LES GRANDS FESTIVALS POP EN BELGIQUE
JAZZ-BILZEN FESTIVAL
14-15-16-17 AOÛT 1975
ONZIÈME ÉDITION
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BILZEN N'EST PAS UN PAPILLON ÉPHÉMÈRE
Le 25 octobre 1974, Fons Coch accueille, comme à chaque exercice, les membres de l'Assemblée Générale de l'asbl Jazz Bilzen, dont il est le président. Il en profite pour rendre hommage à tous les participants qui se sont investis lors du festival de l'an dernier.
Selon lui, le bilan de cette 10 ème édition se solde par des résultats essentiellement positifs. Ainsi loue-t-il tout particulièrement l'attitude digne du public qui a su faire preuve d'écoute et de retenue. Il remercie également les différents membres de son comité de direction pour son excellente gestion de l'événement.
Toutefois tout le monde ne voit pas les choses sous cet angle idyllique. Il suffit de lire ces quelques lignes issues du rapport du conseil ( AG 11/74 ) :
« L'aspect ludique de l'événement a quasiment disparu. Désormais les membres de l'association doivent s'investir de manière considérable. Ils doivent, eux-mêmes, trouver les débouchés commerciaux indispensables à la survie du projet. » Ou encore : « Nous nous trouvons une nouvelle fois face au même dilemme que l'an passé : continuer ou renoncer. »
Fons Coch rétorque : « Le festival de Bilzen qui est en passe de connaître sa onzième édition demeure un exemple bonne organisation. Tous ceux qui ont essayé de le copier en Belgique ou dans les pays voisins n'ont fait que pâle figure comparé à lui. Ou alors ces événements ont carrément disparu. Bilzen n'est donc pas un papillon éphémère.
On passe au vote. Le résultat ne fait aucun doute. Une majorité se prononce pour la mise en chantier de l'édition qui se déroulera en août 1975.
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MISE EN CHANTIER DE BILZEN 1975
Dès octobre 1974, l'équipe se met au travail pour préparer l'édition 75. Diverses améliorations sont proposées comme : une meilleure signalisation de l'accès au site du festival, l'ajout de billetteries dans le centre ville, des panneaux plus nombreux prônant l'interdiction des bouteilles en verre, l'impression de cartons d'invitations pour les VIP, la constitution d'équipes chargées d'assurer un service d'ordre discret mais efficace.
L'accent est également mis sur la résolution de l' éternel problème de la logistique : montage du matériel sur scène et respect des horaires de prestation des artistes.
Toutefois une question cruciale demeure : avec qui entamer un partenariat pour la future organisation ?
Certains estiment qu'il vaut mieux faire cavalier seul, et donc prendre tous les risques financiers, d'autres penchent pour l'association. Mais avec qui ?
Durant un moment, le comité envisagea de travailler avec l'hebdomadaire Humo, mais les négociations n'aboutirent pas.
En novembre, afin de maintenir une cohésion (parfois délicate) avec ses membres actifs, Fons Coch décida de ne plus procéder à de nouvelles adhésions.
Ainsi refusa-t-il désormais d'inclure dans l'organisation des sociétés commerciales, pourtant indispensables à la survie du festival.
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Pour marquer un grand coup, il décréta que, dorénavant, le conseil de gestion se réunirait les mardis de chaque semaine et que trois absences non motivées entraîneraient de facto la démission du membre.
Des tâches bien spécifiques furent dévolues aux membres les plus motivés qui se répartirent en plusieurs petits groupes :
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À g: Fokkie (Alphonse Coch Jr), le fils du président A.Coch sr. |
Jan Coch : programmation des artistes, responsable podium, son et lumières.
Jos Bosch : activités annexes, groupes amateurs, projection de films, adeps, expos.
Jean-Pierre Schorpion : presse et publicité.
Jean Fagard : exploitation commerciale.
Dolf Nijsen : infrastructure, terrains, accueil, sanitaires, caisses, éclairage secondaire, camping.
Jan Biesmans : sécurité.
Johan Sauwens : activités annuelles.
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LE TORCHON BRÛLE ENTRE FONS COCH
ET LION PROMOTIONS
Entre Fons Coch et l'agence Lion Promotions, les relations ne semblent pas s'être apaisées depuis l'année précédente. Malgré de nouveaux accords relatifs à la gestion et à l'organisation du plateau des artistes, les deux parties se rejettent mutuellement la faute sur le manque de transparence des comptes.
Ludo Debruyn s'en expliquera plus tard dans la presse : « Une fois de plus le comité directeur de l'asbl Jazz Bilzen nous a laissé prendre tous les risques. Le coût du plateau des artistes s'étant porté à un million trois cent mille francs (32.500 €), notre agence a dû avancer plus de cinquante pour cent de cette somme à titre d'acomptes pour garantir leur venue.
S'il y avait eu des pertes nous aurions été les seuls à devoir les supporter, alors que l'accord entre les parties stipulaient un partage des bénéfices et des risques à fifty-fifty.
Finalement, ce n'est que début octobre, qu'une première tranche fut versée. Le décompte définitif se fit attendre encore plusieurs mois. En bout de course, j'ai dû finalement laisser tomber une part de mes bénéfices ».
Le président Coch riposta aussitôt par voie de presse:
" Les « frères Ludo » de Lion Promotions étaient sensés ne s'occuper que de l'engagement des vedettes pop tandis que nous nous chargions de organisation pratique du festival et de l'engagement des musiciens de jazz.
Nous n'avons jamais été tenu au courant du montant des cachets des vedettes pop. Cela a créé un climat de méfiance entre nous. Et la situation n'a pas arrêté de se dégrader. Au moment du partage des bénéfices, les « Ludo » ont eu l'impression de se faire rouler. Le litige s'est finalement réglé devant les Tribunaux ».
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Le divorce entre les deux clans s'avère donc définitif.
Jan Coch se trouve donc dans l'obligation de reprendre son baton de pélerin. Il se rend plusieurs fois à Londres dans le but de retisser des liens avec les principales agences artistiques pop.
Cette fois, le conseil de gestion de l'asbl Jazz Bilzen exigea d'avoir un regard sur les contrats signés avec ces agences.
UN FESTIVAL RAMENÉ À TROIS JOURS
Pour des raisons financières, le festival en revint à une formule de trois jours, le jeudi étant réservé aux orchestres amateurs (dans laquelle Jazz Bilzen ne s'investit pas)
Pour bien marquer la différence entre la pop et le jazz, le conseil décida que désormais les concerts de jazz se donneraient au centre ville (espace Pabilo), répondant ainsi aux demandes répétées des commerçants.
Il en fut de même pour toutes les autres activités connexes (films, ateliers, expos, etc). Elles-aussi, se déroulèrent au centre ville pour le plus grand bonheur des cafetiers, bouchers, boulangers, épiciers.
Sur le plan publicitaire, vingt-huit panneaux d'affichage furent loués dans la région, des milliers de folders furent distribués, des encarts furent publiés dans les principaux journaux régionaux et une vaste campagne d'affichage fut réalisées auprès des commerçants des provinces de Flandre et de Liège.
Les dépenses globales pour l'opération atteignirent la coquette somme de quatre millions trois cent trente-cinq mille francs (108.000 €).
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CHOISIR ENTRE BILZEN OU ORANGE ?
Compte rendu de Piero Kenroll
(article paru dans Télémoustique)
Bien sûr, cette année, il y avait Orange. Organisé soit dit en passant par la même équipe belge (celle de Lion Promotion), à qui l'on doit le programme de Bilzen des deux années précédentes. Cette année-ci, il y a eu de l'eau dans le gaz entre le comité organisateur de Bilzen et l'agence Lion. Cette dernière est dont allée rugir ailleurs. À Orange, en l'occurrence. Et tout ça était bien tentant : la Provence, le soleil, un programme légèrement supérieur à celui de Bilzen, et il y avait même, paraît-il, des déplacements en cars, organisés à partir de Bruxelles.
Mais Bilzen, tout de même, c'est Bilzen, hein ! On ne laisse pas tomber un vieux copain fidèle pour une jolie Française. Elles ont d'ailleurs la réputation d'être des allumeuses. Si Orange se perpétue, on verra l'année prochaine. |

En attendant, dans la meilleure tradition de Télémoustique, voici l'habituel compte rendu d'un festival qui est solide comme le rock. Onze ans d'existence. Qui dit mieux ?
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PROGRAMME DU FESTIVAL
Compte rendu de Piero Kenroll
(article paru dans Télémoustique)
JEUDI 14 AOÛT
10-20 Hr : FESTIVAL DES GROUPES AMATEURS
20-24 Hr : FINALE AU PABILO
12 Hr. Cette année-ci, le concours d'amateurs a lieu le jour qui précède l'ouverture des hostilités. Ça me permet donc d'aller un peu voir ce que les « espoirs » belges permettent d'espérer. Hum ! Eh bien, pas grand-chose, les gars. Une fois de plus, ce concours se révèle un bel étalage de médiocrité. Néanmoins, comme c'est gratuit et au centre du village, il y a tout de même quelque huit cent personnes qui assistent à ça avec l'enthousiasme d'un troupeau de vaches regardant passer les trains.
Je vous cite quelques noms, que je mettrais dans la catégorie « acceptables » pour vous prouver que j'ai tenu le coup jusqu'au bout. TRANSIT : un trio des environs de Liège, musique assez originale, du relief, mais manque de présence sur scène. RAKE'S PROGRESS de Bruxelles ; enfin une chanteuse ! Les musiciens ont de la « gueule », chouettes harmonies vocales, répertoire varié, compositions élaborées, mais manque d'énergie et de mise en scène. PLUTO : des Flamands qui font du sous Status Quo, mais qui ne le font pas mal. Décontractés et bien au point, mais manque total d'originalité.
Durant l'après-midi, on apprend que LOU REED ne viendra pas et qu'il serait remplacé par IKE AND TINA TURNER. C'est plutôt inattendu. La très dynamique Tina remplaçant le mort-vivant du rock, on aura tout vu. Certaines mauvaises langues suggèrent que c'est parce qu'elle joue le rôle de « l'Acid Queen » dans «Tommy »... Ah ! ah ! très drôle !
Le concours d'amateurs se traîne jusqu'à 20 Hr, l'assistance grossissant petit à petit, à mesure que les « festivaliers » arrivent.
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Back stage - Collection Jazz Bilzen
21 H 30 : Un groupe bénéficie d'un statut spécial dans le concours. ARCH, de Bruxelles, dont je vous ai déjà parlé, qui ressemble au Yes d'il y a trois ans sans claviers. Il passe « en soirée » et bénéficie ainsi de l'éclairage et d'un public qui doit maintenant approcher les quinze cent personnes. Ce favoritisme s'excuse facilement. De toute façon, il est techniquement des kilomètres au-dessus des autres. Mais qui a besoin d'une copie du Yes ?
La journée s'achève tranquillement. Au ciné du patelin, on joue Help , Alice's Restaurant, Let The Good Times Roll, Concert For Bangla Desh, Heavy Traffic et Gimme Shelter ... Sur les trottoirs, ceux qui viennent à Bilzen pour se saoûler la gueule roupillent béatement. Je vais en faire autant...
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VENDREDI 15 AOÛT
14-24 Hr : FESTIVAL POP ( DELL)
Pluto (vainqueur du concours des groupesamateurs)
Earth and Fire
Climax Blues Band
Caravan
Mahavishnu Orchestra & John Mc Laughlin
Wishbone Ash
Ike & Tina Turner
HEURE APRÈS HEURE
10 Hr : On commençait à être tellement habitués au soleil cet été que je m'aperçois que j'oubliais de vous donner le bulletin du temps.
Hier, c'était O.K. Mais ce matin, un timide clin d'œil du soleil, le vent s'est levé. Le ciel est devenu tout gris. Et les freaks sont inquiets quand ils lèvent le nez en l'air.
Toute la journée sera incertaine.
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Quelques gouttes tomberont même, mais, en fin de compte, la soirée sera belle.
14 Hr : C'est finalement PLUTO qui a gagné le concours. Le groupe reçoit comme toute récompense le droit de jouer sur le grand podium. Ce qui lui fait une belle jambe. Surtout que comme l'entrée se fait au super-ralenti. Le plus gros de la foule n'est pas encore à l'intérieur qu'ils ont déjà terminé leur prestation.
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EARTH AND FIRE
Earth and Fire - copyright jeanschoubs
15 Hr : EARTH AND FIRE. Oui, le groupe hollandais joue un jour plus tôt que prévu. Une majorité d'extraits de son dernier album. Mellotron, guitare léchée et ruée des photographes vers la très jolie chanteuse Jenney Kaagman. Dommage que le groupe ait ce rôle ingrat d' «ouvrir» le festival ! Pour ma part, je l'ai trouvé le plus agréable, musicalement, de la journée. To The World Of The Future est vraiment une belle réussite et passe très bien sur scène. Si Earth And Fire ne comporte pas exactement de « show- man », tout le monde joue tout de même avec beaucoup de feeling. |
CLIMAX BLUES BAND - CARAVAN -
SOFT MACHINE - MAHAVISHNU ORCHESTRA

Climax Blues Band - copyright jeanschoubs
16 H 20 : CLIMAX BLUES BAND. Ils portent bien leur nom, ceux-là. Simple blues-rock avec un long solo laborieux pour chaque musicien. Un bon groupe de festival parce qu'il chauffe pas mal. Ils doivent être habitués. Z'ont même apporté un immense calicot avec leur nom pour être sûr que ceux du fond tout là-bas voient bien à qui ils ont affaire. Boaf ! On apprécie sur le moment, et c'est tout de suite oublié.
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17 H 50 : CARAVAN. La bonne surprise de la journée! J'ai à peine reconnu le groupe. On l'a déjà vu plusieurs fois en Belgique, et c'était loin d'être enthousiasmant. Mais cette fois, c'est beaucoup plus énergique et enlevé que ça ne l'a jamais été.
Il y a notamment des contrastes très bien exploités entre la voix haute et frêle de Pye Hastings (guitare) et celle, nerveuse et mordante, de Mike Wedgwood (basse). Rien à voir avec la prestation du groupe à Bilzen l'année passée.

Caravan - collection Jazz Bilzen
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Voilà un groupe qui semble avoir beaucoup évolué tout d'un coup. Il s'en faut de peu qu'il décroche le premier rappel de la journée. Le public n'est en effet pas très chaud jusqu'à présent. Et j'aime autant ça.
Finalement quand tout le monde est rappelé, ça n'a plus aucun sens.
19 Hr SOFT MACHINE : Qu'est ce qu'ils foutent là, ceux-là ? Le jazz, c'est pour dimanche, non ? Vous connaissez mon parti pris vis-à-vis de ce groupe. Que je considère comme le truc le plus vide et pelant qui ose se qualifier de rock. Je n'insisterai donc pas, si ce n'est pour dire que je n'ai pas changé d'avis.

John Etheridge de Soft Machine -
copyright jeanschoubs
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 Mahavishnu Orchestra - copyright jeanschoubs
21 H 15 : MAHAVISHNU ORCHESTRA. Trahison ! On est refait sur la quantité. Je m'imaginais voir le Mahavishnu à onze comme la dernière fois à Forest-National, où c'était bien chouette. Voilà-t'y pas que Mc Laughlin s'emmène seulement avec Ralphe Armstrong (basse), Michael Walden (batterie) et Stu Goldberg (claviers). Et c'est la tasse. Ça, après Soft Machine. Il faut se le farcir ! Les longues improvisations instrumentales un quart d'heure, c'est chouette, mais après, ça devient laborieux. Même quand c'est fait par d'aussi bons musiciens que ceux-ci. Aucun des morceaux grandioses du dernier passage du Mahavishnu chez nous. Des galopades le long des cordes et des touches. Techniquement super fort, mais rien de plus. Rappel tout de même. Et apparition de Steve Harley, qui vient applaudir dans un coin de la scène. |
WISBONE ASH

Wisbone Ash - copyright jean schoubs
23 H 05 : WISHBONE ASH. Si Caravan est mieux et Mahavishnu moins bien par rapport à leurs précédentes visites. Wishbone s'assure le statu quo. Martin Turner a un nouveau gadget : un micro relié à sa guitare, qui nous vaut un effet spécial plutôt difficile à décrire. Ça fait plutôt «bwoinc» que «woing». Les yeux fermés, le petit nouveau, Laurie Wisefield, avec sa tête d'enfant de Murillo, fait palpiter les cœurs féminins qui ne sont pas trop éloignés de la scène. La foule se lève pour Blowin' Free. Mais je me demande si ce n'est pas parce qu'il commence à faire frisquet et que danser un peu réchauffe. Ca se termine par un feu d'artifice. Vraiment. On le tire de derrière la scène. Difficile à réaliser en salle, évidemment. Rappel, bien sûr. Qui résiste à un pareil bouquet ?
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IKE AND TINA TURNER
1 H 10 : Il fait plus frais ? Comptez sur TINA TURNER pour vous réchauffer. En fait, elle n'arrive qu'à 1 H 40.
On a d'abord droit à trois morceaux par les FAMILY VIBES, le très honnête groupe de Mister Turner ; à trois morceaux par les IKETTES, qui sont bien jolies elles aussi ; et à l'arrivée d'IKE. TINA débute avec Do You Like Soul Music ? et, ma foi oui, répond le public.
Surtout quand cette « soul-music » est accompagnée d'un show pareil. Même si on n'aime pas vraiment ça, il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie la chorégraphie des Ikettes. Dans le genre, c'est de loin la meilleure. Elles ont en tout cas de plus belles jambes que Lou Reed !
Lou Reed qui, lui, a été remplacé au pied levé par Ike et Tina Turner qui tournaient en Europe à ce moment. Ils ont demandé 550.000 francs, en plus de la location des instruments, le groupe étant monté dans l'avion sans rien. C'est Fokkie, le frère de Jan Coch qui travaillait à la Sabena, qui les a accueillis avec un coffre plein d'argent.
2 H 20 : C'est la fin du rappel de la famille Turner et la fin du programme du vendredi. Gros succès de foule. Tous les records d'affluence sont battus. Il y a bien plus de monde que l'année passée. Mais on attend encore un vraiment « grand moment ».
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Tina Turner - copyright jeanschoubs
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SAMEDI 16 AOÛT
14-24 Hr : FESTIVAL POP ( DELL)
Arch (vainqueur du concours groupes amateurs)
Blue Rock
Pell Mell
Alberto y Lost Trios Paranoias
John Cale
Sailor
Steve Harley & Cockney Rebel
12 H : Pas fameux, le ciel ce matin. Il a plu un petit peu pendant la nuit, et les nuages galopent.
14 H : ARCH : présenté lui aussi comme vainqueur du concours amateurs. Très au point, comme je vous le disais. Il fait son petit Yes et puis s'en va.
14 H 45 : BLUE ROCK « le » groupe belge du festival. En grande forme. Particulièrement Denis Van Hecke, le violoncelliste.
Je n'avais pas remarqué auparavant qu'il chantait si bien.
Tout ça est vraiment très dynamique, et si la prestation du groupe n'avait pas été gâchée par une photographe qui se baladait sur scène et était ainsi la personne qui « bougeait » le plus, Blue Rock aurait pu faire un malheur.
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Il a tout de même eu droit à un rappel et un succès d'estime patriotique (il a été jusqu'à jouer la Brabançonne façon rock), mais s'il avait plus de présence sur scène, il irait beaucoup plus loin.

Denis Van Hecke
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PELL MELL

Pell Mell - copyright jeanschoubs
15 H 55 : PELL MELL. Ce groupe allemand se situe entre P.F.M. et Ekseption. Il reprend des thèmes classiques connus et en fait des arrangements très personnels.
Formation : violoniste-flûtiste, guitariste-chanteur, claviériste, bassiste, batteur. J'ai beaucoup aimé, bien que ce ne soit pas vraiment extraordinaire, mais ce fut le premier groupe à être applaudi durant un morceau pour autre chose qu'un solo. Beaucoup de climat. À surveiller. Quoique son rappel n'était pas du meilleur goût.
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ALBERTO Y LOST TRIOS PARANOIAS
Albert Y Lost Trios Paranoias - collection Jazz Bilzen
17 H : ALBERTO Y LOST TRIOS PARANOIAS. Tenez-vous bien, c'est le premier groupe cette année à vraiment enthousiasmer la foule. Et c'est vachement mérité. Ils sont sept ou huit avec des têtes pas possibles et la chose la plus hilarante depuis le Bonzo Dog Band. Il faudrait deux pages pour vous raconter la moitié des gags. Il y a des parodies de Bowie, de Beefheart, du Who.
C'est irrésistible. "Le" groupe à courir voir dès qu'il revient en Belgique. Il en est question pour Ie« Beurschouwburg ». Pour la première fois cette année, la foule est débout pour faire une ovation. O.K. c'est « la » révélation de Bilzen '75. Merci, petit Jésus. |
JOHN CALE
John Cale - copyright jeanschoubs
19 H : Crac, ça y est ! Le petit Jésus nous balance la drache nationale sur le ciboulot. Et pas une frêle ondée. Une solide douche. A tel point qu'il y a un court-circuit qui fait tout péter. Plus de musique, plus de lumière, et John Cale qui était prêt ne passera qu'à...
20 H : JOHN CALE. La pluie s'est un peu calmée, mais reviendra tout de même à l'assaut malgré cette phrase de Cale : « Si Dieu fait encore pleuvoir, je lui fais un procès ». John Cale, c'est un peu Kevin Ayers sans le côté sophistiqué. Même genre de voix et style de musique voisin. Un excellent Chris Spedding à la râpe soutient tout le bazar, tandis que John se partage entre le piano et la guitare. Il a une façon déroutante de décomposer sa musique, qui fait un peu Beefheart aussi. Pas vraiment un showman, il ne manque cependant pas de magnétisme et nous balance un formidable Heartbreak Hotel en finale et en s'écroulant. Excellent. A revoir aussi dans une salle le plus vite possible. |
SAILOR
Sailor - copyright jeanschoubs
21 H 40 : SAILOR. Personne n'est infaillible. Connaissant sa popularité en Hollande et, vu le nombre de Hollandais présents, je le pronostiquais « grand moment » du festival ; ça a failli tourner au désastre. Oh ! pas à cause du groupe. Mais une partie du public lui était carrément hostile. « Peut-être parce que nous portons des costumes de marins », m'a dit ensuite Georg Kajanus.
Je crois plutôt que leur genre musical était un peu trop « spécial » pour un public qui n'avait pas encore eu sa dose de « hard rock ». Z'auraient dû passer en journée folk.
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STEVE HARLEY AND COCKNEY REBEL
Cockney Rebel - copyright jeanschoubs
23 H 30 : STEVE HARLEY AND COCKNEY REBEL. Écrasant ! Je crois qu'il est grand temps de cesser de ne voir en Steve Harley que le super-prétentieux de service. Sa prestation à Bilzen a laissé tout le monde baba. Même ceux qui, au départ, n'étaient pas chauds-chauds. Qui se serait attendu à ça ? C'est peut-être le plus gros succès d'un artiste en onze ans de festivals.
À la fin de sa prestation, la foule entière chantait le refrain de Tumblin' Down. Seule, alors que le groupe avait déjà quitté la scène. C'était extraordinaire. Vraiment. Harley et Cockney Rebel ont ridiculisé tout ce qui était passé avant eux dans le festival par une prestation qui reléguait les autres têtes d'affiche au rang de bons petits groupes intéressants.
Il faut dire que depuis son dernier passage chez nous (à Anvers), le groupe a atteint une cohésion et une maîtrise à peine croyables. Il y a eu des moments instrumentaux d'une intensité telle que Mc Laughlin lui-même ferait bien d'en prendre de la graine.
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Et surtout il y eut Steve Harley en personne. Phénomène de la scène. Fascinant. Irrésistible. Au troisième morceau, il avait la foule en main. Paralysée, hypnotisée. Qui peut captiver la foule de Bilzen au point que même dans le fond autour des buvettes, etc... tout s'arrête soudain ?
L'égo d'Harlay doit être satisfait, le Saint-Esprit se serait soudain matérialisé sur scène que les spectateurs n'auraient pas réagi autrement. On a beaucoup ri de la vanité de Steve. Mais il doit savoir que rit bien mieux celui qui rit le dernier. Et il n'y a pas de doute que ce soit lui pour le moment.
Il y a de quoi, croyez-moi. Steve Harley et Cockney Rebel ont non seulement sauvé le festival de Bilzen cette année en lui apportant une apothéose inattendue, mais ils sont actuellement sur scène un des cinq meilleurs groupes du monde. Il fallait le voir pour le croire. Si vous n'étiez pas à Bilzen, je vous souhaite de le faire bientôt. |
DIMANCHE 17 AOÛT
14-19 Hr : APRÈS-MIDI FOLK ( DELL)
Consey Pass Highway (vainqueur du concours)
Kandahar
Roland
Saffron
Fairport Convention & Sandy Denny

Fairport Convention and Sandy Denny - collection Jazz Bilzen
14 H : Il a plu toute la matinée, mais, miracle, revoilà le soleil.
14 H 30 : LAZY. Encore un vainqueur du concours amateur. Hollandais, paraît-il. Rock-blues. Avec un gros chanteur à la voix forte. Rien de terrible en tout cas.
15 H : Un groupe folk, amateur lui aussi, au nom tellement compliqué que je l'ai tout de suite oublié. Mais sa musique est tellement anodine que vous ne ratez pas grand-chose.
15 H 45 : KANDAHAR : un groupe belge qui a sorti un L.P. intéressant, mais qui, hélas ! manque totalement de panache sur scène. C'est d'autant plus dommage que ce sont de solides musiciens et que leur répertoire est assez varié. Il commence avec des instrumentaux assez jazzy et se termine par quelques morceaux majestueux, bien soulignés au mellotron. Autre erreur : le chanteur-pianiste qui a une très bonne voix n'est pas assez exploité.
16 H 30 : ROLAND : un vieil habitué de Bilzen, celui-là, et sans doute le musicien belge le plus professionnel et le plus complet. Folk, blues, jazz, rock, head, hard, il est à l'aise partout, et une heure en sa compagnie s'écoule très agréablement. Et il se taille un beau succès. Surtout après son solo d'harmonica, qui reste son instrument de prédilection.
17 H 50 : SAFRON : une chanteuse blonde et souriante, sorte de Joni Mitchell du pauvre. Elle s'accompagne à la guitare, et est bien gentille, et un rien soporifique. Ressemble à deux mille autres chanteuses du même genre.
19 H 15: FAIRPORT CONVENTION. Eh oui, pas plus de Tom Rush que de beurre en broche. C'est la défection inexpliquée de la journée, mais personne ne s'en soucie beaucoup.
FAIRPORT est là et clôture le festival en beauté. Les ballades alternent avec les jigs, et pour celles-ci tout le monde danse. C'est gai. Chouette ambiance. Juste ce qu'il faut. Mais comme le groupe paraît mou à côté de Steeleye Span, qu'on a vu dernièrement à Bruxelles.
Sandy Denny prend du poids et de l'âge. Elle n'arrive pas à la cheville de Maddy Prion Fairport me fait de plus en plus penser à un bon groupe de bal. Mais répétons-le, pour un festival, c'est vraiment O.K. Gros succès et allégresse générale.
Et voilà, Bilzen 1975 n'a certainement pas été un des meilleurs côté musique, mais il sembla avoir battu tous les records d'affluence. Ça nous vaudra peut-être mieux la prochaine fois... |

Karel Bogard de Kandahar - copyright jeanschoubs |

Roland - copyright jeanschoubs |

Saffron - copryright jeanschoubs |
14-24 Hr : JAZZ À BILZEN (PABILO)
Cos
Foundy River Red Bullet Jazz Band • J. P. Belleck Quintet
Open Sky Unit
Kenny Clarke Quartet
Chris Hinze Combination
Pork Pie
Cousin Joe Pleasant from New Orleans
 Foundy River Red Bullett Jazz Band - Jazz Bilzen
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Cos - copyright jeanschoubs |

Kenny Clarke - copyright jeanschoubs |

Pork Pie - Philip Catherine
copyright jeanschoubs |

Cousin Joe - copyright jeanschoubs |
Réalisation et mise en page : Jean Jième
avec la collaboration de Jazz Bilzen et Bilisium
Extraits du livre Jazz Bilzen traduits par
Emeric Rezsöhazy
 
1965- 1981 (420 bladzijden)
Het boek over Jazz Bilzen is momenteel nog te koop bij de dienst Toerisme van de stad Bilzen in Alden Biesen, in het Stadhuis op de Markt in Bilzen en in cultuurcentrum de kimpel, eikenlaan 25 in Bilzen. De verkoopprijs is 39.50 euros. Het boek kan ook verstuurd worden.
Rekeningnummer 001-4574210-57
IBAN: BE 09 00145742 1057
T. 089 51 95 33 - 0478 57 21 10 - jeanpierre.poesen@bilzen.be |
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