HE NON malgré son rôle prédominant dans l'évolution musicale actuelle, malgré sa personnalité déjà proche de la légende, David Bowie n’est pas parvenu à remplir « Forest-National » deux jours de suite. On évoquera les circonstances qui ont fait qu’aucun concert n’a jamais vraiment marché en juin : examens, football, beau temps etc…Mais il est aussi bon de se rappeler que lors de son précédent passage chez nous, le beau David était loin d’avoir convaincu tout le monde sur scène, et il faut le reconnaitre que c’est sans doute encore le cas cette fois-ci.
Oh ! attention pour le vrai fan, pas de problème, pas de déception non plus. La prestation de Bowie peut facilement se ranger dans la catégorie de la « performance-professionnelle-totalement maîtrisée. » Il sait ce qu’il veut, et il l’obtient.
En fait tout le problème est là… On sait que Bowie est un compositeur génial, on sait que son répertoire regorge de morceaux d’une variété incroyable : il est bon musicien, il s’entoure d’excellents musiciens ; il est esthète, son light-show est particulièrement soigné…il n’a pas une faille. Il est un peu trop parfait.
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Et il donne l’impression de se draper dans sa perfection. S’il est souriant, il reste distant. Il ne recherche pas le contact avec le public. C’est à peine s’il s’adressera deux fois à lui durant sa prestation de dimanche. Pour lui annoncer l’entracte et pour dire merci.
Bowie est un créateur, un excellent chanteur, un type bourré d’idées originales, mais sur scène, il n’est simplement pas à la hauteur. Il est bon, très bon, il impose le respect, l’admiration, peut-être : mais l’enthousiasme… ? Cela se sentait dans la réaction du public : les applaudissements étaient nourris mais manquaient de chaleur.
Le concert s’est déroulé en deux paries de cinquante minutes et deux rappels. Le répertoire était extrêmement varié : allant des extraits des derniers albums, dont les instrumentaux, avec le compositeur aux claviers, aux vieux hits, tels « Ziggy Stardust », « Jean Genie », « Rebel Rebel », etc…en passant par « Fame » et l’assez inattendu « Moon Of Alabama ». Il n’y eut pas un temp mort, tout était réglé au quart de poil, un show professionnel.
(Article paru dans Télémoustique N° 2734)
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