LES NIGHTBIRDS (1962-1963)

Paul Coerten (basse) - Jimmy Morgan (chanteur) - Bernard Coerten (guitare solo) - Jacques Coerten (batteur) - Dany De Vuyst (guitare rythmique) |
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Lorsque les Spiders se sont séparés, j'ai cherché à rejoindre un autre orchestre. Un jour, j'entends que les Nightbirds se cherchent un chanteur. Les Nightbirds étaient constitué des trois frères Coerten. J'arrive au rendez-vous que Jacques, le batteur, m'avait fixé et là je tombe nez à nez avec... Kris Dogan. Il me demande ce que je viens faire ?
Je lui répond un peu embêté que je viens passer une audition. Il me lance à juste titre : Tu ne vas tout de même pas me dire que tu viens me remplacer encore une fois ? Et pourtant c'est bien ce qui s'est produit. A l'époque, n'importe quel chanteur ou musicien pouvait se faire virer du jour au lendemain. Cette fois-là, c'est Jacques Coerten qui s'est chargé de la pénible mission. Demain ce pouvait être mon tour. |
Juin 1963. Les Nightbirds décident de mettre fin à leur collaboration. A l'époque, la majorité des orchestres de bal ne tenait jamais plus d'un an ou deux. Les causes étaient toujours les mêmes : service militaire, arrivée d'un heureux événement, mariage ou besoin de nouer les deux bouts dans un travail stable.
LES SYMPAS DE CIRCONSTANCE
Or les Nightbirds s'étaient plus ou moins engagés auprès d'un certain Johnny Paterson (impresario) à participer à un grand spectacle baptisé Grand Show Telstar qui devait se tenir sous chapiteau Place Rogier à Bruxelles. Avec en vedettes Ariane et ses copains, Robert Cogoi, Nicole Josy et l'orchestre rock du moment : les Nightbirds.
Paterson avait annoncé l'événement à grands renfort de folders distribués un peu partout. Mais voilà que les frères Coerten décident de ne pas y participer. Face à cette nouvelle, Paterson est désespéré. Il insiste, en vain ! Alors il a une idée, pourquoi ne pas fabriquer un groupe qui ne jouerait qu'une seule fois et qui remplacerait ainsi les Nightbirds défaillants. Comme je n'avais rien à perdre, j'ai accepté d'entrer dans le jeu. Avec un batteur prénommé Bob, Dany De Vuist, seul rescapé des anciens Nightbirds et Christ Lee, guitariste solo, et moi. On a ainsi créé l'orchestre Les Sympas.
Si je relate cette anecdote c'est pour témoigner des méthodes peu orthodoxes en pratique à cette époque incroyable où les groupes poussaient comme des champignons, où les musiciens sortaient d'un orchestre pour entrer dans un autre. Ou les impresarii étaient souvent de fieffés amateurs de première. Et où les contrats comptaient souvent pour du beurre. Je ne me demande même si nous avons reçu un cachet ce jour là !

A gauche de Dick Rivers, Jimmy Morgan. A droite de la photo Johnny Paterson.
LES OMBRES (1963-1966)

Les Ombres rencontrent Adamo
Ceci dit, c'est sous ce chapiteau d'été, que j'ai fait la connaissance de Francis De la Blancherie, le père de Dany qui jouait comme guitariste soliste dans les Ombres. L'orchestre comprenait quatre musiciens et jouait essentiellement le répertoire des Shadows.
A un moment donné, ils ont eu envie de changer de style, de chanter à plusieurs voix et de sortir de l'image du groupe instrumental. Il leur fallait un chanteur. De la Blancherie a trouvé que j'avais une voix qui convenait et il m'a demandé d'entrer dans les Ombres. On a retravaillé le répertoire et des Shadows on a bifurqué vers Gene Vincent, Jerry Lee Lewis, Cliff Richard. Durant l'été 63, on s'est retrouvé sur la côte belge, à la Panne, dans un bistrot qui s'appelait Aux copains. La même année, Jième et les Enfants Terribles se produisaient au Clan. On a sympathisé et créé des liens.
Francis était un excellent manager. Il se démenait comme un beau diable pour nous dénicher des contrats. Il sillonnait toute la Belgique et même le Nord de la France jusqu'à Paris. Je garde des souvenirs inoubliables de tournées avec Gene Vincent, les Fantômes, Burt Blanca et les King Creoles, les Chats Sauvages avec Mike Shannon, Bob Asklof. On a joué à l'Alhambra Maurice Chevalier à Paris. On a fait le Casino des sables d'or en Bretagne, puis la Suisse.
Lorsque Johnny Hallyday est parti faire son service militaire, j'ai écrit les paroles et la musique d'un morceau qui s'appelait Bye, bye Johnny et qui est sorti en 45 tours. Avec en face B, La Voilà. Plus tard lorsque j'ai rencontré Jean-Claude Camus, le second impresario de Johnny, je lui ai donné un exemplaire en lui demandant de le faire écouter à Johnny. On peut toujours rêver !
Puis on a sorti un second 45 tours avec A little loving qui est devenu le générique de l'émission Les deux cent trente minutes de Jean-Claude Menessier, le dimanche après-midi. En face B, une reprise de Cliff Richard, On the beach.
Une de mes toutes dernières représentations avec les Ombres date de la fin de 63 à la Salle de la Madeleine. Mon style ne collait plus. Avec l'arrivée des Beatles, Kinks, Stones et Cie on a littéralement changé d'époque. Je suis parti chez les Anonymes.
LES ANONYMES
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Ensemble, on a gagné le Festival de la Guitare d'Or à Ciney en 1963. C'était une formidable bande de copains et d'excellents musiciens.

Les membres du jury à Ciney - 1963
Sur la photo à partir de la gauche : le présentateur Michel Lemaire. A ses côtés Roland Davell, pianiste et guitariste soliste qui a tenu le Mag Demo, rue des pierres. Raoul Morlet, batteur. Jempy, guitare rythmique. Au centre Pipol, bassiste. Et Jimmy Morgan. |
JIMMY MORGAN : TOUJOURS CHANTEUR EN 2009
Plus que jamais Jimmy reste dans le feu de l'action. Il se produit encore régulièrement sur scène, notamment lors d'anniversaires, de mariages, de concerts. A soixante-quatre ans, il garde le virus de la scène et du rock.
Toujours flanqué de ses anciens copains musiciens, ceux qu'il appelle "les vieux de la vieille", tombés comme lui dans la "marmite des golden sixties", Jimmy a transmis sa passion à ses deux fils : Serge, à la batterie et Michel au chant.

Jimmy Morgan, toujours aussi fringuant en 2009
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Il garde un répertoire classique constitué de standards de Jerry Lee Lewis, Little Richard, Elvis, Cliff, Fats, Johnny, Dick, Eddy etc... Amoureux de la bonne chanson française, il affirme sa sensibilité au travers les plus belles chansons de Brel, Aznavour, Bécaud, Adamo. Et selon l'avis de Mich Brel, avec beaucoup de fougue et de talent.
Projets : fin 2009, un méga concert dédié aux "sixties" accompagnés par une dizaine de musiciens, choristes, danseuses au Centre Culturel de Cité Culture à Laeken.
Il espère également réunir un maximum de musiciens des anciens orchestres bruxellois des années 60 pour un grand concert de retrouvailles et de souvenirs sur un free podium. Qu'on se le dise ! Pour contacter Jimmy Morgan : jacques-jacqueline@hotmail.com ou 0477/ 422.832 |