CHRONIQUE 1960-1965

CHRONIQUE 1966-1972

 
 
 

WOLU-CITY - 3° ÉDITION

19-20-21 MAI 1967

 

Wolu 1967
Wolu City 1967

Jean Jième : En ce mois de mai 1967, pour la troisième saison consécutive, le conseil communal de Woluwé-St-Lambert passe à l'heure western. Du vendredi au dimanche, des stands, des guinguettes et tout un personnel déguisé en peaux-rouges et en squaws se dévouent, sous chapiteau, dans une atmosphère bon enfant aux senteurs de frites et de merguez. Le soir, des attractions musicales sont prévues. L'an dernier, ils ont invité Eddy Mitchell et Antoine mais aussi les Yardbirds. Je n'y étais pas. Hélas, j'aurais bien aimé les entendre interpréter  For your love  en life.

 

 

 

Wolu City 1967

Village Western - Wolu-City 1967

 

LINDA KIRBY - MORRIS - TIBET - HUGUES AUFRAY

 

Wolu City 1967
Wolu City 1967
Wolu City 1967

Cette année, le plateau tient à satisfaire tous les genres de public. Les dessinateurs Morris et Tibet exposent leurs planches de dessins. Une jolie jeune demoiselle au nom éphémère de Linda Kirby, déguisée en squaw, pousse la chansonnette

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Le vendredi place au Kenny Clark Sextet et au Golden Gate Quartet, suivis en soirée par la prestation d'une jeune fille en pleine ascension : Françoise Hardy.

 

Samedi, pop et rock avec le Klan et les Who. Dimanche, Carol Friday et le folk singer Hugues Aufray.

 

Wolu City 1967

A gauche : Les fans du Club des Aigles - A droite : Piero (futur Kenroll), Jacqueline et Zorbec.

 

 

 

 

THE SHAKES

 

The Shakes - Wolu-City 1967

 

THE WHO : UN EVENEMENT

 

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

 

Samedi soir , une énorme surprise nous attend. Les organisateurs ont fait fort, très fort. Ils ont signé un contrat d'engagement avec le quatuor des Who. La réputation sulfureuse des quatre gaillards, grands briseurs de guitares devant l'éternel, semble ne pas avoir pesé dans la décision du comité des fêtes. La venue des Who est un événement. Pour rien au monde, un vrai amateur de rock ne raterait pareil rendez-vous.

 

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

Pete Townshend

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

Roger Daltrey et John Entwistle

 

La nuit tombe sur la plaine de Wolu-City. Le chapiteau est plein à craquer. Il fait chaud et moite. Dans une semi pénombre, les road managers du group s'activent fébrilement à tester les micros. One, two, one two. Et puis, ils arrivent ? Rapides, ils se jettent sur leurs guitares. Les premiers accords claquent.

 

Compte-rendu de Piero Kenroll  (Coeur de Rock- Editions APACH)

 

 Les Who ont la réputation d'être le groupe le plus violent au monde et pas une seconde nous ne pourrons en douter. Roger Daltrey : le chanteur mod. Tout de blanc vêtu dans un costume cintré orné d'un élégant jabot. Il se sert du micro comme d'un lasso. Il le fait tournoyer autour de lui au risque d'assommer quiconque l'approche. Keith Moon : la tornade humaine. Nul ouragan ne joue de la batterie comme lui. Il doit sans cesse être réapprovisionné en baguettes, car c'est a peine s'il frappe quelques coups avant de les lancer dans toutes les directions. On dirait une perpétuelle explosion et si l'on est près de la scène, il vaut mieux se garer pour ne pas en recevoir les débris dans la figure. Pete Townshend : le génie. L'homme qui a su résumer tout ce que le rock contemporain véhicule de frustrations en 3 minutes 47 dans « My Generation». Mais, en plus, Townshend est le showman le plus phénoménal qui ait jamais touché une guitare. Guitare qui ne survit pas à son déchaînement en scène, d'ailleurs. Car Townshend casse tout. Au propre comme au figuré !

 

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

Keith Moon à la batterie

 

Aujourd'hui, après un véritable ballet de sauts, de pirouettes, de déhanchements, de grands moulinets du bras droit avant que sa main ne percute les cordes, de contorsions insensées qui relèguent les plus déchaînés au rang de porte-manteaux,... aujourd'hui donc, pour les derniers accords de «My Generation» justement, il a décidé que sa guitare pourrait être un violon. Il la cale aussi sec entre sa joue et son épaule. Il lui faut un archet ? Il s'empare du micro avec le pied, les fils et tout le bazar. Fracasse tout ça contre le manche. Et scrouantch ! Ça produit des étincelles et des sons incroyables. On dirait un duel d'artillerie ! La plupart des spectateurs sont tétanisés. Immobiles, les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Trop abasourdis pour réagir.

 

The Who sous le chapiteau de Wolu-City - samedi 20 mai 1967

Pete Townshend casse tout

 

 Mais ce n'est pas fini ! Son «violon» terminé, Townshend jette vigoureusement sa guitare en l'air. Il est peut-être habitué à cet exercice, mais en d'autres lieux il n'y a pas une toile de chapiteau si près de sa tète. Elle stoppe l'ascension de l'instrument, qui retombe plus tôt que prévu. Vlan ! Sur le crâne du génie ! Titubant, il rejoint les coulisses, sonné. Comme sourd, muet et aveugle . C'est fini. On se retrouve un peu comme des pigeons qui viennent de voir un F-111 leur passer devant le bec. Impassible, John Entwistle, le bassiste, est le dernier a quitter la scène. Tout au long de la prestation, c'est à peine s'il a bougé de cinquante centimètres et il a suivi tout ça d'un oeil ironique.

 

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