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ROCK BELGE / ALBUM SOUVENIRS

 

LES FRANGINS (1961-1978)

 

Extraits de l'interview de Georges Bréval, leader des Frangins

 

Bob Bertoli, Luis Gomez, Georges Bréval, Louis Gillis dit Gil.

 

Georges Bréval : J'ai débuté comme guitariste-chanteur, accompagné par des musiciens différents avant d'être remarqué par l'orchestre de Lou Pascal. Comme à l'époque, fleurissaient un peu partout des groupes de twist, j'ai décidé de former avec trois copains un ensemble qui s'est initialement appelé : G. Boy, vite rebaptisé en Frangins ce qui sonnait tout de même mieux.

 

R.P. : Les Frangins ont été aux Cousins ce que furent les Chaussettes Noires aux Chats Sauvages, les seuls qui auraient pu prétendre au titre de groupe numéro un. Existait-il une rivalité entre vous ?

 

Georges Bréval : Pas du tout. nous étions mêmes liés par une grande amitié. La preuve en est que j'ai remplacé un musicien des Cousins à l'occasion d'un gala. Un autre membre de l'orchestre a même réalisé pour moi une chambre d'écho avec un enregistreur, ce qui était formidable pour l'époque. Je ne pense pas que cela aurait été possible entre les Chats et les Chaussettes.

 

 

 

 

Louis Gillis, Georges Bréval, Bob Bertoli, Luis Gomez (1961)

 

Concours pour le meilleur twisteur de Belgique - (Hôtel Metropole janvier ou février 1962)

R. P. : Les débuts furent-ils laborieux ?

 

Georges Bréval : Nous avons débuté à la salle Régina à Saint Gilles avec une formation de twist classique composée de trois guitares : Louis Gomez au solo, Louis Gillis à la basse et moi à l'accompagnement plus Bob Bertoli à la batterie. Début 62, on a eu la chance de participer au Grand Championnat de Belgique de Twist.

Il y avaient deux compétitions : une pour élire le meilleur orchestre de twist de Belgique et l'autre pour récompenser le meilleur twisteur. On a eu la chance de remporter la palme avec B.B.Twist, gravé sous le label Hebra. A partir de cet instant, les choses ont bougé très vite pour nous. On était lancé et les contrats n'ont plus arrêté.

 

Jean-Claude Vandecauter (un ami d'enfance de J.Jième) et sa partenaire.

 

R.P : Quel est ton meilleur souvenir de tes débuts ?

 

Georges Bréval : Il y en a effectivement une qui me laisse un souvenir extraordinaire. Alors que nous étions en première partie de Johnny Hallyday au Grand Magasin de la Bourse, celui-ci, après le spectacle me dit : Nous avons bien travaillé, on pourrait aller faire une petite virée dans des boîtes de Bruxelles? Aussitôt dit, aussitôt fait. Il est parti chercher sa voiture, une grosse Américaine décapotable et il est revenu accompagné de deux filles superbes que je ne connaissais pas. A quatre, nous avons fait la tournée des dancings de la Porte de Namur tout en buvant quelques verres... Les filles se prénommmaient Catherine et Françoise et elles étaient soeurs. Peu de temps après, j'ai découvert dans la presse qu'il s'agissait de Catherine Deneuve et de Françoise Dorléac.

 

 

Les grands magasins de la Bourse ont réalisé quatre poupées à nos effigies.

 

R.P. : Vous avez joué très régulièrement au Casino de Knokke?

 

Georges Bréval : Nous avons été pendant sept ans l'orchestre attitré du Casino où nous avons animé avec un égal bonheur les après-midis à la Réserve, puis la Grande Salle et à partir de 22 heures le night club Bagatelle avec mon ami Edouard Caillau. Nous avons ensuite succédé aux Chakachas, les créateurs du fameux Eso es el amor (#1 BEL, 1958).

 

Un jour Maurice Chevalier qui était la vedette du Casino est venu nous entendre à la Réserve après son spectacle et il a tenu à nous féliciter. Un moment inoubliable. Une autre fois, nous avons accompagné Englebert Humperdinck dont nous avons repris Am I That Easy To Forget (ad. G. Delécluse-B. Berck) sous le titre C'est si facile de dire "je t'aime" (v.o. et ad. en 1968).

 

R.P. : Durant la saison, vous avez également essaimé toutes les plages de la côte belge?

 

Georges Bréval : On a fait la tournée de toutes les stations balnéaires de la côte en se trimballant sur un podium mobile. Un jour à Wenduine, le temps était superbe. Nous jouions devant une véritable foule, l'ambiance était électrique.

 

Nous étions séparés par une barrière de protection plus que sommaire. A un moment donné, les spectateurs déchaînes se sont avancés vers nous. Ils ont poussé avec une telle force, qu'ils ont enfoncé la barrière, ainsi que le podium, qui a failli s'écrouler. Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre pour que nous ne nous retrouvions pas en bas de la digue, c'est à dire dans la flotte.

 

R.P. : Quel était votre cadence de prestations et de galas annuels ?

 

Georges Bréval : Chaque début d'année, j'offrais aux membres du groupe un agenda avec quatre-vingt à cent dates déjà signées. Mais bien entendu, d'autres engagements s'ajoutaient au fil des mois. Une année, un soir de réveillon, on s'est produit à la salle Régina , ensuite dans le Grand Magasin de la Bourse et enfin dans une soirée à Braine-le-Comte. Une nuit très agitée et très fatiguante.

 

L'orchestre Les Frangins, lors d'une prestation dans le Club les Cousins.

 

 

R.P. : N'y a-t-il pas eu un dancing qui se soit appelé les Frangins à Bruxelles ?

 

Georges Bréval : C'est Jean-Paul Wittemans du Club les Cousins qui avait eu l'idée d'ouvrir ce nouveau dancing à notre nom. Très vite c'est devenu notre quartier général avec d'ailleurs la salle Régina.

 

On avait l'habitude d'y répéter en présence de nombreux fans et amis, ce qui nous permettait de recueillir des réactions à chaud et d'ainsi tester nos nouveaux titres. C'était un peu notre Fan-Club.

Georges Bréval : Notre plus gros succès reste Furia, suivi par Ave Maria no Morro et de Stalactite. Ce morceau est d'ailleurs devenu l'indicatif d'une émission de José Georges sur les ondes de Radio-Liège. Furia a également servi d'indicatif pour la RTB, de même que La petite sieste que nous avons enregistré pour Michel Lemaire de Radio Namur. Et bien sûr B.B.Twist et Twist Party de nos débuts.

 

La petite sieste est une très jolie chanson écrite et chantée par Pierre Perret. Michel Lemaire l'aimait bien et voulait l'utiliser pour démarrer ses émissions. Mais une chanson ne peut véritablement servir d'indicatif. Un jour, il a évoqué son souhait et nous lui avons proposé d'en faire une version instrumentale. Comme les auditeurs l'ont réclamée, nous avons fini par la sortir en 45 tours.

 

Les Frangins à la télé (RTB)

R.P.: Combien de temps a duré l'épopée des Frangins?

 

Georges Bréval. : A peu près dix-huit ans puisque nous avons débuté en 1961 et joué régulièrement jusqu'en 1978. Puis une certaine lassitude s'est installée, du moins chez certains d'entre nous. A mon grand regret, j'ai dû refuser plusieurs offres très alléchante : comme faire partie de la traversée Amsterdam-New-York en tant qu'orchestre attitré sur le paquebot.

 

Ou encore assurer la tournée de tous les Hilton dans le monde avec des escales de six mois dans chaque grande ville. Il n'y avait qu'à apposer notre signature au-bas des contrats. Mais certains ont préféré préserver leur vie de famille. Ce qui est compréhensible.

 

Tout ceci ne nous a pas empêché de nous retrouver encore souvent et de rejouer ensemble. Ce fut le cas, récemment à l'occasion de la prépension de Louis Gillis.Une soirée mémorable. D'ailleurs nous sommes prêts à recommencer. Que ce soit pour animer une boum ou un gala de bienfaisance les Frangins répondront toujours présents.

 

DISCOGRAPHIE

 

Stephan Koenig, animateur radio avec Georges Bréval

 

 

Disco complète (Stephan Koenig)

CD ARIOLA EXPRESS 7432188372: sortie le 14/08/1995: "Georges Bréval et Les Frangins" Embarquez! (1962) / St. Tropez Twist (1962)/ Fais-ça pour moi (1963) / Stalactite (1974) / Je n'attends que toi (1965) / Sous un ciel de vacances (1969) / Telstar (1965) / Avec moi, avec toi (1964) / Ave Maria No Morro (1963) / C'est si facile de dire "je t'aime" (1968) /  E viva la fiesta (1977) / Pour ceux qui s'aiment (1968) / C'est fragile (1965) / Prison d'amour (1968) / La petite sieste (1974) / Laissons le temps (1974) / Pipeline (1977) / Furia (1964)

 

(sorti en aout 1995)

Le CD Souvenirs 60/70 sorti chez Ariola Express Belgique date de août 1995. Il ravive bien des souvenirs en offrant des titres judicieusement compilés, qui traduisent bien l'esprit des Frangins. Cet ensemble increvable n'hésite jamais, le temps d'une soirée, à retrouver les planches pour le plaisir avec un répertoire qui n'a décidément pas pris une ride.

 

 

 

 

 

Article rédigé par Robert Piedboeuf et publié dans Club des années 60 - (remanié).

 

 

Site officiel des Frangins et de Georges Bréval : http://www.lesfrangins.be