ROCK BELGE / ALBUM SOUVENIRS
JENGHIZ KHAN (1970 -1972)
Biographie officielle racontée par Piero Kenroll
 JENGHIZ KHAN : Friswa et Chris Tick. Derrière : Rémy Bass et Tim Brean
PIERO KENROLL ÉVOQUE SA RENCONTRE
AVEC JENGHIZ KHAN
(Interview de Piero Kenroll réalisée par J.Jième)
J.Jième : Dans quelles circonstances as-tu rencontré les quatre musiciens qui allaient plus tard former le Jenghiz Khan ?
Piero Kenroll : En 1965, à deux pas de la Grand Place, je fais la découverte d'une sorte de café-concert baptisé Rocking Center, lieu exclusivement réservé au rock. Le patron, Albert Dumortier, un vrai fana, s'occupe déjà de trois excellents orchestres belges : Les Partisans, Les Night Rockers et Stroff and the Jay Five. Très rapidement, les trois formations se font remarquer tant à Bruxelles, qu'au Golf Drouot à Paris et même en Allemagne, où Albert les envoie en tournée dans les clubs d'Hambourg. Je fraternise avec les musiciens des Partisans, Jacky Mauer, Rémi Bass, Marc et surtout avec Friswa qui deviendra très vite un grand copain.
Après avoir été engagé comme journaliste au magazine Télé Moustique pour la rubrique rock, je suis un jour invité à un concours de groupes amateurs en Wallonie en tant que membre du jury. Je fais ainsi la connaissance d'un trio qui s'appelle le Tim Brean Group dans lequel on retrouve Christian Servranckx à la batterie, Mick Hart à la basse et Tim Brean au clavier et au chant. Ce trio me laisse une grosse impression. Je décide donc de voter pour eux. Mais ils sont tellement originaux et tellement au-dessus de la moyenne des autres orchestres de bal qu'ils ne remportent évidemment pas le concours.
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Je m'en vais de ce pas trouver Tim, sympathise avec les musiciens et leur explique qu'un de mes rêves consisterait à m'occuper d'un groupe à part entière. Comme j'ai des tas d'idées de textes, je leur propose une rencontre à Bruxelles pour en discuter.
Ils ont besoin d'un guitariste. Je leur présente Friswa. D'emblée ça colle avec Tim et Christian, mais beaucoup moins avec Rémi. Friswa estime qu'il ne s'investit pas assez dans les répétitions et qu'il manque de punch.
Les répétitions commencent. Durant des semaines, les musiciens travaillent d'arrache-pied dans la maison des jeunes de Berchem-Ste Agathe. Je collabore avec eux en leur fournissant des textes et des paroles en anglais. Sur le plan musical, je me débrouille comme je peux, car je n'ai jamais étudié le solfège. Jour après jour, nous nous constituons un répertoire solide. |
 
5 septembre 1970 à Huy - Remy Bass et Tim Brean au Puzzle à Bruxelles
PREMIERS CONTACTS AVEC PIERRE RAEPSAET

The Tenderfoot Kids |
Piero Kenroll : A la même époque, des membres du Pop Hot Club de Liège attirent mon attention sur un groupe de la région qui s'appelle Laurelie et qui vient de sortir un album des plus prometteurs. Après écoute des morceaux, je décide de prendre contact avec eux. Et là, surprise, je tombe sur Francis Dozin, leur chanteur, que je connaissais depuis longtemps puisqu'il s'était produit, quelques années auparavant, au Club des aigles avec son groupe Sincerity.
A son tour, Francis me présente Eric Vion, leur producteur, qui fatalement me fait rencontrer Pierre Raepsaet, le compositeur attitré du groupe. Pierre est né à Verviers, il est loin d'être un inconnu. On lui doit notamment le mini-hit Time is up, une composition qu'il a écrite pour le groupe liégeois les Tenderfoot Kids , très populaire mais auquel il aurait fallu un grain de folie supplémentaire. Mais ce n'est pas une critique. Entre Pierre et moi, ça a tout de suite bien fonctionné. Il aimait ce que je proposais comme type de collaboration et moi j'étais en admiration devant sa créativité musicale. |

Jenghiz Khan avec Raepsaet - A droite : Pierre |
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Big Friswa |
Dans un premier temps, Tim, Christian, Rémi et Friswa ainsi que les membres de Laurelie se sont observés, jaugés puis appréciés. On ressentait une admiration mutuelle. De plus en plus régulièrement, Raepsaet s'est mis à fréquenter la salle de répétition de Berchem. On sentait qu'il se rapprochait de plus en plus.
Puis le problème de Rémi est revenu sur le tapis. Ils se sont mis en quête d'un autre bassiste. Des contacts ont été pris avec John Valcke qui tournait avec le Wallace Collection. Mais pour des raisons d'agenda la chose n'a pas pu se faire. Ce qui devait arriver arriva. Laurelie s'est dissout. Pierre s'est retrouvé disponible. Les choses n'ont pas tardé. Rémi est parti et a pris sa place.

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CRÉATIVITÉ ET RECHERCHE DE LOOK
D'après des écrits inédits de Piero Kenroll - 2007
« Choc : Laurelie dissous ! Raepsaet dans Jenghiz Khan. » On le voyait venir, non ? Eh oui, Pierre a senti la différence entre les répétitions du Jenghiz et celles de Laurelie. Aussi bons soient les musiciens de ce dernier groupe, ils ne stimulent pas sa créativité. Avec Tim et Friswa il y a une émulation. Chacun essaie de faire mieux que l'autre, la virtuosité est omniprésente, ce sont des bosseurs, entièrement dévoués à leur musique et, en plus, de joyeux drilles.Alors Pierre se sent avec eux comme un poisson dans l'eau, les idées fusent, la créativité est constante. En plus, je continue à être derrière eux pour des tas de choses, musicales ou non. Ainsi je suis particulièrement soucieux de leur look. Les groupes belges sont encore à la traîne sur le plan international. Ce n'est pas une raison pour avoir l'air d'assistés sociaux sur scène. Je veille au grain aux vêtements que portent « mes » gars en public.

J'ai justement un flirt avec une collègue de « Bonne Soirée » qui s'occupe de la mode pour ce magazine : Agnès Franche. Ses conseils sont précieux. Friswa a l'air trop méchant ? Agnès suggère de désamorcer un peu ça avec un blouson très coloré illustré de dessins genre chambre d'enfant, qu'elle fait confectionner par une copine couturière. Tim n'a plus beaucoup de cheveux. On lui impose une perruque malgré ses protestations. Pour Pierre, le plus doux, le plus gentil, Agnès combine l'air gavroche d'une grande casquette d'artiste peintre avec une veste de coupe militaire. Pas de problème pour Chris, un batteur, ça doit être à l'aise, un t-shirt suffit. Souvent, avant que le groupe ne monte sur scène, nous avons un petit briefing. J'insiste sur le fait qu'il faut, d'emblée, attirer la sympathie du public, lui montrer qu'on n'est pas là pour l'écraser de technique mais pour prendre du bon temps. Il faut présenter les morceaux, les expliquer, préparer les spectateurs … et avec humour S.V.P. !
Pour ce dernier point Pierre et Friswa se sont trouvés. Ils y vont de vannes et de blagues salées en cascade. À côté du répertoire rock, le public à donc droit à un duo de fantaisistes qui s'accusent réciproquement des pires turpitudes. Les rires fusent autant que les applaudissements. Un spectateur qui n'apprécie pas cet humour se risque-t-il à protester ? Friswa (je le rappelle : un mètre quatre vingt, nonante kilos, ceinture noire de karaté, grand amateur de bagarres de rues dans les bas quartiers d'Anderlecht) lui propose : « Viens dire ça, ici ! ». Inutile d'ajouter qu'heureusement, personne ne s'y risquera jamais. J'ai ce que je veux. Sur scène Jenghiz Khan en impose autant par sa musique que par son assurance. Alors… Quoi d'étonnant à ce que Pierre voit dans le groupe la voie royale pour que « ça marche » et qu'il me laisse dormir ? |

Big Friswa, le terrible |
L'ALBUM WELL CUT
J.Jième : D'où vient le nom de Jenghiz Khan ?
Piero Kenroll : C'est moi qui ai pensé à Jenghiz Khan, car c'est un nom qui de tout temps a inspiré la peur. Avec un type du gabarit de Friswa, il n'était pas possible de faire dans la dentelle. Son look de catcheur et son comportement musclé, voire agressif sur scène devaient jouer en notre faveur.
J.Jième : Et puis, très rapidement les membres du groupe vont se lancer dans la composition d'un album. Comment les choses se sont-elles passées avec Well Cut ?
Piero Kenroll : Entre Tim et Friswa existait une émulation permanente. Chacun essayait de faire mieux que l'autre. Leur virtuosité technique était impressionnante. C'étaient de vrais bosseurs, entièrement dévoués à leur musique et, en plus, de joyeux drilles. Tous les deux étaient ravis des qualités de bassiste de Pierre.
Lui-même était très stimulé par la dynamique et la créativité ambiante. Je me rappelle un jour avoir entendu Tim et Friswa discuter entre eux et dire : c'est dommage qu'il ne sache pas chanter. (Rires ininterrompus de Piero). Pour être tout à fait objectif il faut bien admettre qu'en 1970, les voix de Tim et de Friswa. Pour atteindre leur niveau, il a énormément travaillé. Il a fait des progrès considérables.
Album Well Cut/Barclay Belgique- 1971 |
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Pour revenir à Well Cut, Eric Vion, qui venait assister régulièrement à leurs répétitions s'est très vite montré enthousiaste. Il est parvenu à décrocher un contrat d'enregistrement chez Barclay Belgique. Les enregistrements se sont déroulés dans les studios Reward à Schelle près d'Anvers, l'un des trois seuls studios de Belgique qui permettent l'utilisation de… huit pistes sonores ! Roger Wollaert du Kleptomania est venu en renfort pour certaines parties de batterie.
SORTIE DE L'ALBUM WELL CUT - FEED BACK
D'après des écrits inédits de Piero Kenroll - 2007
Ça y est ! Avril 1971. L'album du Jenghiz Khan sort ! Il s'appelle Well cut , ce qui est sensé souligner qu'il a été enregistré avec soin et c'est Jamic, le caricaturiste maison de Télé Moustique qui signe la pochette. Pour celle-ci, je râle. On nous l'avait promise double et Jamic avait réalisé un formidable dessin en fonction.
Mais sans que nous soyons prévenus, elle est devenue simple. En plus il y a une faute d'orthographe dans le nom de Friswa qui est devenu Big Frisma. Le professionnalisme n'est pas encore de mise à tous les niveaux dans les firmes de disques.
Enfin… Il y a trois compositions de Friswa et trois de Tim. Je signe toutes les paroles. Il y a aussi mon The Lighter dont j'ai aussi écrit - enfin « pensé » serait le terme plus exact – la musique.
Pierre Raepsaet, qui n'était pas encore officiellement dans le groupe lors de l'enregistrement, n'a pas eu le temps d'achever une des compositions qu'il a commencées dès que ce fut le cas. J'ai eu l'idée du dessin de la pochette, j'ai participé à la production aux côtés de Vion. |
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Christian,Pierre, Tim et Friswa (photo Paul Coerten) |
J'ai même chanté (enfin, crié est plus exact) dans les chœurs pour un morceau. C'est dire à quel point cet album me tient à cœur. Comme responsable d'une rubrique de présentation de disques, comment être impartial ? Peut-on à la fois être juge et partie ? Hélas, il n'y a malheureusement toujours pas d'autres magazines que Télé Moustique qui ont une rubrique de présentation de disques rock en Belgique.
Alors ?… J'y vais à la franchise… Sans entourloupe. Je préviens les lecteurs que je suis partie prenante dans ce coup là, et que cette fois, c'est à eux de m'écrire ce qu'ils en pensent. Ils font mieux. Début juin Well Cut est, grâce à leurs votes, en tête de notre Hit-parade des jeunes, il ira jusqu'à la troisième place dans notre Hit-Parade des disquaires où il figurera jusqu'en novembre. Pas mal pour un début non ? |
J.Jième : Comment caractériserais-tu le style musical de l'album ?
Piero Kenroll : Un peu dans la mouvance de Iron Butterfly et de Vanilla Fudge. Les morceaux sont très longs, les mélodies répétitives, envoûtantes, puissantes. Récemment, j'ai découvert sur le net un article tout à fait dithyrambique, rédigé par un critique anglais qui s'intéresse aux anciens groupes belges des années 70. Il écrivait : Well Cut, est le meilleur album qui soit jamais sorti de Belgique. A propos d'un des morceaux, dont j'ai écrit paroles et musique, il dit textuellement : c'est un mouth droper. Traduction : quelque chose qui fait pendre la mâchoire.
Les titres de l'album Well Cut : Rain - Campus A, Campus B - Hard Working Man - The Moderate - Mad Lover - Trip To Paradise - The Lighter.

LE POINT DE VUE FRANÇAIS SUR WELL CUT
par Jean-Noël Coghe (paru dans Pop Music)
Les Partisans
Jenghiz Khan sort son premier disque. Pas un simple. Non, un album. Well Cut. Quelle claque ! En quelques semaines, Well Cut est dans les cinq meilleures ventes du pays. (Le disque vient de sortir en France). Cela faisait une éternité qu'un groupe belge ne s'y était classé. Du même coup, la Belgique se retrouve à fêter un groupe, capable de faire bonne figure sur le marché international. Jenghiz Khan, c'est quatre musi ciens. Le soliste, Big Friswa, est de poids. Au propre comme au figuré. Bon nombre de Parisiens le connaissent. A l'époque glorieuse du Club des Rockers, il a fait vibrer les voûtes de la Locomotive avec son groupe Les Partisans.
Musique hard, pratiquée dans une couleur originale, c'est ce qui se degage de Well Cut. Etonnante maturité, formidable cohésion — cela se démontre aussi sur scène — due a leur entente parfaite — pour déconner, ils ne craignent personne.
Avec Jenghiz Khan, on nage dans la mélodie et les choeurs. Puis l'orgue s'emballe, entraînant dans sa ronde infernale tous les instruments, avant de se confondre au fracassant solo de la guitare... Belle, tendre, violente, agressive, envoûtante, pleine de contrastes, telle est la musique de Jenghiz Khan...
Cela fait bien sept ans qu'on l'attend. Il est le produit d'une lutte acharnée menée par Piero, chantre de la musique pop en Belgique, face a un cartel dressé contre le phénomène pop.
Piero a su implanter dans la presse et à la radio un certain esprit pop, toujours jugé agressif, mais foncièrement honnête et sincère... En rédigeant l'acte de naissance de Jenghiz Khan et en signant les paroles de la totalité des titres, il a remporté une nouvelle victoire...
JENGHIZ KHAN SUR SCÈNE
J.Jième : Dans ses Mémoires de rocker , Piero nous fait le compte rendu de la prestation du Jenghiz Khan lors du Festival annuel de la Guitare d'Or à Ciney.
Dix ans ! En 1971, c'est un exploit pour un festival. Et c'est celui du Festival de la Guitare d'Or de Ciney, que j'ai déjà souvent évoqué . Pour son dixième anniversaire, en ce début de juillet, en plus de l'habituel concours de groupes amateurs, de plus en plus critiqué, on ne peut pas dire que la tête d'affiche soit à la hauteur : les Tremeloes. Plus pop que rock, puisqu'on commence à faire la distinction, et pas mauvais, certes, mais pas de quoi exciter les mouches ! Pour compléter sa programmation, Jean Martin n'a pas cherché loin : quasiment toutes les pointures actuelles du rock made in Belgium sont là : Kleptomania, Lagger Blues Machine, Arkham, Pebbles, et Jenghiz Khan. Ce n'est plus un anniversaire, c'est la fête nationale ! Jean-Luc assure le reportage. Je suis déjà en vacances mais pas encore parti dans le Midi.

A défaut de photo de leur prestation à Ciney, les voici au Free Show au
Wolu Shopping Center à Bruxelles (photos Paul Coerten -1971)

Donc je suis présent, because mes potes du Jenghiz. J'ai droit à un avant goût de la Provence: c'est la canicule. Elle est telle que les organisateurs appellent les pompiers pour arroser et rafraîchir le chapiteau. Ça fait du bien. Mais la chaleur joue sur les réactions du public. La plupart des spectateurs sont gagnés par une douce torpeur et les complexités instrumentales du Lagger et d'Arkham ne sont pas faites pour tenir éveillés les non-initiés. Coup de chance ? Parce que ces deux groupes qui le précèdent sont plutôt hermétiques … Parce que la soirée, légèrement moins chaude, commence au moment où le groupe monte sur scène …
Le Jenghiz Khan va avoir sur le public cinacien l'effet d'une horde de guerriers mongols. Tim, Pierre, Friswa et Chris ont manifestement été marqués par la prestation du Golden Earring quelques jours plus tôt. Ils en veulent. Ils sont en pleine forme. Négligeant volontairement les morceaux calmes de leur répertoire, ils se déchaînent comme ils l'on rarement fait. Passé un moment de stupeur, durant lequel certains doivent se demander si ces types sur scène sont dangereux et s'ils vont venir les attaquer personnellement, les spectateurs sont électrifiés. C'est le réveil. C'est l'allégresse. C'est l'émeute !
Des tables sont renversées, des chaises piétinées, le service d'ordre se met à danser le twist, les mères de famille venues en curieuses mettent leurs moutards à l'abri, la pression monte dangereusement dans les pompes à bière, les pompiers sont en état d'alerte, les édiles communaux prêts à déclencher le plan catastrophe, un vieillard paralysé des jambes se dresse sur sa chaise roulante en criant « Miracle ! Je marche ! »… C'est du délire, je vous dis. Chaque fin de morceau est saluée par des hurlements de plaisir. Dans les coulisses je ne me tiens plus. Je fais de bonds de joie. Je suis, en esprit, à côté de « mes gars » comme l'entraîneur sur le terrain aux côtés de son équipe.
Friswa aussi commence à sauter en l'air… Et il n'est pas léger. Ça fait « boum » quand il atterrit. Mais ce n'est pas fini : pour les rappels, le Jenghiz passe le turbo : une série de classiques du rock achève de mettre le public à genoux. Victoire totale ! Triomphe. Un moment précieux qui est la meilleure des récompenses pour tout ce que j'ai investi dans le groupe. On se tombe dans les bras à la descente de scène. Nous n'oublierons jamais Ciney. Après ça, les Tremeloes ? Eh bien…Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en effet, ils avaient l'air très molo.
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