Aujourd'hui, les enfants du nouveau siècle, non seulement ne connaissent pas l' A bout de souffle de Godard mais ne retiennent que la performance médiocre de Richard Gere dans son remake américain. Pire, lorsque je me hasarde à leur proposer la version originale, ils prennent une mine à la fois déconfite et amusée en me regardant sans doute comme un vieux ringard.
A regret, je me dis que la jeune génération ne s'intéressera sans doute jamais plus qu'aux films qui datent de moins de dix ou quinze ans. Que leur Godard et Truffaut à eux se nomment désormais Spielberg ou Lucas ? Ou alors je garde un léger espoir qu'un jour elle ira voir les « vieux films des années 60 » comme nous allions au Musée du Cinéma pour découvrir Méliès, Griffith, Abel Gance ou Eisenstein.
Il est vrai que pour les ados d'aujourd'hui l'Histoire du Cinéma compte plus de cent années; alors que lorsque j'avais leur âge, le cinéma n'était vieux que de soixante ans.

Dès 1957, le cinéma est en avance sur la société. A bout de souffle, les Tricheurs, les Cousins, le Beau Serge, des films qui annoncent la libéralisation des moeurs qui va suivre bientôt.
Avec le mouvement dit de la Nouvelle Vague, de nouveaux cinéastes apparaissent. Truffaut, Chabrol, Godard balaient de manière rafraichissante le cinéma de papa. Ce sont ces films qui m'ont donné envie de devenir cinéaste. |

Quelques films cultes français
En 1962, je me suis lancé dans l'aventure de la réalisation d'un film espérimental en 16mm. Deux ans de tournage, de montage.. pour le MAUVAIS AGE, inachevé à ce jour.
Faut-il déplorer le fait que nos gosses soient aujourd'hui complètement blasés ? Qu'ils ne trouveront jamais plus le même plaisir que nous à descendre en ville ou à entrer dans un cinéma de quartier, à vivre ces instants magiques qui consistaient à visionner des films parmi des centaines de titres inconnus ?
Le choix des films proposés au public des années 60 était infiniment plus vaste qu'à l'heure actuelle tout comme le nombre de salles de cinéma. Il y avait de la concurrence et de l'émulation parmi les responsables de salles obscures. Et puis, les films américains n'avaient pas encore pris le monopole sur la France, la Belgique et le monde. Le succès des films français n'avait rien à leur envier. |