?jpeWlo6kWqR0l3iSjm5aXndub5eNcXxaen5vW3hua6F5fo1n

Vince Taylor avec Eddie Barclay, lors de la Nuit Electrique, organisée
par Ciné Revue au Cirque Royal - 18 décembre 1961. |
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VINCE TAYLOR DIARY
Dans ses cahiers intitulés Vince Taylor Diary, le regretté Tony Harvey, un être aussi adorable que grand musicien, a noté toutes les dates de la tournée belge de Vince pour l'année 1962. Il y apporte également quelques annotations tout à fait personnelles.
Le journaliste Christian Nauwelaers, qui est en possession de ce cahier de grande valeur historique viendra en parler dans le cadre de l'émission présentée par le duo Delacroix-Bauduin. La «couverture» du carnet de bord de Tony Harvey qui l'a rédigée en fonction de sa collaboration avec Vince Taylor en 1962. |
Témoignages recueillis à propos de ce chapitre (19/2/2009)
Superbe ajoute à Mémoire60-70 !!!!!!! Que de souvenirs remontent. Nous nous sommes sûrement croisés souvent. Au Blue Note, j'y ai...... chanté ! Oui, avec les Croque-Notes et Ariane, que je suivais en fan. En première partie de Jimmy Smith, lors du passage de jeunes orchestres, Ariane me dit " Ben, chante Yaya Twist et Peppermint twist si tu veux, ( comme dans le camion qui nous emmenait pour la "Brigade M" avec Jean Claude) et.. je me suis fait siffler (et sortir) car j'ai perdu mes moyens en voyant les "Cousins" au premier rang !!!!! On en a ri aprés quand nous sommes devenus Les 10/20 ! J'ai vu aussi les Chats Sauvages à l'Ancienne Belgique en 61, seule fois ou j'y avais été avant d'y jouer en 1964 ! Quant à "Radio Luxemburg the station of the stars " je me suis parfois endormi avec le transistor sous l'oreiller .... When, when you smile, when you smile at me... Everly brothers, non?. Et Garcia Morales dont je coiffais la grand-mère maternelle à Waterloo, et que j'ai surtout connu avec les"Babs et Babettes" !! Et J.M. Perier pour Salut les Copains qui nous avait photographiés devant le volet fermé de Buyst Music !!!! Allez j'arrête pour aujourd'hui !!!!! Merci 1000 fois et amitiés. ( André Verborgh).
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Vince Taylor à l'Eldorado, j'y étais... pour essayer de présenter le show. Stéphane Steeman passait en première partie, une invraisemblable pagaille !
Le lendemain, à Louvain, ce fut pire encore, car le moindre mot de français prononcé en français déclenchait la furie des étudiants flamands, et vice-versa. (Jean Martin)
A DECOUVRIR
Dans Juke Box Magazine : Couverture, articles, photos rares et souvenirs inédits, recueillis par Christian Nauwelaerts sur Gene Vincent.
Gene Vincent à l'Étoile, avec les Champions. ( entre le 25 et le 31/10/1962) - |
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