FEEL LIKE GOING HOME
Peter Guralnick - Rivage Rouge
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Enfin une traduction française d'un classique de la littérature sur le rock et le blues. Trois parutions originales sont indiquées: 1971, 1989 et 1999. Mais il y en eut au moins une autre, en 2003. Quoi qu'il en soit, il s'agit du premier ouvrage vraiment marquant de ce très grand historien de la musique, un modèle de rigueur et de sérieux qui n'exclut absolument pas la passion et la justesse des analyses musicales, au-delà de la recherche des faits.
L'auteur nous entraîne sur la piste de quelques gloires de la musique populaire, avec des interviews diverses. Auparavant, il nous raconte sa vie de jeune fou de musique à Boston, dès les années cinquante. Au début, avant la découverte marquante de la musique noire: blues et rhythm and blues (James Brown en tête pour ce dernier genre, avant l'avènement du funk), Guralnick et ses copains ne jurent que par Elvis, Jerry Lee, Perkins, Chuck Berry, Fats Domino, Gene Vincent. Pas de Bill Haley (non mentionné) ni même d'Eddie Cochran !
Guralnick nous raconte quelques anecdotes révélatrices datant de sa jeunesse. Au Boston College, les fades et prétentieux folkeux Rooftop Singers, auréolés de leur hit Walk Right In (sur lequel...Claude François s'est précipité pour nous en infliger l'adaptation française, c'est tout dire), refusent de se produire dans le même show que ce vil rock and roller de Bo Diddley ! Au point d'obliger l'organisateur à changer la présentation, en annonçant DEUX shows au lieu d'un...On ajoutera que Walk Right In n'est qu'une reprise, un peu modifiée, d'un titre beaucoup plus ancien. Ce qui montre les préventions existant alors contre le rock and roll, comme chez beaucoup de jazzmen et de jazzophiles, qui vilipendent cette musique toujours montrée du doigt. Même la (vraie) grande Joan Baez a cru devoir écrire, dans son livre de souvenirs, que la mort d'Elvis ne l'a guère touchée...
Pour clore cette digression, rappelons, si nécessaire, que Dylan a toujours adoré le rock and roll et le rockabilly.
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Après une histoire du blues très résumée, Guralnick rend compte de ses rencontres avec l'immense Muddy Waters; Johnny Shines; Skip James; Robert Pete Williams; Howlin' Wolf (à Cambridge); Jerry Lee Lewis; Charlie Rich et divers protagonistes des légendaires disques Chess.
Il faut dire que ces interviews et témoignages datent de la fin des années 60 et du tout début des années 70. Il faut donc les situer dans le contexte de l'époque. Jerry Lee est encore marié à Myra; Guralnick ajoute en post-scriptum seulement l'écho de Rolling Stone du 7 décembre 1970, annonçant le divorce (en mauvais termes) de Jerry et de celle qui a failli être la cause d'une fin très prématurée de sa carrière, à Londres en mai 1958. Cela lorsque la meute médiatique s'est déchaînée contre lui, à cause du trop jeune âge de son épouse-enfant (selon eux) Myra.
Jerry Lee, lors de l'interview de Guralnick, se trouve au sommet de la vague country qui le relance à cette époque. Alors qu'aujourd'hui c'est bien son côté «pionnier essentiel du rock and roll» qui est son image première.
Pour le chapitre sur Charlie Rich, écrit après l'avoir vu dans un club quelconque et non situé géographiquement, le Vapors (probablement à Memphis), Guralnick se livre à son intelligent et sensible mélange des genres habituel. Son compte rendu du moment, en alternance avec l'histoire de l'artiste. Un procédé narratif particulièrement bien adapté à ce type de sujet. Une description de cette soirée un peu routinière, sclérosée avec Charlie qui remplit son contrat, sans plus.
Quelqu'un au talent et au background musicaux particulièrement riches, fan de jazz à l'origine, contrairement à tous ces péquenots qui sont passés, comme lui, par les studios de Sam Phillips dans les années cinquante.
Un rocker de circonstance, non de coeur, d'esprit et de viscères. Mais un immense artiste, chanteur-pianiste sensible et créatif.
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Un peu loser... La fin du chapitre Rich précise qu'il s'envole pour Nashville, le lendemain, pour enregistrer son nouvel album.
«Cette fois, espère-t-il, il va vraiment décrocher un hit.» On imagine l'ironie un peu amère qui sous-tend cette phrase, écrite en 1970. Tous ces artistes qui attendent Godot... L'inatteignable succès qui toujours se défile...
C'est en 1974 que l'on a pu entendre Rich du matin au soir, avec ses deux tubes immenses The Most Beautiful Girl (créé par un certain Norro Wilson) et, dans une moindre mesure, Behind Closed Doors. Comme quoi le cours des choses peut parfois prendre des tours inattendus ! Que Guralnick ne prévoit pas du tout en 1970 !
On suit avec grand intérêt la quête de détective pour trouver un grand bluesman oublié, Robert Pete Williams, dans sa ville de Rosedale en Louisiane.
On constate que le géant Muddy Waters vit simplement à Chicago: toutes les légendes du blues n'ont pas la mégalomanie d'un John Lee Hooker !
Howlin' Wolf est une force brute de la nature, un personnage primaire et génial, du genre «larger than life».
Des intervenants comme Phil Chess et son neveu Marshall (qui vient de prendre les rênes du pouvoir après la vente de Chess à GRT en 1969), ou le grand Willie Dixon et d'autres encore éclairent l'une ou l'autre facette de la richissime histoire de ce fabuleux label Chess Records. Bizarrement ou inévitablement (le personnage n'est pas facile), nul témoignage de Chuck Berry.
Johnny Shines raconte son histoire avec verve. Un bluesman plus «sophistiqué» que d'autres. Skip James, lui, a beau avoir été (re)découvert au festival de Newport en juin1964 (notamment par le futur Canned Heat Henry Vestine), il reste amer et se sent incompris et non apprécié à sa juste mesure. Ce qui est probablement vrai. |
SUN ET UN «PARASOL» MALVENU
« Voilà ce que retient l'histoire, et tout cela paraît désormais curieusement démodé.»
Vous comprenez maintenant ce titre (allégorique) de paragraphe: cette restriction, cette réticence de Guralnick concerne... les légendaires enregistrements Sun d'Elvis, Jerry Lee, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Rufus Thomas !
Aujourd'hui l'éclat du label solaire brille plus fort que jamais et pour toujours dans l'histoire de la musique populaire..
Curieux de penser qu'il y a une quarantaine d'années, le regard d'un Guralnick sur une production aussi séminale que sensationnelle et inimitable ait pu être si décalé. Erroné même. Heureusement qu'il s'est magnifiquement rattrapé depuis, notamment avec sa biographie incomparable du King Elvis ! (Voir chronique sur le site.)
Il est à noter que Guralnick travaille depuis plusieurs années à la saga définitive de Sam Phillips, dont quelques propos sont restitués ici dans ce chapitre, assez laconique, consacré à Sun Records. |
En épilogue de Feel Like Going Home,«note d'un fan» (au singulier) ajoute certains éléments intervenus depuis l'écriture du recueil, qui est émaillé de plusieurs photos de qualité parfois médiocre malheureusement.
Une discographie sélective complète cet ouvrage qui a fait date.
À noter qu'une magnifique série de sept documentaires sur divers aspects du blues a été réalisée par un cinéaste féru de musique, et notamment des Stones. On a pu la voir au cinéma en Belgique il y a quelques années. Elle fut d'abord diffusée en septembre 2003 sur une chaîne de TV américaine publique: PBS, tout simplement la meilleure du monde.
Et dont on se demande quand ses innombrables portraits d'artistes de légende seront visibles chez nous, en dehors de quelques sporadiques éditions en DVD...
Le nom de la saga du blues par Scorcese: Feel like Going Home !
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LE COIN DU SPÉCIALISTE
En préambule, il faut préciser que les standards d'exigence des meilleurs auteurs ont fait des bonds vertigineux depuis quarante ans. On rappelle que Peter Guralnick est un modèle du genre. Les imprécisions et erreurs correspondent à une époque déjà lointaine, sans Internet, et lorsque les connaissances rassemblées et accessibles tenaient encore plus d'un monticule que de l'Everest actuel.
Donc, même nombreux, les commentaires ci-dessous n'enlèvent absolument rien à l'intérêt crucial de Feel Like Going Home, un rapport sur la musique ancré dans une certaine époque: le tournant de la fin des années soixante et du tout début des années 70. Mais la traduction bien actuelle présente l'une ou l'autre faiblesse.
P.24 Turn Me Loose ne veut pas dire «Lâche-moi», mais «Déchaîne-moi» ! Et l'autre succès de Fabian est Tiger, non «I'm A Tiger».
P.25 «Un single à trois dollars» est une traduction erronée de «A single $3 purchase»: un seul achat de disques, pour (un total) de trois dollars ! Ici le traducteur triple le prix des 45 tours américains des années cinquante.
P.29 Guralnick attribue le classique Kansas City à Jim Jackson (?), alors que l'original, intitulé KC Loving, a été créé par Little Willie Littlefield. Avant d'être rebaptisé Kansas City par Leiber and Stoller.
P.30 L'original du fameux Going Up The Country (Canned Heat), par Tommy Johnson en 1928, s'appelait au départ Bull Doze Blues.
P.31 Allusion à un célèbre importateur anglais de disques américains, Treasury of Jazz, établi en France. Et où maints amateurs firent leur miel, un peu comme chez Dobbels à Londres. Il s'agissait de Bert Bradfield, qui opérait en banlieue, à Chatillon sous Bagneux.
Guralnick est venu en France et en Angleterre, plusieurs fois lors des années soixante.
P.32 À ce propos, il mentionne un voyage Rock ! Jive ! Twist !, sur un bateau. C'est Rock Across The Channel, mais qui jamais n'a eu comme destination Bordeaux... Plutôt Boulogne-sur-mer en juin 1963 !
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P.33 Mercy, mercy et non «Have Mercy», par Don Covay.
P.39 Brown-eyed Handsome Man par Chuck Berry ne date pas de 1957; enregistré le 16 avril 1956.
P.41 Love In Vain de Robert Johnson (repris par les Stones sur Let It Bleed); non «All My Love In Vain».
P.43 Erreur de traduction: «son» mentor Ma Rainey (sic)...Une grande chanteuse de blues.
P.77,167 et 240 Muddy Waters: pas au «Sylvio», mais au Silvio's à Chicago.
P.81 Jimmy Rogers, pas Roger.
P.92 Déclaration mal traduite, au pluriel, de Muddy Waters.
Pas «les blues sont toute ma vie»; mais «le blues est toute ma vie».
Pour les Anglo-Saxons, «the blues» (le blues pour nous) est un terme pluriel.
P.92 - 93: tournées anglaises de Muddy Waters en 1958 (la toute première) et 1963.
Plus précisément octobre 1958, et cinq ans après exactement en octobre 1963.
Cette dernière dans le cadre du fabuleux American Folk Blues Festival.
Muddy s'est même produit à Pleyel, à Paris à cette époque.
P.100 Terraplane Blues de Robert Johnson, non «Terraplane».
P.154 San Jose (Californie), non San José (capitale du Costa Rica) !
P.187 Sam Phillips n'a pas conservé Sun Records (il dirigea aussi Phillips International) seulement jusqu'au milieu des années 60: il a vendu son catalogue à Shelby Singleton le premier juillet 1969.
P.189 Hang Up My Rock'n'Roll Shoes «vers 1961», par Jerry Lee: enregistré en juin 1960.
P.201 Jerry Lee Lewis n'a pas écrit les deux faces de son premier disque Crazy Arms/ The End Of The Road, mais la face B seulement. High School Confidential coécrit avec Ron Hargrave, non par Lewis seul.
P.214 June Christy, non June Christie.
CHRISTIAN NAUWELAERS (30/03/2010) |
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35 YEARS OF BRITISH HITS EP's
George White - Music Mentor Books
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George White est le responsable des éditions Music Mentor Books, et le plus grand spécialiste reconnu de Bo Diddley, dont il a signé une biographie qui fait autorité... appelée à être augmentée et remaniée par l'auteur.
Il publie des livres qui explorent la musique populaire rock, rhythm and blues et blues sous toutes leurs coutures. 35 Years Of British EPs explore l'ensemble de la production anglaise de ce que certains appellent les «4 pistes», de janvier 1955 à la fin 1989.
Ce format, si prisé des collectionneurs, est apparu aux États-Unis en 1953, pour y devenir obsolète dès le début des années 60. Les premiers extended-plays anglais sont apparus en 1954. Cet ouvrage de référence examine les classements de ces disques dans les charts anglais. Mais il n'a pas été possible à George White de nous fournir ces résultats de façon linéaire.
La revue professionnelle Record Retailer a donné un classement spécifique «Top EPs» de mars 1960 à décembre 1967. La meilleure base. Quid des autres années ? White a utilisé les charts de singles du Record Mirror, avant cette période; certains extended-plays, peu nombreux, y ont été classés.
Mais pour les années suivantes, il se sert de ceux du Record Retailer (1968 - 1969) et Music Week pour les années de renaissance du EP. C'est un format qui retrouve une petite nouvelle jeunesse, grâce à la renaissance des disques vinyles, et des platines éventuellement modernisées et adaptées aux nouveaux supports, comme la clé USB. |
Au total, quelques surprises. Comme ils ont débuté à l'âge d'or du format EP, il semble à première vue - je laisserai à d'autres le soin d'examiner cela en détail - que Cliff et les Shadows, et les Shadows seuls aient vendu plus de «4 pistes» que les Beatles !
Si ces considérations purement statistiques, qui passionnent certains, vous laissent indifférents, il vous suffit d'aimer la musique de cette époque pour apprécier malgré tout 35 Years Of British EPs . Les pochettes sont reproduites, avec le track listing; quel que soit le succès rencontré ou non par le disque traité dans ces pages.
Un intéressant inventaire donc, unique en son genre, et recommandé...Mais cette appréciation devient plus ou moins inutile, puisque tout ce qui est chroniqué (sélectivement) sur ce site correspond à de hauts standards d'intérêt et de qualité !
CHRISTIAN NAUWELAERS
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AMERICAN ROCK'N'ROLL - The UK tours 1956 - 1972
Ian Wallis - Music Mentor books
C'est en 2003 qu'un fanatique et spécialiste de très longue date du rock and roll des pionniers, Ian Wallis, s'est fendu d'un livre de référence essentiel, chez un éditeur renommé dans ce genre: Music Mentor books.
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Il s'agit d'une étude extraordinairement détaillée, et à peu près complète, de toutes les tournées et visites anglaises effectuées par des rockers (et assimilés) américains, entre 1956 et 1972, au Royaume-Uni. Un pays qui s'est révélé une bien perfide Albion en mai 1958, lorsqu'une presse déchaînée, féroce parfois au pays de la chasse à courre, a failli briser net la carrière du phénix Jerry Lee Lewis Il a réussi à s'en remettre avec le brio, la maestria et la longévité que nous savons. Tous les détails de cette mésaventure légendaire, mais aussi de toutes ses apparitions ultérieures, se trouvent dans cet ouvrage. Avec aussi toutes les apparitions radio et télé, et divers accompagnateurs; parmi les meilleurs, le groupe à son service en Angleterre en 1963: les Outlaws avec un déjà stupéfiant Ritchie Blackmore à la guitare, qui le suivit début juin de cette année-là pour ses tout premiers pas en France !
Et aussi les autres participants, y compris anglais (nombreux groupes), à ces périples. Jerry Lee n'est qu'un exemple. Le volume commence par une série de shows mouvementés du grand Lionel Hampton, en octobre - novembre 1956, lorsque son incorporation de rhythm and blues voire de rock and roll dans son spectacle absolument flamboyant lui valut l'opprobre des jazzmen les plus réactionnaires, pour ne pas dire bouchés à l'émeri. Il se termine un peu tristement en décembre 1972 et début 1973 avec les «Buck Ram's Platters»: un groupe factice managé par Buck Ram, qui possédait les droits du nom de groupe, comme une vulgaire marque de lessive; pas un seul des originaux, et nous ne sommes qu'en 1972 ! |
Mais entre ces deux périodes...Quel florilège ! Quel flamboiement ! Tous ces héros qui vinrent y chanter (à deux ou trois exceptions, voir plus bas) y figurent.
On peut suivre les aventures anglaises de Bill Haley et ses Comets, de Charlie Gracie, de Buddy Holly et ses Crickets et Paul Anka (sur deux tournées concurrentes, pendant les trois premières semaines de mars 1958 !), Brenda Lee, Gene Vincent et Eddie Cochran, puis les Bobby Darin, Clyde McPhatter, Duane Eddy, Chubby Checker, Del Shannon, Clarence «Frogman» Henry, Johnny Burnette, Dion di Mucci, Little Richard, Sam Cooke, Chris Montez, Tommy Roe, Roy Orbison (le seul Américain qui tint tête aux Beatles en pleine Beatlemania, que ce soit en tournée avec eux ou dans les charts - chapeau !), Bo Diddley, les Everly Brothers (la tournée 1963 avec les Rolling Stones), Carl Perkins, Chuck Berry, Larry Williams, Johnny «Guitar» Watson, Screamin' Jay Hawkins, Doctor Ross, Wanda Jackson etc.
Ces noms ne sont qu'une petite sélection, sans même avoir le livre sous les yeux alors que j'écris ceci. Un kaléidoscope de tout grands artistes, d'histoires plus captivantes les unes que les autres, de détails pointus qui vous passionneront. |
Si tel ou tel artiste n'est venu que pour une TV ou l'autre sans donner de concerts, il apparaît également; comme Conway Twitty. Les seules absences: Sister Rosetta Tharpe, Muddy Waters et Howlin' Wolf - des artistes de rhythm and blues et blues (Tharpe interprétant du gospel si explosif qu'on peut la rattacher à ce genre), et...Ray Charles. Le spectre aurait pu être étendu à ceux-là (pourquoi Doctor Ross et Hampton et pas Muddy Waters ?), mais un autre recueil de ce type serait bienvenu, en s'étendant aux artistes soul, à commencer par James Brown et Otis Redding.
Les illustrations abondent, comme des photos, reproductions d'affiches, etc. Par exemple, en mars 1963, l'affiche de la tournée Chris Montez - Tommy Roe présente les Beatles tout en bas, avec la mention «Britain's dynamic Beatles»; mais de plus grande taille que l'espace dévolu, plus haut, aux Terry Young Six ou aux Viscounts ! Ne boudez pas votre plaisir: ce travail d'orfèvre est incomparable. Un magnifique voyage dans le temps et dans l'espace.
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LE COIN DU SPÉCIALISTE
Dans sa tournée de mai - juin 1959, Paul Anka n'a pas chanté I Miss You (repris erronément dans l'index également), mais I Miss You So.
Pour la tournée de B.Bumble and the Stingers, qui obtinrent un gros hit instrumental avec Nut Rocker en 1962, Ian Wallis donne la composition du «groupe» (fictif) ! Pas un seul ne jouait sur le disque. L'auteur mentionne seulement «a roly poly pianist» (?), outre les autres musiciens dûment nommés. C'était un certain R.C. Gamble, alors que le pianiste qui a enregistré Nut Rocker était Al Hazan.
La première version rock and roll de ce Casse-noisettes (Nutcracker) de Tchaïkovski a d'abord été gravée par Jack B. Nimble and the Quicks, sous l'impulsion de Kim Fowley.
La tournée anglaise de ces faux B.Bumble and the Stingers commença les 19 et 20 octobre 1962 à la Cavern de Liverpool. L'auteur mentionne une critique d'époque pas trop défavorable, mis à part le chanteur paraît-il déplorable (leur set étant vocal et instrumental). Mais le critique et auteur rock Spencer Leigh a recueilli le témoignage de deux musiciens de Liverpool présents à ces shows à la Cavern: Billy Hatton (à l'époque avec les Fourmost) et Billy Kinsley (Merseybeats). Tous les deux très défavorables. Une autre perspective, plus cruelle... Parue dans Now Dig This d'août 2009.
Le 19 mars 1964, Jerry Lee Lewis était une (super)star du show TV Whole Lotta Shakin' Goin' On , enregistré ce jour-là dans les studios de Granada TV à Manchester, avant d'être diffusé une première fois le 30 septembre 1964. Contrairement à ce qui est spécifié, les Nashville Teens ne l'ont pas accompagné à cette occasion: ils étaient prévus, mais face au caractère excessif et autoritaire voire lunatique du Maître, ils n'hésitèrent pas à l'envoyer paître...et non le contraire ! Ils furent remplacés par les Shouts, le groupe de Gene Vincent à cette époque, pour peu de temps. Mais les Nashville Teens rejoignirent bientôt le Killer, notamment et fameusement pour l'enregistrement de l'album live rock and roll le plus exceptionnel de tous les temps, le 5 avril 1964...
Live at the Star Club Hamburg, bien entendu ! Le chanteur Ray Phillips fut un petit ami d'une toute jeune Marianne Faithfull, mais ici on s'éloigne des Américains !
CHRISTIAN NAUWELAERS (24/11/2009)
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QUELQUES CLASSIQUES DE LIVRES DE ROCK SORTIS PRÉCÉDEMMENT
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Paul Coerten : Dans mon ouvrage Golden Years-rock 70-80 que Peter Gabriel a eu la gentillesse de me préfacer, il a également eu la délicatesse d'écrire ces quelques mots à propos de notre profession :
« En concert, les photographes n'ont à priori pas le beau rôle. Par leur présence au premier rang, ils cassent le lien direct entre le groupe et son public. Et souvent les coups de flash perturbent la concentration. Mais avec le recul, j'ai appris à apprécier leur travail. Je ne peux que leur être reconnaissant d'avoir saisi l'instant et conservé ainsi tous ces témoignages d'une époque. Tel est mon sentiment sur Paul Coerten que j'ai toujours considéré comme un artiste tranquille et discret. »
De 1970 à 1984, Paul Coerten a couvert pas loin de six cents concerts et photographié des centaines de groupes. De cette extraordinaire matière photographique est né Golden Years 70-80. Une véritable perle sur le plan des illustrations. Quatre cents clichés d'une force incroyable. Retour sur des moments magiques avec les plus grands noms de l'Histoire du rock : Queen, Genesis, Led Zeppelin, Clash, Blondie, Pink Floyd, The Who et tant d'autres. ( Éditions Apach) www.goldenyears-book.com
(Jean Jième) |

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Dans Autant en emporte le rock, Jean-Noël Coghe nous entraîne dans la période historique des golden years et y raconte dans le détail ses rencontres, ses coups de coeur et ses aventures avec plus d'une centaine de chanteurs et groupes anglais, américains et français.
Trente années de souvenirs sur les tribulations du rock des pionniers. De Gene Vincent à Rory Gallagher... sans oublier Jimi Hendrix. L'ouvrage fourmille d'informations inédites et se complète de deux CD avec 74 grandes voix du rock. Le premier CD propose un concert inédit de Ange.
Le deuxième présente 74 interviews, de Georgio Gomelsky (premier manager des Yardbirds) à Jerry Lee Lewis en passant par Jeff Beck. Un livre passionnant, bourré de souvenirs inoubliables.
À lire comme un roman. (Castor Astral)
http://www.castorastral.com/collection.php?id_livre=296
( Jean Jième) |
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Dans son livre de souvenirs, Coeur de Rock, Piero Kenroll, jeune rocker des années 60, narre avec humour son long parcours de défenseur de la cause du rock en Belgique. Il a sans doute été le premier à dénoncer le fait que le rock n'avait pas le même droit de cité que la musique classique ou la variété française.
Mis à part, son incontestable intérêt historique, Cœur de Rock décrit à merveille l'état d'esprit d'une certaine jeunesse qui se retrouva confrontée à une décennie exceptionnelle. L'ouvrage couvre la période 1960-1969. (240 pages - quadri - 19,5 x 19,5 cm) - Éditions Apach
(Jean Jième) |
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