CHRONIQUE 1960-1965

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Livres-Artistes-Rock

 

1969 - Année Rolling Stones - Let It Bleed

 

- Elvis Le King en devenir (P.Guralnik)

- Elvis - Last train to Memphis-Careless Love (P.Guralnik)

 

- La France et les

Beatles (Hocquet-Krasker)

 

- Johnny et Nous : 50 ans de rock (J.Q. Gérard)

- Johnny Sixties (J.P. Leloir)

- Hallyday-Derniers secrets (Przybylski)

 

Rock'n'Romance : Nanette Workman

 

-Chuck Berry - Long distance information (Fred Rothwell)

 

Livres-Auteurs-Rock

 

-Feel like going home (P.Guralnik)

- 35 years of British hits LP's (George White)

- American Rock'n roll - UK Tours 1956-72 (Ian Wallis)

- Coeur de Rock (Piero Kenroll)

- Golden Years (Paul Coerten)

- Autant en emporte le rock (J.N.Coghe)

 

Concerts

 

-James Burton au Spirit 26/04/2010

 

- Paul Anka - Forest National 21/11/2009

 

-Cliff Richard- Forest National 8/11/2009

 

DVD

 

- Dusty Springfield

 

- Paul Anka - Rock Swings - 2009

 

- Cliff Richard - Final Reunion - 2009

 

 

 

 

 

LIVRES - ARTISTES - ROCK

 

ROCK 'N' ROMANCE - NANETTE WORKMAN

(avec Mario Bolduc)    Éditions Libre Expression

 

par CHRISTIAN NAUWELAERS

 

Workman-Bolduc (photo : Jacques Migneault)

 

Nanette Workman

Une vie rock and roll, voilà ce que nous propose cette autobiographie canadienne parue en 2009, et qu'un éditeur français ferait bien de distribuer ici.

 

Nanette Workman est née en 1945 dans le Bronx, d'un père trompettiste et d'une mère choriste qui abandonne ses activités à son mariage. Nanette passe ses jeunes années à Jackson, dans le Mississippi. Elle se produit en public dès 1949, comme une enfant prodige du spectacle.
Des premières télés locales suivent : Teen Tempos, lors des années cinquante. Passées loin de la population noire de la ville, dans un cadre où la ségrégation paraît encore logique et dans l'ordre des choses. Ce qui ne l'empêche pas, heureusement, d'être élevée dans un brouet de musiques diverses. Elle dévoile un parcours professionnel et personnel incroyablement riche et sinueux.


Venue tenter sa chance à New York, elle subit... un viol le 8 février 1965, onze mois après son arrivée dans la Grosse Pomme. Un choc terrible qu'elle parvient à surmonter.


Participation à la comédie musicale How To Succeed In Business Without Really Trying. Puis elle se trouve plongée dans un univers plus «hip». Elle fréquente un établissement ouvert par un roi du twist: Joey Dee ! Le Starliter Lounge. Que ne fréquentent pas que des teenagers, loin de là...
Les mafiosi y ont leurs habitudes. Et la poudre parle parfois...quand elle ne s'inhale pas. Apprentissage de la coke pour la jeune et très belle chanteuse longiligne et irrésistible. Dans un autre club de la grande ville électrique, le Rolling Stone, elle chante du rock. Parfois avec les Young Rascals ! 

 

LES YÉ-YÉS DE LA BELLE PROVINCE

Ce que le lecteur découvre avec amusement voire une certaine stupeur, c'est que le phénomène dit «yé-yé» (la manie des adaptations systématiques en français des succès anglo-saxons) envahit le Canada francophone, tout autant que la France ! Avec la même dénomination, mise à toutes les sauces comme on sait: le yé-yé.


Elle fait équipe sur le plan personnel et professionnel avec un fameux chanteur canadien, bientôt producteur: Tony Roman. Qui lui met le pied à l'étrier pour sa première époque de chanteuse professionnelle.


Au début Nanette enregistre des titres français...en phonétique. Comme une version de Et Maintenant, une merveille bien connue de Bécaud.
Nanette part pour des semaines en tournée avec Roman en mars 1966, et apparaît maintes fois à la télévision canadienne. Cela à partir d'avril 1966, dans Jeunesse Oblige.

Et Tony Roman crée son propre label: les disques Canusa.


Nanette, chanteuse émérite et déjà expérimentée, est nommée Révélation féminine 1967. Et son premier LP triomphe.

 

Petit intermède américain ensuite, dont une apparition dans le Pat Boone Show en 1967, peu après... Pink Floyd !
Janvier 68, une rencontre Dick Rivers/Tony Roman au Midem...qui laisse un souvenir cuisant au troisième larron du rock français !


Retour au Canada; on rêverait de découvrir ces émissions tellement dans l'air du temps d'alors (idéaliste et créatif en diable, plein d'optimisme) auxquelles Nanette apporte son talent et sa beauté ravageuse. Elles s'appelaient Fleurs d'amour, Fleurs d'amitié. L'esprit de San Francisco souffle partout !


DES STONES À JOHNNY


Le grand virage de sa carrière et de sa vie commence en novembre 1968. Le producteur anglais Richard Armitage obtient l'accord de celui de Nanette, Tony Roman, pour la représenter en Angleterre et en Europe.
Aux studios Olympic de Londres, Nanette remplace une choriste malade pour l'enregistrement du nouvel album des Stones Let It Bleed. Elle côtoie donc Madeline Bell et Doris Troy pour ce job de rêve. Quant à Jagger et les autres, rien de scandaleux: ils la traitent avec respect et amitié.

 

Anecdote qui me semble inédite (sauf erreur !): pour Country Honk, version «roots» de Honky Tonk Women, Jagger interroge Nanette sur sa ville d'origine. Et les paroles de cette version-là deviennent : I met a gin-soaked barroom queen in JACKSON ! Nanette se met à fréquenter le gratin du rock anglais, dont Roger Waters. Elle vit à cent à l'heure.

 

Des sessions nombreuses pour Nanette, en général avec les deux autres grandes choristes américaines: Doris Troy et Madeline Bell. Tom Jones, Billy Preston, Edwin Hawkins Singers, Ringo Starr, Badfinger etc.
Elle dévoile des histoires inconnues et très amusantes, comme avec Lennon pour sa prestation à Power To The People
Mars 1971, elle assure les chœurs pour un album londonien de Johnny, qui continue à ne jurer que par l'Angleterre: Flagrant Délit. Coup de foudre immédiat. C'est Nanette qui rame un peu, pour une fois...pas longtemps !

 
JOHNNY CIRCUS...DANS TOUS LES SENS DU TERME

 

Johnny a succombé au charme vénéneux, mais aussi purement artistique de la jeune Américaine surdouée. Il l'invite dans ses shows comme le Palais des Sports 1971, à la télévision française, et lui fait enregistrer un 45 tours.
Chris Kimsey et Lee Hallyday produisent l'album de Nanette Grits and Cornbreads. Mais c'est surtout la saga délirante du Johnny Circus à laquelle les fans de Johnny associent Nanette Workman.

 

Un été 1972, avec une caravane folle lancée sur toutes les routes de France, pour présenter Johnny... et Ange en première partie sous chapiteau. Une aventure infiniment séduisante et totalement dans l'air du temps 1972, mais qui va connaître un déroulement de plus en plus chaotique. La drogue dure est une compagne permanente. Certains shows sont annulés. D'autres se déroulent devant des publics très clairsemés. Au final, un gouffre financier qui handicape Johnny pour longtemps.
Et le chanteur finit par laisser tomber brutalement la chanteuse, dont il renonce même à produire un album. Promesse jamais tenue, sous la pression de Sylvie dont Johnny n'est pas du tout prêt encore à se séparer, malgré les feux de la passion. Un terme «passion» qui retrouve son sens étymologique : la souffrance.

 

AVANT ET APRÈS JOHNNY

 

Suite à ces tribulations, Nanette retourne au Canada. Elle devient...une reine du disco. Mais cela non sans revenir en France à l'occasion, pour chanter dans Starmania en 1978 notamment, puis douze ans plus tard dans La Légende de Jimmy, d'un Jérôme Savary totalement envoûté par la poitrine généreuse de Diane Tell. Cette dernière se voit mise en valeur bien plus que Nanette, à qui certains ne pardonnent pas encore sa réputation de briseuse du couple Hallyday.

 

Son récit comporte de nombreuses aventures musicales dans divers genres (disco, hard rock, blues), des tourments et souffrances (décrochage très douloureux des drogues dures, trois avortements, un incendie de sa maison canadienne)... 


Mais Nanette est une légende, honorée le 2 avril 2000 au Mississippi Music Hall Of Fame.

Aux côtés de BB King, John Lee Hooker, Jerry Lee Lewis, et Elvis à titre posthume. Excusez du peu !


Aujourd'hui Nanette éprouve un amour toujours aussi intense de la vie et de la musique.
Une immense artiste à (re)découvrir, par son patrimoine discographique et par ce livre.


Qui comporte de nombreuses photos. Plusieurs avec des stars comme Johnny, Bill Wyman, Peter Frampton, John Paul Jones (du Led Zep) etc.

 

Une discographie, auquel manque un seul titre, enregistré en 1998 à Paris, pour l'album-concept Holly Days (EMI) du grand Boris Bergman (des adaptations de titres du Texan légendaire par des artistes divers): On S'Prend Des Claques, une version de That Makes It Tough

 


LE COIN DU SPÉCIALISTE

 

Plusieurs mentions de la comédie musicale How To Succeed in Show Business. La vedette étant Michelle Lee selon Nanette...Mais au début, au 46th Street Theatre à partir du 14 octobre 1961 (donc plus de deux ans avant son arrivée à New York), c'était Bonnie Scott.
P.18 et 19  Rudy Vallee pas Vallée (...ne pas confondre avec Jean !).
P.30 On A Slow Boat To China, titre exact de «Slow Boat To China».
P.52 Jamais les Beatles n'ont assuré une première partie d'une tournée européenne de Joey Dee !
P.74  The Monkees et non «Monkeys».
P.98  Orthographe particulière pour Paint it, Black des Stones. On oublie toujours la virgule, qui met l'accent sur la noirceur.
P.175 Johnny beaucoup moins connu au Canada, les trois petites erreurs qui suivent tout à fait pardonnables...
Son premier disque sorti non en janvier 1960, mais le 14 mars; sa tentative de suicide le 10 septembre 1966, non en fin d'année; la collaboration avec Mallory ne commence qu'en 1972. Flagrant Délit, l'album de Johnny qui a vu la rencontre à haute tension de Johnny et Nanette, était l'album de Philippe Labro, parolier marquant.

 

 
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CHUCK BERRY - LONG DISTANCE INFORMATION   

Fred Rothwell  -  Music Mentor Books - 2001

 

par CHRISTIAN NAUWELAERS

 

 

Ce livre de référence est une pierre angulaire de toute bibliothèque rock digne de ce nom. Il s'agit d'un ouvrage exceptionnel sur l'immense Chuck Berry. Après un court rappel biographique, Fred Rothwell nous détaille les...nonante-trois sessions d'enregistrement du Chuck !  Depuis son tout premier disque comme guitariste de Joe Alexander and the Cubans, dans un style latino que l'on retrouva de temps à autre plus tard dans son oeuvre - Havana Moon par exemple- ( c'était en août 1954 sur le petit label de St Louis Ballad Records) jusqu'aux dernières en date, celles d'août 1998 au Danemark pour un obscur album du label Pyramid. Cela compte non tenu de quelques rares trouvailles récentes, visibles sur le web et qui figureront sûrement sur une version actualisée du livre.

 

Tout y est: les dates, les musiciens, des foules d'explications pointues mais passionnantes sur les chansons. Outre ce travail de titan, l'auteur nous gratifie d'une discographie qui ne prétend pas à une totale exhaustivité, celle-ci étant le domaine du spécialiste mondial numéro un de Berry, Morten Reff. Les classements de Chuck dans les charts américains et anglais ne manquent pas à l'appel. Pas plus que des listes d'apparitions importantes au cinéma et à la télévision.

 

Amis fans belges, vous trouviez-vous le 6 février 1965 au studio Universal à Waterloo ? Si oui, vous avez eu le bonheur d'assister à l'enregistrement d'une émission miraculeusement conservée dans les archives ertébéennes, et diffusée le 11 mai: Face Au Public. Chuck magnifiquement filmé par le regretté réalisateur et cinéaste français Serge Leroy, avec des musiciens belges dont Willy Donni, Roger Van Haverbeke et feu le très fameux Willy Albimoor.

 

Le meilleur passage audiovisuel de lui que je connaisse, avec des accompagnateurs qui restituent le son et le swing si spécifiques de Chess Records avec un talent époustouflant. Ce n'est pas omis dans le travail de bénédictin de Rothwell, aidé par de nombreux collectionneurs et aficionados il est vrai ! Toutes ses télés n'y sont pas, notamment ses deux premières en France (je pense au Music-Hall de France de 1965 tourné à Montrouge, et au fameux Pop 2 de1972 - pour la première diffusion - capté au festival de Montreux que Chuck honora alors de sa présence avec ses vieux compères Bo Diddley et Willie Dixon).

 

Toutes ces infos viendront en leur temps, cet ouvrage étant essentiel mais pas définitif. Rothwell a établi une liste de vidéos et DVD disponibles, qui s'est étoffée depuis la parution de cette première édition (2001). Voyez le site de l'éditeur, par ailleurs le biographe de BO DIDDLEY, George White. http://go.to/musicmentor                                                                                       

 

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THE BEATLES : LA FRANCE ET LES BEATLES     

Jean-Claude Hocquet et Éric Krasker - Éditions Séguier

 

par CHRISTIAN NAUWELAERS

 

Dans le milieu international, et non seulement français, de la Beatlemania d'aujourd'hui, les deux auteurs Éric Krasker et Jean-Claude Hocquet sont connus comme...deux loups blancs ! Krasker a signé en 2003 une époustouflante Enquête sur un mythe (Séguier), consacrée aux premières années des Beatles, à Hambourg principalement. Il sera bientôt question de la version anglaise, adaptée et augmentée, sur votre site.

 

Son acolyte Hocquet est l'auteur du Guide de la Discographie Originale Française des Beatles dès 1991. Krasker met sa formation d'historien au profit de sa passion, dont il nous fait profiter, ainsi que les médias français, dont il est devenu le consultant français incontesté au sujet des Fab 4; comme ce fut encore le cas en septembre 2009, lors de la grande opération «999» que nous savons, pour la réédition de toute l'oeuvre magistrale des toujours Fab 4. 

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Beatles memoire 60

Divers articles et chroniques d'Éric Krasker ont en outre paru dans des supports anglo-saxons aussi sérieux et réputés que Record Collector, Beatles Unlimited ou Discoveries, pour ne citer que ceux-là. Il ne me paraît pas inutile de livrer ces quelques précisions au sujet de ces deux spécialistes; trop de livres français sont de médiocres copies d'ouvrages anglais ou américains, souvent lestés d'erreurs et d'imprécisions, outre des traductions plus souvent défectueuses qu'à leur tour.

 

Ce volume-ci s'inscrit résolument dans le super haut de gamme. Toutes les moindres nuances de tous les 45 tours français, super 45 tours, 33 tours s'y trouvent. D'innombrables reproductions impeccables de pochettes (recto et verso), de documents divers, d'articles s'y trouvent. Toutes les explications des photos de pochette abondent en détail et avec précision. Les dates de sortie aussi exactes que possible ne manquent pas, non plus que des feuilles de production, autrement dit des documents internes discographiques, qui auparavant n'avaient jamais été mis à la disposition du public. Y compris en ce qui concerne leur tout premier label, Polydor Allemagne (label surnommé à Paris «Polydor la maison qui dort», mais c'était à l'époque où les Beatles faisaient bondir les résultats financiers d'EMI) !

 

Incroyable de pouvoir observer l'«Aufnahmeprotokoll» pour Cry for a shadow, leur instrumental apparemment parodique crédité aux «Beat Brothers», en stéréo ! Avec la date du 7 novembre 1961... On trouve aussi des documents à mi-chemin entre les feuilles professionnelles et les revues commerciales: Pathé Marconi nouvelles, devenu à la fin des années 60 International News Pathé Marconi

 

Le tout dernier visible dans ce livre indispensable est celui du 14 mai 1970, qui présente ce qui devait être leur tout dernier album. Vraiment amusant de se souvenir que Twist And Shout a pu paraître, à l'origine, sous la dénomination française Twiste Et Chante (variante, information absolument cruciale ici: Twiste & Chante !). Je pense qu'il est inutile de m'étendre à l'infini : cet ouvrage de bénédictins est parfaitement unique en son genre. Hautement recommandé, voire obligatoire !

 

 

 

 

 

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