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THE BIG BEAT SCENE
Royston Ellis - Music Mentor Books
Les éditions anglaises Music Mentor Books rééditent un petit ouvrage essentiel, vraiment précurseur pour ce qui est de l'histoire du rock : The Big Beat Scene . Paru en 1961, il est dû au très prolifique écrivain britannique Royston Ellis, qui est connu à cette époque comme poète beat, mais en phase avec le milieu du rock and roll. Cela contrairement à ses homologues américains: on sait que l'univers beat, notamment californien, n'a rien à voir avec Elvis, mais plutôt avec Coltrane ou Miles Davis.
Ellis fait la connaissance de Cliff et des Shadows en 1959, lors d'une de ces formidables émissions live diffusées par Radio Luxembourg anglais, «the station of the stars». C'est avec Jet qu'il sympathise d'emblée, en parvenant ensuite, petit à petit, à vaincre la méfiance ou l'incompréhension de Cliff à son égard.
LE DÉBUT DE LA VAGUE
Cet essai de Royston Ellis aborde divers sujets liés aux jeunes. Il est question de James Dean, et de l'explosion du rock américain. Pour ces sujets, il est évident que The Big Beat Scene ne peut rien apporter, et est très rudimentaire par rapport à ce que nous savons en 2010. Mais on remarquera que six ans seulement après l'avènement du Rock and Roll, Ellis ne se livre pas à la réécriture de l'histoire, que tant de critiques rock imposent depuis très longtemps. Le rock and roll est arrivé au sommet des hit-parades, tant aux States qu'en Angleterre et ailleurs, par le succès assez éphémère (à ce niveau s'entend) mais immense de Bill Haley and his Comets. Cela dit avec toute la passion qu'inspire encore et toujours le King Elvis, qui l'a suivi et non précédé.
ROCK MADE IN UK
C'est avec ses témoignages sur le rock britannique que Royston Ellis se révèle le plus intéressant. Il a en effet assisté aux premières loges à cette saga, souvent injustement ignorée ou sous-estimée, voire méprisée bien à tort. Il s'en explique dans sa préface actuelle. Il précise que certains termes ont été censurés à l'époque, mais plus aujourd'hui: notamment quelques allusions homosexuelles.
Le premier chapitre raconte la vie de tournée d'un groupe anglais fictif: Tavy Tender and his Teensters, inspiré de toute évidence par des faits et anecdotes dont l'auteur a eu connaissance. Avec des descriptions «au cordeau» du concert, du public, des rapprochements après la prestation avec des fans féminines pas si coincées que cela avant l'époque des Swinging Sixties (mais c'est plus secret alors, et moins généralisé sans doute).
L'inconfort de cette vie d'errance, les promoteurs foireux... Mine de rien, le genre d'expérience que vivent alors nombre de futures superstars. Comme les Beatles, ou Jimmy Page avec Neil Christian et ses Crusaders...
Deux exemples parmi plein d'autres !
DU SKIFFLE AU ROCK
C'est à partir du chapitre 5 «The beat comes to Britain» qu'Ellis fournit son apport le plus remarquable. Certes, certaines choses sont assez connues: l'importance cruciale du skiffle et du leader de ce mouvement Lonnie Donegan. |

L'avènement de la vraie première rock star anglaise: Tommy Steele. On l'a assez oublié, mais il faut avouer que sa production sonne assez kitsch, datée aujourd'hui. Les Terry Dene, puis Marty Wilde, Billy Fury, et bien entendu le phénomène Cliff Richard et ses Drifters puis Shadows, n'ont aucune peine à le supplanter alors que Steele se détourne du rock pur.
En 1961, Ellis se souvient encore très bien d'un one-hit-wonder dont personne, plus personne ne parle aujourd'hui: Laurie London, qui obtient un tube immense en 1957 avec une version (plus ou moins) rock du spiritual He's Got The Whole World In His Hands . Ce qui est incroyable, c'est que ce titre atteint aussi la deuxième position en avril 58 au Billboard américain ! London s'est fait connaître peu avant par un show radio de la BBC, où il s'est fait accompagner par le Malcolm Mitchell Trio.
Mais ce qu'Ellis n'écrit pas, c'est que ce musicien voyageur Malcolm Mitchell semble bien être le vrai premier guitariste anglais à avoir importé une Fender Stratocaster en Albion. Cette information m'a été dévoilée par Hank Marvin lui-même, lors d'une interview à Bruxelles en mai 2005. Alors que pour tout le monde, la Fender a débarqué en Grande-Bretagne par les Shadows, avant tous les autres...
Ellis évoque les stars contemporaines comme Billy Fury, Marty Wilde, Cliff, les Shadows. Et les managers tireurs de ficelles... |
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Mr PARNES SHILLINGS AND PENCE
Notre auteur décrit le «système Parnes»: Larry Parnes, à cette époque, salarie ses artistes au forfait ! Il organise de nombreuses tournées, comme celle, mythique et unique, de Gene Vincent et Eddie Cochran en 1960. Son écurie est impressionnante, avec Marty et Billy en chefs de file, mais bien d'autres aussi. Il est amusant d'en savoir plus sur un rival de Parnes, basé dans le sud de l'Angleterre. Reg Calvert ne manage alors que des artistes restés inconnus, à part un certain...Vince Taylor ! À qui Calvert demande d'imiter Elvis sur scène. On doute qu'il ait obtempéré...Très surprenant: un autre personnage (resté rigoureusement confidentiel), dont Calvert s'occupe, est un certain Eddie Sex...Une sorte d'imitateur et de sosie du Vince !
Le nom de Calvert ne vous dit-il rien ? Il n'en est pas resté là. Dans les années soixante, il prend en charge the Fortunes et le fameux Screamin' Lord Sutch. Il possède Radio City, une radio pirate; et il est assassiné le 21 juin 1966 par un dirigeant de sa rivale Radio Caroline. |
DE CLIFF AND THE SHADOWS AUX BEETLES, ET BEATLES
Ellis, vers le tout début des années 60, se fait connaître à la télévision avec une émission intitulée Living For Kicks où il disserte sur les problèmes et aspirations des jeunes. Son titre de «King of the Beatniks» s'en trouve renforcé. Ce que l'on sait peu: il invente le concept de «rocketry»: le mélange de rock et de poésie ( poetry ). Il se produit pour défendre ce style littéraire et musical avec les Shadows, y compris face aux caméras. Sans apparaître comme un Cliff bis le moins du monde: le style est totalement différent. Un autre accompagnateur très occasionnel d'Ellis, mais sans trace audiovisuelle connue: le tout jeune Jimmy Page !
En juin 1960, le poète beat se rend à Liverpool. Il débarque inévitablement au Jacaranda Café dans Slater Street. Il constate que le juke-box contient surtout des titres de rhythm and blues noir américain, plus que les disques à la mode. Première rencontre avec un mince jeune homme brun sympa et ouvert: George Harrison, qui l'entraîne dans un appartement sis 3 Gambier Terrace. Là il lui présente John, Paul et Stuart Sutcliffe. Pas de souvenir précis de batteur malheureusement, sans doute n'y en a-t-il pas ce jour-là ?
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Pete Best est encore celui des Blackjacks, dans un autre club, le Casbah. Et il ne rejoint les futures stars que le 12 août, pour assurer avec eux à Hambourg. C'est la vie de bohème, avec les gens vivant les uns sur les autres, et les parties du samedi soir qui durent toute la nuit. Après la performance d'Ellis à la Liverpool University, qui a justifié son déplacement dans la ville portuaire, Royston répond favorablement à la suggestion de John et il présente sa «rocketry» avec les Beetles (leur nom à ce moment) au Jacaranda. Mais le terme hybride de «Beatles» survient bientôt: certes grâce à John, mais aussi grâce à Ellis. Qui fournit à cet égard des arguments qui semblent sérieux et convaincants...Aux passionnés de l'histoire des Beatles d'ajouter à leurs connaissances en compulsant ce livre. En tout cas, on découvre que le premier article national, non plus local, sur les «Beetles» (une des dernières fois avec ce nom) paraît dans le fameux hebdomadaire Record and Show Mirror du 9 juillet 1960. |
Ellis envoie cette coupure de presse à Lennon, qui explique l'année suivante dans Merseybeat la genèse de l'adoption du nom sous lequel le monde entier les connaîtra bientôt. En 1961, l'explication de John est partiellement cryptée et incompréhensible. Elle devient évidente par les éclaircissements actuels de Royston Ellis. Quelques photos émaillent l'ouvrage, mais la plupart sont connues et pauvrement reproduites. Celles plus récentes de l'auteur avec Cliff montrent le passage des ans: pour l'écrivain, mais toujours pas pour le chanteur à la persistante jeunesse ! On l'aura compris: un document essentiel pour les aficionados de cette musique, de cette période, et même pour ceux concernés seulement par les Beatles. Hautement recommandé, comme tous les livres traités dans la rubrique critique de votre site dédié à l'amour du rock des Trente Glorieuses !
CHRISTIAN NAUWELAERS |
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ANTIBES JUAN-LES-PINS - 50 ANS DE JAZZ
RENAUD DUMÉNIL Éditions Autre Vue
Pour fêter les cinquante ans du festival de jazz à Antibes Juan-les-Pins, les éditions Autre Vue publient un bel historique de cette manifestation, après avoir remporté un appel d'offres de la municipalité. Les amateurs de rock (plutôt noir), de rhythm and blues et de pur blues sont tout à fait concernés.

LES PRÉMICES
L'auteur Renaud Duménil, aujourd'hui un homme de radio établi là-bas, survole d'abord les années 20 qui virent cette région devenir |
un point d'attraction irrésistible pour de grands Américains comme Hemingway ou Scott Fitzgerald, avec sa très turbulente épouse Zelda. Ce couple aujourd'hui mythique en connaît un autre là-bas: leurs compatriotes les Murphy, qui leur font découvrir ce mode de vie qu'on peut appeler dolce vita avant la lettre. C'est là que Fitzgerald trouve l'inspiration pour son roman Tendre est la nuit, et aussi Les Enfants du jazz. Du coup, beaucoup d'Américains parlent de cette époque comme «The Jazz Age».
Le 17 août 1951, c'est à Antibes que se marie en grande pompe et en fanfare (style New Orleans !) le clarinettiste et saxophoniste soprano Sidney Bechet, qui a illuminé de ses notes joyeuses d'innombrables surprises-parties de l'époque. Certains se souviennent peut-être de son fameux Dans Les Rues d'Antibes ...
LE FESTIVAL
C'est en hommage à l'illustre musicien, décédé le 14 mai 1959, que le festival est annoncé officiellement le 16 décembre. Les maîtres d'oeuvre sont Jacques Hébey et un homme qui a connu une belle ascension dans le monde français du disque, lors des années fastes: Jacques Souplet. Cette manifestation est peut-être la deuxième au monde après Newport, mais pas le premier festival européen (de jazz) durable, en dépit d'une publicité un peu abusive. Puisque c'est bel et bien le nôtre, à Comblain-la-Tour, qui peut se prévaloir de cet honneur. La première édition, avec Chet Baker en vedette principale, remontant au 2 août 1959. Celle d'Antibes se tient du 6 au 14 juillet 1960. Elle invite une fabuleuse grande prêtresse du gospel: la chanteuse-guitariste Sister Rosetta Tharpe. Quand on l'entend marteler This Train avec la furieuse énergie de Vulcain dans sa forge, on reconnaît bel et bien un futur classique du rock: My Babe . Parmi les autres artistes notoires cette année-là, quelqu'un que l'on a vu chez nous, et qui s'est imposé au niveau international dans les années 70: Donna Hightower.
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RAY CHARLES !
Entre Ray Charles et la France (mais aussi la Belgique, et bien d'autres pays), il y eut une authentique histoire d'amour. Sa voix rauque et déchirante, ses cris «primaux» sur des arrangements riches et chatoyants, sa fusion de tant de styles qui ont donné naissance à la soul music (on parle de soul avec Ray Charles bien avant tous les grands maîtres du genre), son côté romantique et douloureux (cécité plus drogues lourdes à certaines époques), tout cela a fait du Genius une légende de son vivant. Qu'il serait urgent de remettre plus en avant dans des médias obsédés par un chanteur-danseur qui a été noir, et qui fut surtout une éponge douée pour rassembler les enseignements de ses maîtres, sans jamais les égaler. Un King of Pop pour beaucoup hélas... Ray est la star du festival d'Antibes Juan-les-Pins 1961, qui se tient du 18 au 24 juillet. Un triomphe, avant son arrivée à Paris en octobre de cette année, au Palais des Sports, où sa légende grandit de façon exponentielle. Une star qui a su fédérer tous les publics, de nombreux jeunes fans de rock aux aficionados de jazz et de blues. Ainsi que les jeunes filles romantiques qui fondent en dansant un slow sur Georgia On My Mind.
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QUAND LE JAZZ EST LÀ LE RHYTHM AND BLUES SUIT
Pour l'édition 1962, un peu le même cas de figure: première prestation française d'un autre monstre de la musique noire, qui fut tout aussi «crossover» et immensément populaire que le Genius: le merveilleux fat man,
Fats Domino, qui se produit sous la pinède juste après sa conquête de Paris la même année, qui commence le 17 juillet au Palais des Sports devant quatre mille fans frénétiques. D'autres musiciens notables cette année-là sont l'organiste virtuose surnommé The Boss (oui, avant Springsteen ): Jimmy Smith. Aussi le grand guitariste Elek Bacsik, que Gainsbourg fait un peu connaître dès l'année suivante. En 1963, on salue notamment Bill Doggett, un autre organiste créateur du classique Honky Tonk (Parts 1 & 2), un des instrumentaux les plus repris dans toute l'histoire de la musique populaire américaine. En 1964, survient la merveilleuse histoire vraie de la grande Ella Fitzgerald (qui a repris Fats Domino et les Beatles notamment dans son répertoire!). Son récital étant perturbé par des criquets, elle improvise un fabuleux duo avec ces insectes: ce qui donne The Cricket Song. Un moment d'anthologie qui a forgé la légende du festival. 1964 marque également l'arrivée en ces lieux paradisiaques d'un authentique précurseur explosif du rhythm and blues et donc du rock and roll: le vibraphoniste et batteur, et chanteur, showman, etc. Lionel Hampton. Délaissé par les fous du free jazz, sans que cela l'empêche le moins du monde d'aller combler de bonheur ceux qui disent du jazz... «Some like it hot»!
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ROCK ET BLUES À ANTIBES
Le recueil de Roland Duménil donne un inventaire très utile de toutes les éditions. Les artistes qui nous intéressent, qui s'y sont produits une fois ou plus souvent, sont légion (outre les grands du jazz, que l'on peut aimer fort aussi mais il me faut respecter le spectre musical déjà vaste de ce site). On peut mentionner Nina Simone, Mahalia Jackson, John Lee Hooker, Aretha Franklin, Muddy Waters, Freddie King, le trop rare Johnny Otis, Billy Preston (sans Beatles et sans Stones !), Gilberto Gil, John McLaughlin dont une fois avec le fameux guitariste gitan Christian Escoudé, Jimmy Cliff, Weather Report, Clapton, Phil Collins, Joe Cocker, etc. Cet inventaire s'arrêtant à 1989 ! Tant et tant d'autres encore... Les photos couleur et noir et blanc sont abondantes. Un autre très grand plus: la plupart des affiches du Festival, y compris les plus anciennes, sont reproduites. Le texte est bilingue, mais la version anglaise laisse un peu à désirer. Ce qui ne gênera que peu ou pas du tout les lecteurs francophones. On ne peut qu'espérer des sorties en DVD des nombreuses éditions filmées par Averty pour la télévision française. On notera que suite à des problèmes très bien expliqués par l'auteur, il n'y eut pas de festival à Antibes en 1971 ni en 1972, mais seulement à Nice. En attendant, on se plongera avec grand plaisir dans ces pages.
CHRISTIAN NAUWELAERS
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JÉSUS PREND LA MER
James Lee Burke - Éditions Payot & Rivages
Outre les biographies et essais divers, et autres livres de référence, il existe d'innombrables ouvrages qui contiennent des allusions réelles ou apocryphes à de nombreux artistes de rock, de rhythm and blues, de soul ou de jazz. Un bel exemple est ce recueil de neuf nouvelles du fameux écrivain James Lee Burke, qui a eu la chance de vivre son adolescence dans les années cinquante en Louisiane et dans le Missouri.
Il s'agit de courts récits souvent assez noirs, avec une nature et une fatalité immuables, au sein de laquelle s'escrime l'homme tant bien que mal.
L'écrivain est sobre, tout en retenue et en allusions. Rien de lyrique, de baroque ou de débordant. Il manifeste une sobriété typique d'auteurs de ce genre: on pense évidemment à Raymond Carver.

Les protagonistes sont plus des antihéros que de valeureux propagateurs d'une quelconque idéologie triomphante «God Bless America». Ils traînent souvent quelque lourd secret, quelque blessure qui ne les quittera qu'à leur mort. Le dévoilement de cette entorse, jamais guérie, survenue dans leur marche de vie constitue souvent la trame du déroulement narratif, entre deux descriptions de la nature, belle et indifférente aux tribulations des pauvres humains.
Ce qui est beau dans ce genre d'ouvrages: le contact avec le réel des passions, du cadre de vie fruste et sauvage, et de la tragédie éventuelle. Loin du culte du virtuel et de l'artificiel.
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LE SOIR OÙ JOHNNY ACE EST MORT
La nouvelle qui concerne les fans de rock est Le Soir où Johnny Ace est mort . Un groupe fictif de rockabilly est imaginé par Burke, avec le chanteur Eddy Ray Holland. Ces jeunes gens ratent l'occasion d'accompagner le fameux Johnny Ace, lorsqu'il se fait exploser le crâne la nuit de Noël 1954, en jouant à la roulette russe !
Ace est le créateur d'un magnifique classique, maintes fois repris: le slow Pledging My Love. Jamais il n'a ni n'aurait chanté avec des musiciens de rockabilly. Il s'agit ici non d'une erreur, mais d'une pure licence poétique.
En cette année 1954, Holland fait la connaissance d'une star montante: le Gominé, jamais nommé... Mais c'est bien Elvis ! Celui pour qui les filles hurlent, deviennent folles, assiègent son hôtel ou sa voiture, lui jettent leur culotte... Holland, en tournée, fait la connaissance d'une vamp chantante: Gin Fizz Kitty de Texas City. (Ce n'est pas une blague, et c'est de Burke et non de moi !) Un soir, alors que la chanteuse et Holland et son groupe emballent l'assistance dans un dancing délabré de l'Arkansas - mais qu'importe, on s'y éclate - le Gominé se pointe, avec Jerry Lee et Carl Perkins ! Vous vous doutez de ce qui arrive alors... L'aguichante Kitty se barre avec l'idole. Holland nie d'abord, puis ne peut plus ignorer son infortune...
Là où Elvis passe, les idylles trépassent ! Et le groupe se dissout bientôt, victime d'un acharnement d'un faisan du show-business, suite à la mort restée mystérieuse et louche (dans la logique fictionnelle de cette nouvelle) de Johnny Ace.
Vous l'aurez compris: James Lee Burke, qui dispose de toute la crédibilité pour cela, nous plonge dans l'atmosphère si dépaysante, et même fascinante par certains côtés, du Sud des années cinquante.
Avec ses jeunes ploucs pleins de talent et de rêves bientôt fracassés...
Une belle histoire qui nous tient en haleine. Eh oui...Petit clin d'oeil d'ailleurs à Jerry Lee et BREATHLESS !
CHRISTIAN NAUWELAERS
ÉPINGLÉ
Dans Le Soir où Johnny Ace est mort
«Vous savez quel est le secret pour devenir une star du rockabilly ou de la country ? Il ne suffit pas de porter des fringues à paillettes et des bottes pointues, cirées jusqu'à ce qu'on s'y reflète comme dans un miroir. Il faut jouer avec ses tripes, que ce soit aussi bouleversant que le corps de Jésus sur la Croix.»
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ROCK CRITICS
Éditions Don Quichotte
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Rock Critics est par excellence un livre propre à susciter un vif intérêt, et à attiser les discussions et les passions. Le premier livre du genre, Le Rock et la plume , est dû à Gilles Verlant. Et il manque curieusement dans sa bibliographie. Son concept était de rassembler un choix de chroniques de critiques français, de 1960 à 1975.
Cette sélection-ci est anonyme. Le premier texte date de 1967.
Ici, on considère que la vraie critique rock, sortant de l'enfance, a commencé en 1966 à l'arrivée de Rock and Folk .
PRÉFACE ET PRÉSENTATION
Pierre Lescure signe la préface. Il fait remarquer à juste titre à quel point la critique rock a essaimé dans d'autres domaines, pour devenir un genre littéraire moderne à part entière. Une littérature qui dit notre époque, en situant la musique et ses protagonistes, célèbres ou pas, dans le creuset social, économique et culturel qui les voit s'exprimer.
La musique, le rock envisagé comme un accélérateur de particules, qui fait bouger les choses, les gens, les mentalités. Les règles, les usages, la sensibilité, et les rapports entre les jeunes et les aînés.
Surprenant de voir, en fin de préface de Lescure, ce critique américain inexistant «Left Banks». Autrement dit Lester Bangs, qui apparaît pourtant dans plusieurs critiques ! Regrettable confusion probable entre Bangs et le groupe Left Banke...
La présentation qui suit est due à Denis Roulleau, déjà auteur d'un livre sur la littérature rock. Il raconte schématiquement l'histoire de cette veine critique devenue littéraire (avec certains en tout cas). Il évoque brièvement les précurseurs. À ce sujet, on regrettera vivement ce vieux cliché réducteur et injuste asséné par ce spécialiste.
En opposition à Disco Revue, la revue pionnière du regretté Jean-Claude Berthon, Roulleau traite Salut les Copains par le mépris, sans autre forme de procès. Ce mensuel n'était que le temple des yé-yés: il en cite deux (Claude F., Sheila)...Et c'est tout. Absolument tout. On se demande s'il a lu un jour un seul exemplaire de la revue de Ténot et Filipacchi, dont il s'agira de traiter un peu sérieusement...
Passons (vite). |
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CHRONIQUES DES DÉCENNIES EN ROCK DISTER
Chaque chroniqueur, dont le palmarès est retracé par une notice, a droit à deux textes. C'est avec le regretté Alain Dister que le défilé commence. Sous d'excellents auspices donc. On peut (re)lire le récit de son voyage initiatique de 1966 aux U.S.A. (New York, Californie), publié en février 1967 dans Rock and Folk. Il rencontre les Stones, les Beach Boys, les Mothers of Invention notamment, avec une facilité déconcertante, loin des carcans du show-business d'aujourd'hui.
On est pris par ses descriptions précises et poignantes de l'ambiance de l'époque: l'idéalisme de la jeunesse hippie ou sympathisante. Les temps qui changent, dans le bon sens alors ! |
Les filles sont accueillantes, sans calcul, dans le culte du plaisir, de l'immédiat, de la vie présente. L'amour semble aller de soi. L'obsession bienfaisante est celle de la liberté, plutôt que celle, stérile et désespérante au bout du compte, de toujours plus de sécurité. Une illusion peut-être, mais qui a pu se transformer en réalité à une échelle beaucoup moins marginale qu'à d'autres périodes. Pas étonnant que maintes personnes ayant vécu cela (non des «vieux cons», mais exactement le contraire selon moi) se sentent à l'étroit aujourd'hui. Comme des cachalots confinés dans une baignoire. L'autre contribution de Dister n'est parue qu'en septembre 1995 au Seuil, dans son livre Ezy Rider En voyage avec Jimi Hendrix . Mais l'époque est la même: il rend compte de son expédition à Londres, début 67, qui le mène jusque chez Hendrix soi-même.
C'est Jean-Noël Coghe et Dister qui furent les premiers fervents, dans le monde journalistique français, du génie noir qui semblait venir d'une autre planète ! |
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LES AUTRES
Au fil des pages, on (re)lit avec plaisir tous ces récits, ces témoignages, ces entretiens qui ratissent très large. Comme cette interview de Jagger à Paris en 1970, par Paringaux: l'homme qui a vraiment mis Rock and Folk sur l'orbite de la critique «sérieuse», pour le meilleur (souvent) et pour le pire (de temps en temps...).
Dans la première catégorie, l'émigré aux States Philippe Garnier rassemble une unanimité justifiée en sa faveur. En 1977, à Cleveland, il a un choc en découvrant les Cramps. Et aussi The Real Kids. Oui, The Real Kids...Qui ? Ceux qui, dans un petit lieu où ils se déchaînent devant un public ravi, lui font alors penser à un certain club de Richmond où de futures superstars ont commencé à se déployer: les Stones (faut-il préciser ?). C'est avec un passage tel que celui-ci que Rock Critics peut se révéler un livre cruel. Des emballements, des dilections enflammées pour des artistes tombés dans les oubliettes de l'histoire du rock. C'est parfois, voire souvent injuste.
ROCK AND FOLK ET LES AUTRES
Si le gros de ce corpus critique est tiré de Rock and Folk, d'autres sources ont été utilisées. Sans surprise: Libération, Les Inrockuptibles, voire Télérama (largement passé à côté de tout ce qui est rock pendant les deux premières décennies). Et puis ce petit joyau de la presse à mi-chemin entre le commercial haut de gamme et l'underground: Actuel. En 1972, feu Jean-Pierre Lentin y raconte par le menu la vie difficile des groupes français de rock. Un récit où l'humour et une solide dose de philosophie le disputent à un certain découragement. Les promesses non tenues, les promoteurs soit amateurs, soit véreux (voire les deux !), les tensions, les brouilles, les promesses non tenues et les lendemains qui ne chantent jamais à l'unisson avec le vocaliste compagnon de galères (au pluriel copieux) des musiciens ! Tout cela étant parfaitement transposable en Belgique et ailleurs. Lentin, musicien à ses heures (perdues ou non ?), a vécu tout cela, et son témoignage n'en a que plus de force.
Un des extraits justifiant l'achat de Rock Critics .
SÉLECTION (BA)ROCK

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Un sérieux bémol - pour rester dans la sphère musicale ! - reste la nature même du choix opéré. Anonyme, comme précisé au début: et c'est gênant. Les auteurs encore de ce monde (la plupart !) ont-ils eu leur mot à dire ? Ou leur veto à opposer, ou non ? Ont-ils suggéré eux-mêmes tel ou tel texte ? Ou ont-ils simplement signé pour accord, sans plus ? Qui s'est impliqué et comment dans Rock Critics ? |
On aimerait une réponse à ces questions...
Yves Bigot est un vrai fan de rock depuis quarante ans. Outre sa carrière à succès dans le monde médiatique français (moins belge, mais c'est hors sujet et sans importance ici), ce qui nous concerne ici est la qualité, l'honnêteté, la précision de ses articles. |
Ce qui n'exclut nullement l'enthousiasme, cette respiration de l'âme.
Yves Bigot est doté de cette qualité essentielle: il accorde une importance primordiale aux faits, à la rigueur journalistique.
On ne comprend pas pourquoi un de ses deux articles retenus est une description des aléas juridiques et judiciaires qui ont émaillé la saga de...la Lambada ! Très bien fait et irréprochable; mais quel rapport avec le rock, même au sens très large ? Combien d'autres, signés par lui et directement liés à notre musique, auraient pu se frayer une petite place bien méritée dans Rock Critics ?
Le but est peut-être de démontrer qu'un journaliste rock digne de ce nom peut écrire sur d'autres sujets. Nécessaire ou non, à vous de juger...
Les regrets sont d'autant plus vifs que l'autre contribution de Bigot est parfaite: sur Mc Cartney pour ses soixante-quatre ans en 2006 ( When I'm Sixty Four!).
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En ce qui concerne feu Lionel Rotcage, le fils de Régine, dont la vie fut aussi active et variée que celle de Bigot, on trouve un autre cas de figure: le pire et le meilleur. D'abord, ce qui fâche: un jeu de massacre contre le monde des fans d'Elvis, en ne s'intéressant qu'aux plus... basiques (vous me comprenez, et connaissez mon amour pour le King). Et l'intérêt sociologique douteux de cette étude à charge est encore plus battu en brèche par la description d'Elvis dans sa tombe: un «gros tas». Ce «Presleyland» de 1987, publié dans Libération , est un cheveu sur la soupe. Pour rester correct. Gras et plein de poux. Sorry je me lâche...
D'autant plus dommage que l'imposture réalisée avec succès en 1981 au Midem par Rotcage, est savoureuse, voire irrésistible !
Il s'est promené parmi les stands des exposants français de cette manifestation connue mondialement. Il a proposé plusieurs titres d'un nouveau groupe de rock français aussi prometteur que fictif: quelques titres moins connus de Téléphone, en changeant le nom. Tous n'y ont vu que du feu, sans exception s'il faut en croire Rotcage. Et les rendez-vous étaient pris pour la signature exclusive de ces nouvelles stars potentielles ! On peut ne pas être rancunier (voir plus haut) et apprécier, même en n'étant pas un admirateur de Téléphone.
Très belle surprise que ce voyage polonais, en 1981, de celui qu'on connaît aujourd'hui comme auteur et documentariste: Christophe Nick. Encore un autre exemple de l'axiome selon lequel la critique rock mène à tout ! Nick accompagne un groupe écossais de rockabilly dont les amateurs se souviennent, et qui enregistrèrent même avec le légendaire roi du skiffle Lonnie Donegan: les Shakin' Pyramids.
Outre la découverte de la vie de tournée dans un pays pas encore habitué à notre culture occidentale, on est touché par un certain concert où les jeunes, coincés dans un contexte gris et sans avenir, se lâchent comme des fous lors de ce gig de rockabilly ressenti comme une libération, un grand orgasme collectif. Alors qu'ils n'y connaissent rien, vu leur environnement. Pour Christophe Nick, c'est 1954...En dehors de toute analyse, de toute mise en perspective, la confirmation, tout simplement, de la fabuleuse force irrésistible, de la puissance de feu du rock and roll. Back to basics... |
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Magnifique interview de Brian Wilson en 1992, chez lui à Malibu, par une des têtes de pont de la critique actuelle: Michka Assayas. Il dépeint le comportement du génie troublé mais lucide semble-t-il, ou revenu de loin (pas encore tout à fait), avec pertinence, bienveillance et lucidité. En posant d'excellentes questions sur sa musique, ses processus de création, ses rapports avec ses anciens compagnons, sans éviter la drogue.
On ne peut citer tout le monde. Les deux critiques d'Arnaud Viviant, sur AC/DC et... Sinatra (oui, the Voice) correspondent exactement aux défauts exaspérants d'une certaine critique très «parisienne», dans le sens négatif du mot. Cela ne s'applique qu'à une minorité, mais trop présente. Des théories fumeuses, un salmigondis idiosyncrasique qui s'éloigne à bride abattue de la vérité de la musique, en s'imaginant oeuvrer dans la qualité, si ce n'est le génie.
Un épiphénomène sans intérêt, et un choix contestable par là même.
Bayon est d'un autre niveau, mais il a ouvert cette brèche déplorable, comme on le constate encore avec ses deux articles, dont un présentant la relation Elvis-colonel Parker, et ses conséquences sur la carrière d'Elvis, sous un jour parfaitement...bizarre. La place manque pour en disserter ici.

Kurt Cobain |
Une seule fille parmi ces mâles plumes... Celle de Laurence Romance, qui est victime d'un ratage en 1990 (la mauvaise volonté crasse de la diva Polnareff), mais qui réussit une des dernières interviews de Kurt Cobain, en 1993. L'infortunée star torturée qui ne rêve alors que de recentrage loin du cirque show-biz, vers la simplicité spartiate qui est alors l'apanage d'un Johnny Cash des dernières années, voire d'un Big Bill Broonzy jadis. Tout le monde ne rêve pas d'un destin à la Madonna, ou Lady Gaga aujourd'hui (et de sa musique encore moins), mais Cobain n'a pas pu vivre cet avatar musical souhaité.
Le compagnon de Romance est le seul non-Français: l'Anglais Nick Kent, mais qui a posé ses marques dans l'Hexagone. Sa description d'un Gainsbourg déjà au bout du rouleau, fin 1988, ne semble pas flirter avec le sensationnel ni la mauvaise foi. D'autres n'ont pu que confirmer le déclin physique et psychologique de celui qui restera à jamais un tout grand malgré tout. |
Les Patrick Eudeline, Bruno Blum, voire Ardisson sont présents; également Kaganski ( Inrocks ) dans un bon reportage sur les lieux de jeunesse de Springsteen.
De toute façon, un panorama très vaste et éclectique du monde de cette critique soumise à des courants divers, à des modes, à des querelles de chapelle, à des amnésies et à des retours en grâce de gens naguère excommuniés...
Une belle illustration d'une certaine comédie humaine, à laquelle nous participons tous peu ou prou.
Et une lecture captivante quoi qu'il en soit !
CHRISTIAN NAUWELAERS
ÉPILOGUE Les absents n'ont pas toujours tort, lorsqu'ils n'y sont pour rien.
En dépit du choix éditorial (pas de contributions datant du début des années soixante), certains autres journalistes méritent de figurer dans un second volume. S'il survient un jour, ce qu'on souhaite. Des Barsamian, Bruno le Trividic, Jouffa. Voire des gens plutôt inattendus: par exemple Philippe Labro chantant les louanges de Chuck Berry à l'Olympia, en 1965.
Jean-Noël Coghe fait partie des pionniers de la critique française, dont les livres et témoignages paraissent toujours avec régularité. Un article différent et inspiré de Coghe n'a pas pu être très connu, vu le support: le quotidien Nord Éclair , le 23 juillet 1964. «Les purs rockers sont des poètes.»
Une critique venue du Nord, avant sa collaboration à Disco Revue puis Rock and Folk notamment. L'esprit du rock, du rock and roll s'est amplement décentralisé: il souffle aussi près de notre frontière franco-belge. Qui s'en plaindrait ?
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FEEL LIKE GOING HOME
Peter Guralnick - Rivage Rouge
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Enfin une traduction française d'un classique de la littérature sur le rock et le blues. Trois parutions originales sont indiquées: 1971, 1989 et 1999. Mais il y en eut au moins une autre, en 2003. Quoi qu'il en soit, il s'agit du premier ouvrage vraiment marquant de ce très grand historien de la musique, un modèle de rigueur et de sérieux qui n'exclut absolument pas la passion et la justesse des analyses musicales, au-delà de la recherche des faits.
L'auteur nous entraîne sur la piste de quelques gloires de la musique populaire, avec des interviews diverses. Auparavant, il nous raconte sa vie de jeune fou de musique à Boston, dès les années cinquante. Au début, avant la découverte marquante de la musique noire: blues et rhythm and blues (James Brown en tête pour ce dernier genre, avant l'avènement du funk), Guralnick et ses copains ne jurent que par Elvis, Jerry Lee, Perkins, Chuck Berry, Fats Domino, Gene Vincent. Pas de Bill Haley (non mentionné) ni même d'Eddie Cochran !
Guralnick nous raconte quelques anecdotes révélatrices datant de sa jeunesse. Au Boston College, les fades et prétentieux folkeux Rooftop Singers, auréolés de leur hit Walk Right In (sur lequel...Claude François s'est précipité pour nous en infliger l'adaptation française, c'est tout dire), refusent de se produire dans le même show que ce vil rock and roller de Bo Diddley ! Au point d'obliger l'organisateur à changer la présentation, en annonçant DEUX shows au lieu d'un...On ajoutera que Walk Right In n'est qu'une reprise, un peu modifiée, d'un titre beaucoup plus ancien. Ce qui montre les préventions existant alors contre le rock and roll, comme chez beaucoup de jazzmen et de jazzophiles, qui vilipendent cette musique toujours montrée du doigt. Même la (vraie) grande Joan Baez a cru devoir écrire, dans son livre de souvenirs, que la mort d'Elvis ne l'a guère touchée...
Pour clore cette digression, rappelons, si nécessaire, que Dylan a toujours adoré le rock and roll et le rockabilly.
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Après une histoire du blues très résumée, Guralnick rend compte de ses rencontres avec l'immense Muddy Waters; Johnny Shines; Skip James; Robert Pete Williams; Howlin' Wolf (à Cambridge); Jerry Lee Lewis; Charlie Rich et divers protagonistes des légendaires disques Chess.
Il faut dire que ces interviews et témoignages datent de la fin des années 60 et du tout début des années 70. Il faut donc les situer dans le contexte de l'époque. Jerry Lee est encore marié à Myra; Guralnick ajoute en post-scriptum seulement l'écho de Rolling Stone du 7 décembre 1970, annonçant le divorce (en mauvais termes) de Jerry et de celle qui a failli être la cause d'une fin très prématurée de sa carrière, à Londres en mai 1958. Cela lorsque la meute médiatique s'est déchaînée contre lui, à cause du trop jeune âge de son épouse-enfant (selon eux) Myra.
Jerry Lee, lors de l'interview de Guralnick, se trouve au sommet de la vague country qui le relance à cette époque. Alors qu'aujourd'hui c'est bien son côté «pionnier essentiel du rock and roll» qui est son image première.
Pour le chapitre sur Charlie Rich, écrit après l'avoir vu dans un club quelconque et non situé géographiquement, le Vapors (probablement à Memphis), Guralnick se livre à son intelligent et sensible mélange des genres habituel. Son compte rendu du moment, en alternance avec l'histoire de l'artiste. Un procédé narratif particulièrement bien adapté à ce type de sujet. Une description de cette soirée un peu routinière, sclérosée avec Charlie qui remplit son contrat, sans plus.
Quelqu'un au talent et au background musicaux particulièrement riches, fan de jazz à l'origine, contrairement à tous ces péquenots qui sont passés, comme lui, par les studios de Sam Phillips dans les années cinquante.
Un rocker de circonstance, non de coeur, d'esprit et de viscères. Mais un immense artiste, chanteur-pianiste sensible et créatif.
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Un peu loser... La fin du chapitre Rich précise qu'il s'envole pour Nashville, le lendemain, pour enregistrer son nouvel album.
«Cette fois, espère-t-il, il va vraiment décrocher un hit.» On imagine l'ironie un peu amère qui sous-tend cette phrase, écrite en 1970. Tous ces artistes qui attendent Godot... L'inatteignable succès qui toujours se défile...
C'est en 1974 que l'on a pu entendre Rich du matin au soir, avec ses deux tubes immenses The Most Beautiful Girl (créé par un certain Norro Wilson) et, dans une moindre mesure, Behind Closed Doors. Comme quoi le cours des choses peut parfois prendre des tours inattendus ! Que Guralnick ne prévoit pas du tout en 1970 !
On suit avec grand intérêt la quête de détective pour trouver un grand bluesman oublié, Robert Pete Williams, dans sa ville de Rosedale en Louisiane.
On constate que le géant Muddy Waters vit simplement à Chicago: toutes les légendes du blues n'ont pas la mégalomanie d'un John Lee Hooker !
Howlin' Wolf est une force brute de la nature, un personnage primaire et génial, du genre «larger than life».
Des intervenants comme Phil Chess et son neveu Marshall (qui vient de prendre les rênes du pouvoir après la vente de Chess à GRT en 1969), ou le grand Willie Dixon et d'autres encore éclairent l'une ou l'autre facette de la richissime histoire de ce fabuleux label Chess Records. Bizarrement ou inévitablement (le personnage n'est pas facile), nul témoignage de Chuck Berry.
Johnny Shines raconte son histoire avec verve. Un bluesman plus «sophistiqué» que d'autres. Skip James, lui, a beau avoir été (re)découvert au festival de Newport en juin1964 (notamment par le futur Canned Heat Henry Vestine), il reste amer et se sent incompris et non apprécié à sa juste mesure. Ce qui est probablement vrai. |
SUN ET UN «PARASOL» MALVENU
« Voilà ce que retient l'histoire, et tout cela paraît désormais curieusement démodé.»
Vous comprenez maintenant ce titre (allégorique) de paragraphe: cette restriction, cette réticence de Guralnick concerne... les légendaires enregistrements Sun d'Elvis, Jerry Lee, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Rufus Thomas !
Aujourd'hui l'éclat du label solaire brille plus fort que jamais et pour toujours dans l'histoire de la musique populaire..
Curieux de penser qu'il y a une quarantaine d'années, le regard d'un Guralnick sur une production aussi séminale que sensationnelle et inimitable ait pu être si décalé. Erroné même. Heureusement qu'il s'est magnifiquement rattrapé depuis, notamment avec sa biographie incomparable du King Elvis ! (Voir chronique sur le site.)
Il est à noter que Guralnick travaille depuis plusieurs années à la saga définitive de Sam Phillips, dont quelques propos sont restitués ici dans ce chapitre, assez laconique, consacré à Sun Records. |
En épilogue de Feel Like Going Home,«note d'un fan» (au singulier) ajoute certains éléments intervenus depuis l'écriture du recueil, qui est émaillé de plusieurs photos de qualité parfois médiocre malheureusement.
Une discographie sélective complète cet ouvrage qui a fait date.
À noter qu'une magnifique série de sept documentaires sur divers aspects du blues a été réalisée par un cinéaste féru de musique, et notamment des Stones. On a pu la voir au cinéma en Belgique il y a quelques années. Elle fut d'abord diffusée en septembre 2003 sur une chaîne de TV américaine publique: PBS, tout simplement la meilleure du monde.
Et dont on se demande quand ses innombrables portraits d'artistes de légende seront visibles chez nous, en dehors de quelques sporadiques éditions en DVD...
Le nom de la saga du blues par Scorcese: Feel like Going Home !
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LE COIN DU SPÉCIALISTE
En préambule, il faut préciser que les standards d'exigence des meilleurs auteurs ont fait des bonds vertigineux depuis quarante ans. On rappelle que Peter Guralnick est un modèle du genre. Les imprécisions et erreurs correspondent à une époque déjà lointaine, sans Internet, et lorsque les connaissances rassemblées et accessibles tenaient encore plus d'un monticule que de l'Everest actuel.
Donc, même nombreux, les commentaires ci-dessous n'enlèvent absolument rien à l'intérêt crucial de Feel Like Going Home, un rapport sur la musique ancré dans une certaine époque: le tournant de la fin des années soixante et du tout début des années 70. Mais la traduction bien actuelle présente l'une ou l'autre faiblesse.
P.24 Turn Me Loose ne veut pas dire «Lâche-moi», mais «Déchaîne-moi» ! Et l'autre succès de Fabian est Tiger, non «I'm A Tiger».
P.25 «Un single à trois dollars» est une traduction erronée de «A single $3 purchase»: un seul achat de disques, pour (un total) de trois dollars ! Ici le traducteur triple le prix des 45 tours américains des années cinquante.
P.29 Guralnick attribue le classique Kansas City à Jim Jackson (?), alors que l'original, intitulé KC Loving, a été créé par Little Willie Littlefield. Avant d'être rebaptisé Kansas City par Leiber and Stoller.
P.30 L'original du fameux Going Up The Country (Canned Heat), par Tommy Johnson en 1928, s'appelait au départ Bull Doze Blues.
P.31 Allusion à un célèbre importateur anglais de disques américains, Treasury of Jazz, établi en France. Et où maints amateurs firent leur miel, un peu comme chez Dobbels à Londres. Il s'agissait de Bert Bradfield, qui opérait en banlieue, à Chatillon sous Bagneux.
Guralnick est venu en France et en Angleterre, plusieurs fois lors des années soixante.
P.32 À ce propos, il mentionne un voyage Rock ! Jive ! Twist !, sur un bateau. C'est Rock Across The Channel, mais qui jamais n'a eu comme destination Bordeaux... Plutôt Boulogne-sur-mer en juin 1963 !
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P.33 Mercy, mercy et non «Have Mercy», par Don Covay.
P.39 Brown-eyed Handsome Man par Chuck Berry ne date pas de 1957; enregistré le 16 avril 1956.
P.41 Love In Vain de Robert Johnson (repris par les Stones sur Let It Bleed); non «All My Love In Vain».
P.43 Erreur de traduction: «son» mentor Ma Rainey (sic)...Une grande chanteuse de blues.
P.77,167 et 240 Muddy Waters: pas au «Sylvio», mais au Silvio's à Chicago.
P.81 Jimmy Rogers, pas Roger.
P.92 Déclaration mal traduite, au pluriel, de Muddy Waters.
Pas «les blues sont toute ma vie»; mais «le blues est toute ma vie».
Pour les Anglo-Saxons, «the blues» (le blues pour nous) est un terme pluriel.
P.92 - 93: tournées anglaises de Muddy Waters en 1958 (la toute première) et 1963.
Plus précisément octobre 1958, et cinq ans après exactement en octobre 1963.
Cette dernière dans le cadre du fabuleux American Folk Blues Festival.
Muddy s'est même produit à Pleyel, à Paris à cette époque.
P.100 Terraplane Blues de Robert Johnson, non «Terraplane».
P.154 San Jose (Californie), non San José (capitale du Costa Rica) !
P.187 Sam Phillips n'a pas conservé Sun Records (il dirigea aussi Phillips International) seulement jusqu'au milieu des années 60: il a vendu son catalogue à Shelby Singleton le premier juillet 1969.
P.189 Hang Up My Rock'n'Roll Shoes «vers 1961», par Jerry Lee: enregistré en juin 1960.
P.201 Jerry Lee Lewis n'a pas écrit les deux faces de son premier disque Crazy Arms/ The End Of The Road, mais la face B seulement. High School Confidential coécrit avec Ron Hargrave, non par Lewis seul.
P.214 June Christy, non June Christie.
CHRISTIAN NAUWELAERS (30/03/2010) |
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35 YEARS OF BRITISH HITS EP's
George White - Music Mentor Books
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George White est le responsable des éditions Music Mentor Books, et le plus grand spécialiste reconnu de Bo Diddley, dont il a signé une biographie qui fait autorité... appelée à être augmentée et remaniée par l'auteur.
Il publie des livres qui explorent la musique populaire rock, rhythm and blues et blues sous toutes leurs coutures. 35 Years Of British EPs explore l'ensemble de la production anglaise de ce que certains appellent les «4 pistes», de janvier 1955 à la fin 1989.
Ce format, si prisé des collectionneurs, est apparu aux États-Unis en 1953, pour y devenir obsolète dès le début des années 60. Les premiers extended-plays anglais sont apparus en 1954. Cet ouvrage de référence examine les classements de ces disques dans les charts anglais. Mais il n'a pas été possible à George White de nous fournir ces résultats de façon linéaire.
La revue professionnelle Record Retailer a donné un classement spécifique «Top EPs» de mars 1960 à décembre 1967. La meilleure base. Quid des autres années ? White a utilisé les charts de singles du Record Mirror, avant cette période; certains extended-plays, peu nombreux, y ont été classés.
Mais pour les années suivantes, il se sert de ceux du Record Retailer (1968 - 1969) et Music Week pour les années de renaissance du EP. C'est un format qui retrouve une petite nouvelle jeunesse, grâce à la renaissance des disques vinyles, et des platines éventuellement modernisées et adaptées aux nouveaux supports, comme la clé USB. |
Au total, quelques surprises. Comme ils ont débuté à l'âge d'or du format EP, il semble à première vue - je laisserai à d'autres le soin d'examiner cela en détail - que Cliff et les Shadows, et les Shadows seuls aient vendu plus de «4 pistes» que les Beatles !
Si ces considérations purement statistiques, qui passionnent certains, vous laissent indifférents, il vous suffit d'aimer la musique de cette époque pour apprécier malgré tout 35 Years Of British EPs . Les pochettes sont reproduites, avec le track listing; quel que soit le succès rencontré ou non par le disque traité dans ces pages.
Un intéressant inventaire donc, unique en son genre, et recommandé...Mais cette appréciation devient plus ou moins inutile, puisque tout ce qui est chroniqué (sélectivement) sur ce site correspond à de hauts standards d'intérêt et de qualité !
CHRISTIAN NAUWELAERS
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AMERICAN ROCK'N'ROLL - The UK tours 1956 - 1972
Ian Wallis - Music Mentor books
C'est en 2003 qu'un fanatique et spécialiste de très longue date du rock and roll des pionniers, Ian Wallis, s'est fendu d'un livre de référence essentiel, chez un éditeur renommé dans ce genre: Music Mentor books.
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Il s'agit d'une étude extraordinairement détaillée, et à peu près complète, de toutes les tournées et visites anglaises effectuées par des rockers (et assimilés) américains, entre 1956 et 1972, au Royaume-Uni. Un pays qui s'est révélé une bien perfide Albion en mai 1958, lorsqu'une presse déchaînée, féroce parfois au pays de la chasse à courre, a failli briser net la carrière du phénix Jerry Lee Lewis Il a réussi à s'en remettre avec le brio, la maestria et la longévité que nous savons. Tous les détails de cette mésaventure légendaire, mais aussi de toutes ses apparitions ultérieures, se trouvent dans cet ouvrage. Avec aussi toutes les apparitions radio et télé, et divers accompagnateurs; parmi les meilleurs, le groupe à son service en Angleterre en 1963: les Outlaws avec un déjà stupéfiant Ritchie Blackmore à la guitare, qui le suivit début juin de cette année-là pour ses tout premiers pas en France !
Et aussi les autres participants, y compris anglais (nombreux groupes), à ces périples. Jerry Lee n'est qu'un exemple. Le volume commence par une série de shows mouvementés du grand Lionel Hampton, en octobre - novembre 1956, lorsque son incorporation de rhythm and blues voire de rock and roll dans son spectacle absolument flamboyant lui valut l'opprobre des jazzmen les plus réactionnaires, pour ne pas dire bouchés à l'émeri. Il se termine un peu tristement en décembre 1972 et début 1973 avec les «Buck Ram's Platters»: un groupe factice managé par Buck Ram, qui possédait les droits du nom de groupe, comme une vulgaire marque de lessive; pas un seul des originaux, et nous ne sommes qu'en 1972 ! |
Mais entre ces deux périodes...Quel florilège ! Quel flamboiement ! Tous ces héros qui vinrent y chanter (à deux ou trois exceptions, voir plus bas) y figurent.
On peut suivre les aventures anglaises de Bill Haley et ses Comets, de Charlie Gracie, de Buddy Holly et ses Crickets et Paul Anka (sur deux tournées concurrentes, pendant les trois premières semaines de mars 1958 !), Brenda Lee, Gene Vincent et Eddie Cochran, puis les Bobby Darin, Clyde McPhatter, Duane Eddy, Chubby Checker, Del Shannon, Clarence «Frogman» Henry, Johnny Burnette, Dion di Mucci, Little Richard, Sam Cooke, Chris Montez, Tommy Roe, Roy Orbison (le seul Américain qui tint tête aux Beatles en pleine Beatlemania, que ce soit en tournée avec eux ou dans les charts - chapeau !), Bo Diddley, les Everly Brothers (la tournée 1963 avec les Rolling Stones), Carl Perkins, Chuck Berry, Larry Williams, Johnny «Guitar» Watson, Screamin' Jay Hawkins, Doctor Ross, Wanda Jackson etc.
Ces noms ne sont qu'une petite sélection, sans même avoir le livre sous les yeux alors que j'écris ceci. Un kaléidoscope de tout grands artistes, d'histoires plus captivantes les unes que les autres, de détails pointus qui vous passionneront. |
Si tel ou tel artiste n'est venu que pour une TV ou l'autre sans donner de concerts, il apparaît également; comme Conway Twitty. Les seules absences: Sister Rosetta Tharpe, Muddy Waters et Howlin' Wolf - des artistes de rhythm and blues et blues (Tharpe interprétant du gospel si explosif qu'on peut la rattacher à ce genre), et...Ray Charles. Le spectre aurait pu être étendu à ceux-là (pourquoi Doctor Ross et Hampton et pas Muddy Waters ?), mais un autre recueil de ce type serait bienvenu, en s'étendant aux artistes soul, à commencer par James Brown et Otis Redding.
Les illustrations abondent, comme des photos, reproductions d'affiches, etc. Par exemple, en mars 1963, l'affiche de la tournée Chris Montez - Tommy Roe présente les Beatles tout en bas, avec la mention «Britain's dynamic Beatles»; mais de plus grande taille que l'espace dévolu, plus haut, aux Terry Young Six ou aux Viscounts ! Ne boudez pas votre plaisir: ce travail d'orfèvre est incomparable. Un magnifique voyage dans le temps et dans l'espace.
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LE COIN DU SPÉCIALISTE
Dans sa tournée de mai - juin 1959, Paul Anka n'a pas chanté I Miss You (repris erronément dans l'index également), mais I Miss You So.
Pour la tournée de B.Bumble and the Stingers, qui obtinrent un gros hit instrumental avec Nut Rocker en 1962, Ian Wallis donne la composition du «groupe» (fictif) ! Pas un seul ne jouait sur le disque. L'auteur mentionne seulement «a roly poly pianist» (?), outre les autres musiciens dûment nommés. C'était un certain R.C. Gamble, alors que le pianiste qui a enregistré Nut Rocker était Al Hazan.
La première version rock and roll de ce Casse-noisettes (Nutcracker) de Tchaïkovski a d'abord été gravée par Jack B. Nimble and the Quicks, sous l'impulsion de Kim Fowley.
La tournée anglaise de ces faux B.Bumble and the Stingers commença les 19 et 20 octobre 1962 à la Cavern de Liverpool. L'auteur mentionne une critique d'époque pas trop défavorable, mis à part le chanteur paraît-il déplorable (leur set étant vocal et instrumental). Mais le critique et auteur rock Spencer Leigh a recueilli le témoignage de deux musiciens de Liverpool présents à ces shows à la Cavern: Billy Hatton (à l'époque avec les Fourmost) et Billy Kinsley (Merseybeats). Tous les deux très défavorables. Une autre perspective, plus cruelle... Parue dans Now Dig This d'août 2009.
Le 19 mars 1964, Jerry Lee Lewis était une (super)star du show TV Whole Lotta Shakin' Goin' On , enregistré ce jour-là dans les studios de Granada TV à Manchester, avant d'être diffusé une première fois le 30 septembre 1964. Contrairement à ce qui est spécifié, les Nashville Teens ne l'ont pas accompagné à cette occasion: ils étaient prévus, mais face au caractère excessif et autoritaire voire lunatique du Maître, ils n'hésitèrent pas à l'envoyer paître...et non le contraire ! Ils furent remplacés par les Shouts, le groupe de Gene Vincent à cette époque, pour peu de temps. Mais les Nashville Teens rejoignirent bientôt le Killer, notamment et fameusement pour l'enregistrement de l'album live rock and roll le plus exceptionnel de tous les temps, le 5 avril 1964...
Live at the Star Club Hamburg, bien entendu ! Le chanteur Ray Phillips fut un petit ami d'une toute jeune Marianne Faithfull, mais ici on s'éloigne des Américains !
CHRISTIAN NAUWELAERS (24/11/2009)
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QUELQUES CLASSIQUES DE LIVRES DE ROCK SORTIS PRÉCÉDEMMENT
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Paul Coerten : Dans mon ouvrage Golden Years-rock 70-80 que Peter Gabriel a eu la gentillesse de me préfacer, il a également eu la délicatesse d'écrire ces quelques mots à propos de notre profession :
« En concert, les photographes n'ont à priori pas le beau rôle. Par leur présence au premier rang, ils cassent le lien direct entre le groupe et son public. Et souvent les coups de flash perturbent la concentration. Mais avec le recul, j'ai appris à apprécier leur travail. Je ne peux que leur être reconnaissant d'avoir saisi l'instant et conservé ainsi tous ces témoignages d'une époque. Tel est mon sentiment sur Paul Coerten que j'ai toujours considéré comme un artiste tranquille et discret. »
De 1970 à 1984, Paul Coerten a couvert pas loin de six cents concerts et photographié des centaines de groupes. De cette extraordinaire matière photographique est né Golden Years 70-80. Une véritable perle sur le plan des illustrations. Quatre cents clichés d'une force incroyable. Retour sur des moments magiques avec les plus grands noms de l'Histoire du rock : Queen, Genesis, Led Zeppelin, Clash, Blondie, Pink Floyd, The Who et tant d'autres. ( Éditions Apach) www.goldenyears-book.com
(Jean Jième) |

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Dans Autant en emporte le rock, Jean-Noël Coghe nous entraîne dans la période historique des golden years et y raconte dans le détail ses rencontres, ses coups de coeur et ses aventures avec plus d'une centaine de chanteurs et groupes anglais, américains et français.
Trente années de souvenirs sur les tribulations du rock des pionniers. De Gene Vincent à Rory Gallagher... sans oublier Jimi Hendrix. L'ouvrage fourmille d'informations inédites et se complète de deux CD avec 74 grandes voix du rock. Le premier CD propose un concert inédit de Ange.
Le deuxième présente 74 interviews, de Georgio Gomelsky (premier manager des Yardbirds) à Jerry Lee Lewis en passant par Jeff Beck. Un livre passionnant, bourré de souvenirs inoubliables.
À lire comme un roman. (Castor Astral)
http://www.castorastral.com/collection.php?id_livre=296
( Jean Jième) |
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Dans son livre de souvenirs, Coeur de Rock, Piero Kenroll, jeune rocker des années 60, narre avec humour son long parcours de défenseur de la cause du rock en Belgique. Il a sans doute été le premier à dénoncer le fait que le rock n'avait pas le même droit de cité que la musique classique ou la variété française.
Mis à part, son incontestable intérêt historique, Cœur de Rock décrit à merveille l'état d'esprit d'une certaine jeunesse qui se retrouva confrontée à une décennie exceptionnelle. L'ouvrage couvre la période 1960-1969. (240 pages - quadri - 19,5 x 19,5 cm) - Éditions Apach
(Jean Jième) |
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